Objectivité

Névrose réccurente de ce blog : l’absence toujours notable de bon site de review de films dans notre magnifique pays amateur de toiles éclairées.

C’est l’objectivité qui vous tue, je crois, vous autre rédacteurs de critiques de cinéma, et votre culture cinématographique qui étouffent vos tentatives désespérément ennuyeuses (j’ai failli me pendre d’ennui un peu plus tôt dans la soirée à la lecture d’une telle prose – ok, j’exagère un peu, Rob, on reste amis ?) de me donner envie de revenir vous lire. L’envie de voir le film, elle, est largement secondaire puisque je ne lis jamais aucune review avant de me rendre en salle.

La semaine dernière, en sortant d’un film d’animation avec un petit chat curieux (et surtout très gay), Klaims me rappelait l’existence de Peter Fondu, feu chroniqueur filmique de Ouï FM. C’est un excellent exemple parce qu’en plus de faire ses chroniques très souvent à la première personne, même quand ça n’était pas le cas, il faisait complètement transparaître sa subjectivité et son ressenti du film. Je crois que pendant toutes les années où je l’ai écouté chaque jour, je n’ai pas été une seule fois d’accord avec ce qu’il disait. Mais j’avais appris à connaître le personnage, à comprendre ce qu’il aimait ou pas, et, à partir d’un point de vue (le sien) à en construire un autre (le mien).

Faire une critique de ciné (ou de n’importe quoi en fait) objective, c’est finalement prémâcher le boulot au lecteur en contrant les propres travers que l’on connaît de soi. Mais c’est surtout cacher l’être humain qui a vu le film derrière une batterie de culture et un texte froid. Et je suis intimement persuadé que ça ne sert pas à grand-chose. Quand je demande à mes amis ce qu’ils ont pensé du film, je veux leur avis d’être humain, pas l’inepte description que l’on trouve sur allocine (et parodiée sur cinephl)(disclosure : c’est 50% de moi) qui, pour le coup, est objective… J’attends la même chose de mes reviewers favoris (ils n’existent pas). Même, je pense que c’est un peu malhonnête parce que c’est se cacher soi-même loin derrière le texte, fuir la critique personnelle : comment ne pas être totalement d’accord avec des faits ? On notera la tentative interessante des micro-critiques de Vodkaster (disclosure : je bosse pour eux), mais un assemblages de tweets, ça n’est pas une review hein.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que le très (ahem) scientifique classement wikio place le blog ci-dessus mentionné pour sa propension à provoquer l’ennui, en première position des blogs cinéma. Ça veut dire que ça plaît (ou alors c’est uniquement linké en mal ? je sais pas trop comment ça marche Wikio). Ça veut dire qu’une fois de plus, mon avis est largement minoritaire sur ce sujet également.

Je suis un incompris. Vraiment.

(la réponse de Rob/@toujoursraison mérite d’être lue ci-dessous dans les commentaires)

La vraie

La vraie question que tout le monde se pose c’est… Non en fait, personne ne se pose vraiment de question, tout ce qu’on attend avec impatience c’est de savoir si on a gagné à l’Euromillions et si on va être obligé de se lever lundi matin pour aller bosser.

C’est vrai quoi, c’est tout ce qui compte, pouvoir se lever un petit peu plus tard que d’habitude, attendre que la fille de vos rêves (mais néanmoins hautement vénale) vous passe un coup de fil « Ah ouais, ça te dirait qu’on aille boire un verre et qu’on se marie ? » et ensuite partir faire du shopping, d’abord d’un jet privé, puis ensuite l’utiliser pour aller acheter des trucs futiles à New York et à Tokyo dans la même journée.

Prendre l’avion en permanence, comme George Clooney dans Up In The Air mais en couple.

