Une horloge (ch)atomique

Cet après-midi, Nora demandait sur twitter “Comment fonctionne une horloge atomique ?“.

Si vous voulez une réponse précise, scientifiquement exacte et vérifiée par la communauté, vous pouvez aller lire la section correspondante sur Wikipedia.
En revanche, si vous voulez une réponse approximative qui implique des chatons et des synthés, vous êtes au bon endroit.

Pour commencer, une précision : une horloge atomique, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser ne se base absolument pas sur la radioactivité. Un jour, on vous racontera comment on date au carbone14, mais ici on ne veut pas dater des fossiles de 3000 ans, on veut être précis au dix milliardième de seconde.

Imaginons : un stade rempli de chatons, tous identiques. (source Tumblr)A Basket Full Of KittensDes dizaines de millions de chatons identiques. Ces chatons dorment paisiblement la plupart du temps.
Dans la vraie vie, ce sont des atomes de Cesium. Qui sont refroidis à des températures telles qu’ils sont en hibernation la plupart du temps.

Plein d’atome de cesium, ça ressemble à ça (source Wikipedia)
1280px-CesiumC’est vachement moins mignon.

Ces chatons sont d’une race spéciale : quand ils entendent la note la (onde sonore de fréquence 440Hz), ça les met dans un état d’excitation pas possible. Ils se mettent à miauler à tout rompre.
Par contre, si votre synthé est mal accordé et que vous déviez ne serait-ce qu’un tout petit peu, voire si carrément vous leur diffusez la note si, ils sombrent à nouveau dans un puissant sommeil.

Dans l’atome de Césium, ça s’appelle un niveau de transition de ses électrons. Et l’atome se met à miauler quand on lui envoie une certaine fréquence de micro-ondes (onde électro-magnétique de fréquence de l’ordre de la dizaine de GHz). Seulement, au lieu de faire vibrer ses petites cordes vocales mignonnes, il fait osciller ses électrons.

Vous, vous êtes l’horloger-robot dans une petite pièce et vous êtes en charge de la petite molette qui accorde le son du synthé qui est diffusé dans tout le stade.
Le gros problème, c’est que cette petite molette est hyper-sensible et qu’il suffit d’un courant d’air pour qu’elle tourne toute seule. On a bien essayé de la bloquer avec du Scotch®, mais le Scotch® finit toujours par se décoller. Et personne n’a jugé utile de mettre une graduation.

Donc pour l’éternité, vous passez la totalité de vos journées à réajuster cette petite molette pour que les chatons miaulent en permanence. Ça ne plaît pas aux voisins, mais c’est utile pour les GPS alors vous le faites (et c’est pas comme si vous aviez le choix, vous êtes un robot).
Un chaton, c’est tout petit (et mignon), dans un stade vous n’entendriez pas son miaulement, mais si il y en a des dizaines de millions, ça finit par s’entendre jusque dans la cabine dj.

meow-kitten

En plus de ça, dès que vous décalez la molette ne serait que d’un tout petit peu ils se remettent à pioncer. Donc c’est pas bien difficile de voir la différence.

Maintenant, une onde de fréquence fixe, qu’elle soit sonore ou électromagnétique, ça se représente comme ça :

cosine

C’est une série de vagues qui se déplacent.
Dans notre horloge, elles sont toutes canalisées vers une hôtesse de l’air (ou un steward, ça dépend de la marque de l’horloge) munie de cet instrument :counter

Dont le rôle est de compter le nombre de “bosses” du signal. Dès que le compteur atteint 9 192 631 770 (neuf milliards cent quatre-vingt-douze millions six cent trente-et-un mille sept cent soixante-dix), on rajoute une seconde sur l’écran de notre horloge (ou on bouge la trotteuse, si c’est plus votre truc).

Et voilà, le tour est joué. Vous avez une horloge atomique fabriquée avec des chatons.

Et, à l’instar de ce que wikipédia indique à la fin de son article :
« In practice, the feedback and monitoring mechanism is much more complex than described above. »

Code et créativité

Ça fait plus de deux ans maintenant que ce marronier des débats de Twitter traîne sur la place publique et que je ne me suis pas exprimé à ce sujet alors pourtant que ça touche au coeur de ce que je fais de mes journées.