D’ailleurs, il y a fort à parier que vous n’avez pas aimé Up In The Air, étouffé par le cynisme du personnage principal (dont je ne me rappelle plus le nom mais ça n’a pas grande importance, il est George Clooney). Je crois qu’on ne peut apprécier ce film que si l’on aime prendre l’avion, passer du temps dans les terminaux aéroportuaires et que l’on aime faire tout un tas de choses seuls. Comme aller au cinéma un samedi soir alors qu’autour de vous l’entièreté de la population frangée de la capitale est en chemin vers un bar branché et, plus tard, de retour des dits bars, complètement émêchée.
On m’a dit aussi que c’était un film réac alors que justement, je l’ai trouvé étonament libéral (ou alors liberal is the new reac ?). Évidemment que les personnages autour de Clooney sont de sales moralisateurs, mais vous êtes pour la plupart exactement comme eux, si l’un de vos amis (au hasard, moi) décidait de se comporter comme si rien dans la vie ne lui importait, vous seriez les premiers à lui dire qu’il se comporte comme un sale adolescent en pleine crise et à ajouter qu’il serait peut-être un peu plus adulte de se comporter de manière raisonable où l’on ne blesse pas les gens. Enfin, ça ce serait si vous étiez une fille. Un peu comme l’acolyte de Clooney, celle qui joue une fille de 16 ans un peu niaise dans Twilight. Pas la copine de Clooney, elle c’est celle qui vous fait croire qu’elle veut se marier avec vous, qu’elle vous comprend et à la fin elle vous backstab (mais en vrai, vous en êtes toujours amoureux, quoi que vous puissiez dire à tout le monde, “fake it ’til you make it” comme dirait Charlotte (les gens retrouvent leurs pseudos dans ce post)).
À la fin, le message qui m’est pavenu, à moi, c’est que s’il n’y a finalement qu’une seule personne qui puisse faire les bons choix pour soi, c’est bien soi-même. Que les conseils c’est cool, on peut les écouter, mais que chacun fait son choix et qu’il n’y a pas de jugement de valeur, que ce soit d’être seul dans les airs, être carriériste assumée, marié dans la routine, ou marié dans le mensonge. Et d’assumer les choix qu’on fait. Les malheurs n’arrivent que lorsqu’on cesse de les assumer, lorsqu’on croit que le couple est l’avenir, , qu’il est bon d’abandonner une opportunité professionelle pour un garçon ou que la routine est soudain une mauvaise chose.

Dans tous les cas Up In The Air vient s’ajouter à cette liste de films que je suis plus ou moins le seul à aimer (parfois Peach partage mes goûts, mais sur celui-là c’est un échec, je suis seul contre tous) au rang desquels on trouve entre autres Clones, 2012 et Mr Nobody (n’allez pas le voir si vous n’aimez pas K. Dick, vous allez détester).

En attendant, je vais continuer ma relation n’importe-quoi avec cette jeune fille dont je vais taire le nom, continuer d’accepter toutes les demandes en mariage que je recevrais sur mon twitter et mon formspring et surtout, je vais aller voir Brothers pour passer le temps d’ici l’annonce des résultats de l’Euromillions.

je ne suis pas je

[Et voilà la version lisible]

Je m’étais dis que pour t’oublier, j’allais faire n’importe quoi.
Je spoile tout de suite la fin, ça a pas marché pour le moment. Mais il reste encore une journée de 2009 alors on ne sait jamais hein, des fois que.

Je suis dans l’angle avant gauche du chalet, en surplomb au dessus d’un bosquet de sapins, vue à cent quatre-vingt degrés sur la vallée de Megève, j’écoute Just Dance de Lady Gaga en boucle depuis bientôt près d’une heure. Il pleut des cordes, je suis allé rendre mes skis et je n’ai aucun espoir d’en refaire avant mon départ, à moins qu’il ne cesse de pleuvoir immédiatement et que 30cm de neige ne s’abattent en moins de 24h sur la station… Attendons un peu… Non, il pleut toujours, dommage.

Je me suis installé là dans l’espoir d’avancer un peu rrrread.com, mon nouveau projet qui ne verra jamais le jour (mais que j’ai promis de dévoiler le 5 janvier), un projet web 0.5 dans la veine de rendre l’internet au texte (trop de vidéos, trop de musique, trop d’images) parce que plus personne ne lit et ma thèse c’est que la faute tiens dans un mauvais affichage et une surabondance de distractions (menus, pubs, gtalk etc…) qui empêchent de lire au delà de quelques paragraphes (et “quelques”, c’est bien souvent “un”). Et quand les gens se remettront à lire, alors ils se remettront également à écrire et ce sera le moment de sortir wordroom.net, un clone en ligne de WriteRoom et son frère PyRoom, probablement basé sur Wordpress. Mais pour l’instant c’est juste une zone de texte avec un compteur de mots et de caractères, je ne peux même pas enregistrer. Mais je tape mes textes à l’intérieur anyway.

Il s’est remis à neiger, de la grosse neige mouillée. L’espoir renaît en moi.

Pendant ces dix derniers jours de 2009, j’avais donc décidé de faire n’importe quoi. Être Chuck Bass ou Don Draper est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît à première vue en fait, je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé avant. Depuis le temps que ma tagline Twitter est “Don Draper is my hero” et que ma passphrase est “My loyalties are flexible”, j’aurai dû mettre en application. Notons au passage que Barney Stinson a tort, le costume ça ne sert à rien, un jean Gap, un pull Armor Lux, des Converse vertes et une casquette Gap (red) suffisent largement à accomplir tous les méfaits.
Il suffit essentiellement de n’avoir plus rien à foutre de rien. Littéralement. Ne pas s’occuper d’être mal rasé ou d’avoir mauvaise haleine. Passer des coups de téléphone en plein milieu d’une conversation. Ne tenir aucune porte ni offrir aucune place de cinéma. Ne prêter aucune attention à l’addition des daïquiris à 17€ du “”S”" (offrir l’alcool, toujours), pas plus qu’aux états d’âme de la cible de la soirée. Oublier l’idée même de fatigue, de ridicule, de politesse, de lendemain.

Pendant les dix derniers jours de deux mille neuf, j’ai (à divers stades) conclu avec plus de jeunes filles que pendant les trois cent cinque-cinq jours précédents, sans essuyer aucun refus.

La vérité c’est que je n’en tire absolument aucune satisfaction, aucune joie. Du plaisir un peu, de la joie non, aucunement. Ce n’est pas interessant, c’est mécanique. C’est un peu comme quand on me dit “Tu as fait du bon boulot Julien” à la fin d’un projet, si on me disait rien je serais tout aussi heureux, je sais que c’est la plupart du temps un remerciement mécanique (après tout je suis payé pour ça, hein) et je suis toujours surpris de voir l’ultime satisfaction sur le visage de celle à qui je fais ce genre de compliments mécaniques. De la surprise mêlée d’un peu de pitié.
La vérité, c’est que j’ai préféré l’échec relatif (enfin, pas si relatif, relativement complet même) des deux ou trois mois qui ont précédé. Je me préférais quand j’étais amoureux de toi et que le masque de méchanceté n’était qu’un masque pour te séduire, pas un état d’esprit définitif ancré à l’intérieur de moi.
Cette vérité a sombré sur moi hier soir quand j’ai prononcé ton prénom au lieu d’un autre. Personne ne s’en est rendu compte je crois, mais ça m’a arrêté, je suis rentré me coucher, c’était plus honnête.

Oh, il me reste encore l’honnêteté à l’intérieur de moi. Je ne suis pas perdu. Et peut-être qu’en deux mille dix, je retomberai amoureux de toi. Mais ce serait n’importe quoi, et “n’importe quoi”, ce sera “so 2009″..

Voyage en commun

Il n’y a rien de plus ennuyeux que le quai de la gare de Garches un vendredi soir entre 21h58 et 22h36. Il n’est que 22h24, alors j’en sais rien en fait, il va peut-être se produire quelquechose d’insolite pendant les 12 prochaines minutes. Mais j’en doute un peu.
Au bataillon nous avons un sourd-muet en train de réviser son manuel de langage des signes. Il est asiatique, il porte un manteau Tacchini blanc et fait avec sa gorge ce bruit que les sourds font parfois. Il y a assise à côté de lui une blonde péroxydée, 30 ans tout juste, portant une casquette vert khaki et l’uniforme de la femme moderne : manteau long, mini-short, collants et bottes hautes. Il y a un couple de jeunes actifs garchois. Une brune dans le même uniforme, le garçon porte des lunettes carrées, ils se plaignent du froid, cet après-midi ils ont vu le lipdub de l’UMP et ont dû ce féliciter que ces cons d’internautes de gauche participent au buzz de leur partie (dix contre un qu’ils ont prononcés “buzz”). Deux infirmières qui se racontent leur journée à l’hôpital, elles sont petites, pas plus d’un mètre cinquante, la quarantaine bien passée, et cette coiffure immonde (court avec du volume) que les femmes sans goût arborent de part le monde (partout, même au Japon, c’est impressionant comme ce modèle est répandu).
Il n’y a aucune conversation à écouter.

Je suis monté dans le train. J’ai repéré un mec au téléphone, aucune jolie fille, je m’assois en face de lui, je tends l’oreille, déception, il parle arabe. De l’autre côté de l’allée centrale une fille en survêt, elle est relookable, dès quelle aura quitté le ghetto de St Nom La Bretèche elle pourra devenir jolie. En face d’elle, un mec à mèche monté à St Cloud. Il a la pochette de son Macbook sur les genoux, il fait défiler les pages d’application sur son iPhone.

La Défense. Il est 22h48, c’est l’heure à laquelle j’avais prévu de débarquer chez Sally, ma troisième invitation de la soirée. Un jour Olivier m’a dit que j’étais tout à fait le genre à accepter trois invitations au même moment, il avait une fois de plus raison. Je lui ai envoyé un sms dans ces termes un peu plus tôt dans la soirée, mais j’ai raté l’appel réponse qui a suivi (le Philosophe semble abhorrer les sms, il dit que c’est parce qu’il ne peut pas entendre mes réactions en direct : foutaises, il sait très bien que je ris 83% du temps). Ce sera probablement minuit, je vais débarquer semi-sobre (deux coupes de champagne et deux verres de vin blanc ça n’a jamais émêché personne, surtout en mangeant !) au milieu de gens bourrés. J’aurais dû refuser, mais j’aurais regretté, je préfère accomplir l’échec qu’avoir des remords sur une potentialité de succès. Plus tôt dans la journée, ce matin dans le métro en fait, je me suis fait agresser par une quatrième de couverture d’un bouquin d’Amélie Nothomb qui déclarait qu’en amour il n’y a pas d’échec. Elle est peut-être folle mais sur ce coup là, je lui donne raison. Je partirais bien sur des considérations pompeuses sur ma sur-valuation des ressentis (je préfère être triste qu’amorphement indifférent) mais on va me dire que c’est chiant et que Julien j’ai pas trop trop compris ta note, ça parle de moi ?

Un mec vient de me demander sur le  quai de la 3 si je savais “configurer” les mails sur l’iPhone. J’ai dit que non, j’y comprenais rien, c’est un ami à moi qui m’avait tout fait. Il a eu l’air un peu déçu, m’a remercié, s’est éloigné.

Class & Control

(contient de vrais morceaux de spoilers d’un film que vous n’irez probablement jamais voir)

Il se promène dans des costumes taillés sur mesure, toujours nonchalament, mais toujours comme si il savait exactement où il allait. Quand il a terminé, il s’assoit à la terrasse d’un café, commande deux expressos dans des tasses séparées, puis il attend. Il observe les passants à la recherche d’un signe. Quand vient ce signe, assorti d’un contact de chair et d’os,  il l’accueille à sa table — “accueillir” n’est pas le mot, “tolérer” est plus adéquat — supporte en silence une récitation apprise par cœur puis vient l’échange de boîtes d’allumettes, le départ du contact. La nouvelle boîte contient un papier couvert de chiffres cabalistiques qu’il déchiffre en silence, mémorise puis avale, l’ingestion facilité par quelques gorgées de café, celui de droite. Les contacts sont toujours un peu gauches, ils ont l’air perdu, en retard ou un peu vulgaires. Puis vient la nuit. Il rentre dans l’appartement qu’on lui a assigné, retire sa veste qu’il plie soigneusement sur le dos d’un fauteuil, s’allonge tout habillé les mains derrière la nuque et attend le petit matin, les yeux grands ouverts, concentré sur quelquechose que l’on ignore. Un fois le soleil levé, il entame une séance de taï-chi et la journée peut recommencer.

C’est l’homme solitaire du film de Jim Jarmush.

Je me rapelle avoir écrit un jour ici un article sur les gens “classes” (je ne le retrouve plus, pourtant je l’ai relu y a peu de temps). J’avais émis l’hypothèse de l’impossibilité de vivre la vie de ces gens là sans briser le mystère qui les entoure. Ils n’étaient classe selon moi que parce qu’ils n’offraient à notre regard extérieur que la crême de leur comportement, que nécessairement, le reste du temps, ils ne pouvaient qu’être fort semblables à nous (ils sont humains après tout).
Ce film me donne une réponse que je n’avais pas envisagée : il est possible de vivre cette vie — on nous en donne d’ailleurs tous les détails — mais seulement à travers une vie relativement ennuyeuse et monotone, en restant totalement indifférent à l’environnement extérieur. Rester insensible aux charmes des jolies brunettes pleines de cheveux, ne pas boire, ne pas céder à la facilité et à la frénésie des téléphones portables. Il y a la musique classique un peu, et le flamenco aussi, la peinture également, des arts dont on jouit au mieux dans le silence.

Et après un mois, une fois la mission accomplie, notre homme le plus classe du monde quitte son identité. Qui ne pouvait être que temporaire, impossible de vivre comme ça une vie entière. Il laisse ses costumes dans un casier dont il perd la clé, enfile un jogging et retourne dans le monde.

An offer you cannot refuse

L’autre jour, j’étais invité à la crémaillère de Juliette, une demi-demi-douzaine de mois après son emménagement avec son compagnon d’infortune dans la vie. La soirée s’est éternisée, elle était littéralement infinie, sans fin, et alors que le soleil faisait mine à l’horizon de faire lui-même mine de se lever, on a terminé les deux heures précédentes de blind-test musical par une tournée des six convives restants sur le thème : ta chanson préférée de tous les temps. J’ai choisi dans ma tête “You can’t always get what you want” des Stones. J’ai un peu hésité avant avec “Sympathy for the devil” parce que je l’aime bien aussi, mais la première résonne beaucoup plus souvent dans mon esprit. Puis à peine le macbook pro de Martin avait-il quitté les mains de John (oui, je vais à des soirées où y a des John) que la règle a changé et s’est transformée en “ta chanson française préférée de tous les temps”. J’était bien embêté parce que je ne suis pas très bon en chanson française d’une part et aussi parce que j’aime autant Brassens que Michael Jackson. C’est à dire pas trop trop. Alors j’ai passé La Fidélité de Miossec parce que j’aime énormément cette chanson. Que tu peux écouter pendant que tu lis la suite si tu veux. Et personne ne m’a jeté de cailloux (ouf).

On m’a refilé un questionnaire (Imtherookie pour être précis) et je me sens un peu dans la même position que l’autre jour. Il a cité Godard et Woody Allen. Je peux dire quoi maintenant ? Alors je vais faire pareil que l’autre, je vais assumer mon moi et répondre aux questions sans penser à la pression :

Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?
Mes parents ne m’ont jamais interdit de regarder quoi que ce soit. Non recomandé parfois, et j’ai souvenir que, le dimanche soir, lorsque le Télérama recommandait une interdiction aux moins de 12 ans, ma mère demandait toujours “c’est parce que c’est violent ou c’est parce que y a du cul ?”. Si c’était à cause du cul, ça passait, on regardait ça en famille.
Quand c’était de la violence, ma mère me cachait les yeux au moment des scènes fatidiques. Mon plus clair souvenir, c’est pendant les Dents de la Mer. Une scène où quelqu’un se fait dévorer. Je n’ai revu ce film que 10 ans plus tard sans censure.

Une scène fétiche ou qui vous hante ?
Il y a la fusillade dans Heat. Il y a le générique de Manhattan. Il y a Travis Bickle devant son miroir. Ou encore l’ouverture de Sin City avec Josh Hartnett assassin gentleman. Et je vais fixer mon choix sur Michael Mann finalement pas sur Heat, mais sur la fusillade dans la boîte de nuit asiatique dans Collateral.

Vous dirigez un remake : lequel ?
Récemment, je ferais un remake de I am Legend. Mais en me basant sur le livre de Matheson, chef d’œuvre absolu de la science-fiction et du fantastique vampiresque (quelqu’un qui me dit qu’il est fan de trucs avec des vampires et qui n’a pas lu ça n’a que mon mépris (au moins)) plutôt que sur un un grand n’importe quoi basé sur la capacité de Will Smith à courir vite dans un New York en CGI.

Le film que vous avez le plus vu ?
Mullholland Drive, que je n’ai même pas vu au cinéma, mais une dizaine de fois en DVD, le premier DVD acheté pour notre platine, en combopack avec Les Autres de Amenébar. Le film que j’ai le plus vu mais presque jamais la fin : Jurassic Park : tous les ans pendant 6 ans à l’anniversaire de Daphné, l’après-midi se terminait par la cassette de ce film. Et chaque fois mes parents arrivaient à l’heure, donc pendant des années, j’ai vu et revu le début sans jamais voir la fin de ce film.

Qui ou qu’est-ce qui vous fait rire ?
Je ris 83% du temps. Pour tout et rien. Ça vaut aussi pour le temps passé en salle. Les 17% restant sont composés de Eric et Ramzy, d’humour physique et de fosse septique.

Votre vie devient un biopic…
Un film un peu chiant, une collaboration entre Woody Allen et Sofia Copola. Avec Josh Hartnett dans mon rôle. Et Claire Danes, Rachel Bilson, Kristen Bell, Ellen Page et Natalie Portman dans les rôles de mes (non-)conquêtes amoureuses ratées. Et à la fin je gagne la Médaille Fields.

Le cinéaste absolu ?
David Lynch. Je crois que Lynch est absolu parce qu’il fait du cinéma pour le film. La cohérence du récit est pas exactement sa préoccupation première, mais il le filme et ça marche.

Le film que vous êtes le seul à connaître ?
Brick un film de Rian Johnson avec Joseph-Gordon Lewitt, un parfait héritage des films noirs des années 50, une histoire à tiroir un peu compliquée, un héro qui pourrait porter un chapeau et une femme fatale (Nora Zehetner). Le tout dans l’univers d’une high-school américaine de l’Amérique du milieu de nulle part.

Une citation de dialogue que vous connaissez par cœur ?
« I love you, Pumpkin. » « I love you, Honey Bunny. » / « Everybody be cool this is a robbery ! » « Any of you fuckin’ pricks move and I’ll execute every motherfucking last one of you ! » Pulp Fiction, la scène d’ouverture, juste avant le générique.

L’acteur que vous auriez aimé être ?
Cary Grant. Ou Dean Martin. Ou Sean Connery.

Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C’était comment ?
J’aurais reçu ce questionnaire 12 heures plus tôt, j’aurais été obligé de répondre Twilight, avec une copine et 400 hystériques. Heureusement depuis mon œil a été lavé par In The Loop. Que j’ai vu seul. Et j’ai beaucoup ri.

Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?
Hypérion de Dan Simmons. À première vue, ça ressemblerait à une superproduction tout ce qu’il y a de plus classique dans la lignée de Star Wars et ses fils. Mais il faudrait au moins douze épisodes avec chacun son ambiance pour retranscrire l’entrelac de toutes les histoires. Et je pense qu’à l’écran ça perdrait toute sa portée parodique (mais pas drôle. Il y a un mot pour ça ?).

Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?
Quand les acteurs ont l’air de s’être amusés à faire le film mais que moi je suis en train de dormir. Quand il y a un message de solidarité envers les enfants noirs malades qui meurent de faim (mais par exemple j’adore The Constant Gardener). Globalement, je ne supporte pas quand je m’ennuie (par contre, je n’ai rien contre les films où je m’endors notament ceux de Lynch, ou par exemple Fay Grimm de Hal Hartley).

Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?
« Rosebud »

I like the smell of œstrogens in the evening

kristen-stewart1Évidemment que c’est complètement gratuit…

BBBBB

J’étais motivé pour terminer la saison vingt-sept. Au lieu de ça, on m’a dit “tu étais accaparé”. Alors ce que je pensais être la fin de la saison vingt-sept n’est que le commencement de la saison vingt-huit, un cliffhanger insoutenable sans réponse (parce qu’en dépit du texto que je viens d’envoyer et qui n’aura pas de réponse, bah, voilà, il n’aura pas de réponse).

Je dis ving-sept et vingt-huit, mais personne ne sait réellement à quelle saison on en est : je pourrais certes me concentrer, mais c’est au-delà de mes capacités actuelles au moment où je vous parle, je ne peux penser qu’à une et une seule chose, et mes compétences techniques sont pleinement exploitées par ma frappe au clavier.

Je crois qu’il vaut mieux arrêter ce post ici. Avant de parler du fait que désormais Nora sait qui je suis physiquement (et je dois un restau à Graphiste du coup), et Hyperlaxe aussi. Fait que toi, lecteur, tu ne sauras pas estimer à la juste valeur de mon esprit absolument embrhumé.

Si tu lis ce billet, estime toi privilégié, I may delete it tomorrow morning.

Alcoolisme

Je suis partagé.

Je suis partagé parce que je suis sobre. Et fatigué. J’ai besoin de choses simples. De chocolat chaud et de tartines de pain grillées, beurrées recouvertes de confiture de fraise. Et d’aller pleurer mon incertitude sous mon oreiller recouvert d’une taie Descamps, ou Dior (je ne sais plus).

D’aussi loin que je me souvienne, à chaque fois que l’on a fait appel à mon don d’accoupleur (dans son sens étymologique de “faiseur de couple”), j’ai toujours été confronté à la responsabilité de briser le couple pré-éxistant de l’une ou l’autre des parties, parfois même les deux. Marier des célibataires entre eux n’a jamais le moindre intérêt, et d’ailleurs, les célibataires entre eux n’ont pas besoin de moi pour se mettre ensemble, ils font toujours ça très bien tous seuls.

Dans Pattern Recognition, l’héroïne Cayce Pollard est “chasseuse de cool” (“cool hunter” en version originale). Elle a un sens inexpliqué pour détecter les logos et autres artifices marketing qui marcheront. Elle ne l’explique pas, elle dit simplement “oui” ou “non” et c’est sans appel. Elle sait que c’est “non” lorsqu’elle est prise de vomissements ou d’une terrible migraine spontanément déclenchée par la vue de la créa. Si elle vous dit « mes yeux saignent », il y a de fortes chance pour que ce soit effectivement le cas.

Olivier et Juliette (dans ce contexte je suis obligé d’abandonner son habituel prénom de substitution dans ces pages, ça pourrait porter à confusion) me disent souvent que je crois vivre dans une série américaine, à force d’en regarder tout le temps.

D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais hésité face à cette responsabilité et personne n’est venu se plaindre.
Si à un quelconque moment, mon sixième sens n’avait pas détecté une issue positive, je n’aurais même pas commencé.
Suivre, reconnaître et encourager les schémas auxquels les gens s’identifient, c’est sans aucun risque si on les a intimement intégrés.

En fait, je ne suis pas partagé.
J’aimerais que tu ne le sois plus non plus.

Boulevard Richard Lenoir

L’indépendance, c’est pas d’avoir ton appartement à toi.
Rien à voir.
L’indépendance, c’est lorsque personne ne te demande de compte et que tu n’en demandes à personne. L’indépendance c’est l’expression sociale de mon idée du libéralisme : je fais exactement ce que je veux avec qui je veux quand je le veux et je sais que personne ne me dira demain “alors tu es sortie avec une fille l’autre soir ? c’était bien ?”. Sauf si je l’ai broadcasté sur Twitter, auquel cas, c’est tout à fait logique que l’on m’interroge, à supposer que des gens s’intéressent à ma vie.

Depuis deux mois environ que j’ai signé mon bail, dix-sept jours que j’ai mes clés et une semaine que je dors dans mon lit d’un mètre soixante de large (c’est trop)(mais pas assez pour que je m’allonge dans la largeur, il y a quinze centimètres surnuméraires), les gens semblent être absolument exhaltés (au moins) à ma place à l’idée que j’acquiers enfin mon “indépendance”.

Que dalle.
Lorsque vous habitez à trente-cinq minutes en voiture de chez vos parents, à dix en Vélib’ de chez votre sœur (où vos parents vont livrer des packs de Perrier à une fréquence hebdomadaire) et à vingt-et-une minutes en voiture de chez votre grand-mère infusée sciemment de conseils de décoration d’intérieur, vous n’êtes pas vraiment indépendant. Pas quand c’est votre mère qui appelle votre plombier ou votre propriétaire (vous n’avez rien demandé hein, sinon c’est de la triche).

J’ai une bouteille de vin vide dans ma cuisine là par exemple. L’indépendance, c’est quand vous choisissez l’heure à laquelle vous la descendez à la poubelle destinée au verre. Pas quand vous mettez votre réveil suffisament tôt pour que la bouteille ait dégagée les lieux avant que l’oeil alerte de votre mère ne se pose dessus le lendemain.

L’indépendance, c’est quand vous pouvez faire des choix, y compris celui d’assumer les mauvais. De manger un McDo un samedi soir alors que c’est gras et notablement mauvais diététiquement parlant. De placer votre bureau trop près de votre lit pour qu’on puisse circuler librement autour de ce dernier. Et d’assumer ce choix seul, sans parachute, parce que ce sont des choix qui n’engagent à rien finalement.

Habiter dans cet appartement, ce n’est pas acquérir mon indépendance pour moi. Mon indépendance je l’aurais si je vis à au moins une heure d’avion de toute personne avec laquelle j’ai un lien de sang direct, il n’y a que la distance qui peut stopper le jugement de ma famille sur moi. C’est pour ça que je suis fasciné par New York. C’est parce que j’y étais pleinement et entièrement indépendant de ma famille : je ne rendais de compte à personne et il me suffisait de couper msn pour couper court à tout propos émettant un jugement sur ma manière de vivre.

Habiter dans cet appartement, pragmatiquement, c’est dépenser un millier d’euros tous les mois pour avoir la tranquilité d’esprit d’avoir un grand lit à moi où m’endormir lorsque je sors tard le soir. Ce n’est pas l’indépendance vis-à-vis de ma famille que j’ai acquis dans ce déménagement, c’est une indépendance vis-à-vis de la SNCF.
Vous comprenez maintenant, pourquoi, sous cette perspective, je ne saute pas de joie ?

10 signes que l’appli web que vous développez est merdique

  1. Aucun formulaire n’a moins de quatorze champs. Tous obligatoires. Avec des validateurs.
  2. Vous vous êtes posé la question “est-ce que les données que je passe en GET dépassent la limite de 255 caractères ?”.
  3. Tous les champs de tous les tableaux sont filtrables.
  4. Les fichiers de log sont plus faciles à lire que les jolis graphiques de l’onglet “statistique”.
  5. Vous avez des noms de variable dans plus de 1 langue. Qui n’est pas l’anglais.
  6. Les règles de gestion seraient plus faciles à comprendre si elles étaient codées avec des “goto”. En assembleur.
  7. Toutes les relations entre les diverses entités de l’appli sont many-to-many.
  8. Vous avez plus de 3 niveaux de menus. Qui occupent deux tiers de l’espace de l’écran.
  9. L’appli nécessite le stockage d’un tableau à 7 dimensions. Sparse. Dont vous stockez les 0.
  10. Votre appli a un splash screen/page d’accueil. Sur lequel est indiqué “Bonjour votre nom“. Suivi de la date et de l’heure.

Melrose Place Season 1 Episode 1

Je pourrais live-twitter ce visionnage de Melrose Place ‘09 directement sur Twitter, mais je suis pas certain que ma timeline apprécie. Alors je vais le live-blogger (sauf que ce sera pas live, je publierai qu’à la fin). En plus, avec mon billet à 2g d’alcool de cette nuit j’ai explosé tous les compteurs de visite, faut que je vous capte (ou que je vous fasse fuir, j’hésite). Aller, play. (spoilers obviously after the break)
Read more…

Blogueur Influent

Ce soir alors que j’avais environ une bouteille de vin blanc entière dans l’organisme et que la jeune fille au volant également (ou un tout petit peu moins, mais à peine) bien que tout à fait à même de conduire sa Twingo jusqu’aux alentours de mon domicile (on n’a grillé que 5 feux rouges, et encore, ils étaient encore au orange au moment où elle appuyait sur l’accélérateur), il m’est apparu que je ne pourrais jamais devenir un blogueur influent dans l’état actuel des choses. Ni écrivain. Ça viendra peut-être un jour. Mais pour le moment ce n’est pas le cas.

Une des fiertés récente de mon expérience twiteresque est d’avoir été followé par Nora. Être followé par Nora (qui ne suit même pas 60 personnes mais qui est suivie par plus de 1000) est quelquechose, selon moi, de relativement marquant. Déjà, j’avais été hautement touché qu’Artypop, rédacteur sur BienBienBien m’ajoute à sa blogroll (on dit encore blogroll ?). Évidemment, ce soir, parmis les gens que j’ai rencontré pour la première fois en chaire et en os, il y avait des proches de ladite Nora et donc forcément, mon followage était d’une banalité confondante, j’ai été obligé de faire appel à ma vraie personnalité pour convaincre les gens que j’étais quelqu’un de genuinement intéressant. (ce que globalement j’ai vaguement échoué/réussi (c’est pareil) en faisant des blagues plus nulles que Peach mais qui réussissaient à faire rire.)

Il me manque une faille profonde qui motive mon écriture. Mon écriture est essentiellement futile. Un blabla incohérent sur mon incompréhension du monde. Mais rien de vraiment original, rien qui remette en doute mes convictions axiomatiques et notament celle du “on a toujours le choix”. Je l’exhibe toujours comme ultime recours, mais globalement, je n’ai jamais eu à y faire face personnellement. Le choix, il m’a toujours été donné, à aucun moment, face à une isssue tragique je n’ai dû me dire “si, Ju, tu as le choix”. Jusqu’à présent, tout a été facile. Je ne vais pas m’en plaindre.

Mais depuis presque 7 ans que je m’y emploie, je viens de comprendre pourquoi depuis tout ce temps, je n’ai jamais été un blogueur influent.

Tokyo Daily Shots

Je rappelle à ceux qui pensent que je ne suis pas encore partis (ou que je suis déjà rentré) que les photos du voyage sont sur le photostream Daily Tokyo Shots de mon Flickr!

Offline tweets

8h15 : Je twitte sur mon bloc #alienationmentale
8h15 : C’est vrai. J’ai même écrit #alienationmentale pour de vrai
8h16 : Je regarde The Boat That Rocked. C’est génial, même la seconde fois.
8h16 : J’ai vu Hannah Montana plus tôt. C’était à chier.
8h17 : Juste avant j’ai vu Ghosts Of Girlfriend Past. C’était léger. J’aurais dû y aller avec une copine.
8h19 : Je sais pas ce que je vais faire entre maintenant et 1h. J’ai pas des masses envie de lire mon bouquin.
8h21 : J’arrive pas à me stresser quant au fait que je ne sais pas où estgéographiquement situé mon hôtel.
8h24 : J’aimerais avoir une idée géniale (contrsuire un data-heaven en Sibérie ça compte pas)
8h29 : Y a des turbulences. C’est un avant-goût des séismes à venir ?
8h29 : Toutes les phrases de l’annonce en japonais se terminent par le son “mas(u)”, ça veut dire “veuillez” ?
8h31 : Une hôtesse vient de me demander de fermer mon hublot.
8h31 : Ce voyage est trépidant.
8h35 : Sur les cartes d’immigration japonaises, ils te demandent ton métier.
9h21 : je viens de passer une petite heure à chercher où se trouvait notre hôtel sur un plan.
9h22 : Je commence à semi-stresser quant au moyen de s’y rendre.
9h22 : J’ai précisé que notre hôtel n’est pas répertorié par le Lonely Planet ?
9h25 : Je vais maintenant regarder un film avec Charlotte Rampling.
9h26 : le soleil se lève à l’horizon. En contrebas, des rivières et des lacs, toujours.
9h58 : J’abandonne ce film.
9h59 : Je lance mon iPhone en shuffle. Alone In Kyoto de Air sort premier. Pas encore de circonstances.
10h01 : Le soleil à l’horizon est immense.
10h36 : Il fait plein jour. Je lis. Je vais être décalqué “demain”.
10h50 : En fait, ça me plaît qu’il fasse moche pendant une semaine à Tokyo.
11h04 : Je crois que je vais essayer de dormir un peu.
11h34 : Ok, c’est un échec, ils viennent de rallumer la lumière.
11h35 : C’est vachement humide la Chine aussi on dirait.
11h37 : Et montagneux.
11h43 : Petit-déjeuner à l’approche, je range mon bloc.