Non, il ne s’agit pas du mariage homosexuel.
À propos du mariage homosexuel, d’ailleurs, je n’ai jamais eu de vrai avis, sinon un avis corrélatif consistant à m’associer aux gens qui avaient les mêmes valeurs que les miennes.  Ou plus exactement me dissocier des gens avec lesquels je n’ai rien en commun.
Je me souviens d’un jour où mon père nous a dit, pour nous former à la pensée critique, que si un beau jour de juin ensoleillé Le Pen déclarait que le ciel était bleu, il avait beau être la pire raclûre de notre cher pays, il ne faisait que dire la vérité et nous serions de bien mauvaise foi de le contredire.
Mon opinion politique corrélative elle, consiste à dire que, si je suis aveugle et que Le Pen dit que le ciel est bleu, je peux éventuellement le croire. Mais si mes amis du Motel, mes voisins du 11e, les journalistes de Libération et un certain nombres d’autres personnes connues pour leur attachement aux valeurs de la démocratie disent qu’il fait nuit, je suis dans une posture de doute. Évidemment, par attachement à des gens qui me sont proches, je serais un modéré dans la cause de la nuit.
Par contre, si, soudainement, la thèse (tout à fait plausible jusque là) que le ciel est bleu est soutenue par des catholiques intégristes, des antisémites, des personnes agées attachées à des valeurs qui ne dureront pas plus loin que leur mort ou des gens qui pensent qu’on peut sauver quoi que ce soit en enfermant ses enfants chez soi, alors, dans ce cas, le doute ne m’est plus possible.

J’étais dimanche chez mes parents à Garches, petite banlieue bourgeoise de l’ouest parisien où je me rends, toutes les sept semaines pour que ma mère rafraichisse ma chevelure à large coup de tondeuse électrique. Je marchais d’un pas rapide vers leur domicile depuis la gare (j’avais une demie heure de retard) lorsqu’un autocollant jaune vif orné d’un oeil stylisé noir frappa mon attention sur la boîte au lettre d’un riverain.
Je ne me souviens plus exactement du nom de l’association en question, seulement du slogan “Si je ne suis pas là pour prévenir la police, mon voisin le fera”. L’autocollant se répétait de loin en loin le long de l’avenue (oui, il y a des avenues à Garches). Une fois arrivé, je demande à ma mère “alors, y a un comité de voisin nazis qui s’est emparé du quartier ?”
- oh, toi aussi tu dis ça ? ton père dit pareil
- bah, c’est un peu la blague évidente
- ah moi au début, je pensais que c’était bien, je l’avais pas envisagé comme ça…

Quelle est la différence donc, entre les gens qui arborent cet autocollant sur leur boîte aux lettres et que je prends volontairement pour des nazis et ma mère qui ne voit dans cette opération qu’un sympathique mouvement d’entraide de voisinage ? Dans son article aux accents volontairement brutaliste, titiou, journaliste à Slate, affirme que (j’extrapole) ces voisins fiers de l’oeil jaune sur leur portail sont parfaitement au courant des tenants et aboutissants de leurs actes et qu’il faut pas les prendre pour des niais sinon ils auront tôt fait de nous imposer leur vision (pas du tout) sympathique du monde tandis que nous en serons encore à tenter une approche pédagogique. Mais alors quid de ma mère, cette personne tout à fait démocrate qui, si nous ne lui avions rien dit n’aurait pensé que du bien de l’initiative ?

Du Collectif des Voisins Nazis à la NSA il n’y a finalement qu’un pas.
Je me suis toujours demandé si les anglais étaient moins sensibles à la vidéosurveillance omniprésente dans leur pays parce qu’ils n’avaient jamais subit les travers autoritaires des régimes dictatoriaux par ce biais. (ma connaissance de l’histoire britannique est cependant lacunaire et j’accepterai tout pointeur qui pourrait corroborer ou infirmer cette pensée facile). Et, qu’à l’inverse, l’Allemagne (et la France dans une moindre mesure) est un foyer de hacker du fait même que l’idée de détourner les moyens de communication est inscrit dans la culture collective.
Du coup, est-ce qu’espionner tout le monde c’est un moindre mal quand il s’agit de traquer le terrorisme et de préserver la santé et la vie de quelques milliards de personnes ? (hint : “non, mais”)

On en revient au sujet initial de ce texte, avant que je ne digresse sur ces considérations politiques, ce débat qui fait rage sur les internets : tout le monde doit-il apprendre à coder ?

Évidemment, la position, d’un point de vue tout à fait bourgeois, est attractive : le travail est garanti et stable, l’avancement rapide vers des postes à responsabilités et le salaire variant d’attractif à franchement indécent. En 2014, votre gendre idéal, est probablement chef de projet chez Cap Gemini. Il est d’ailleurs l’inspiration derrière ce personnage, dans les publicités, qui se retournent vers vous et, contrairement à Richard Berry qui ne nous vendait que de l’inoffensif yaourt, nous déclare, droit dans les yeux, qu’il “aime sa banque”. (réponse : “meurs”).

Il y a la question de savoir si c’est facile. J’ai une amie qui, il y a 6 mois ne savait pas faire la différence entre un port USB et un port HDMI et qui, aujourd’hui possède un diplôme de développeur web. Elle débute mais, bien entourée comme elle est, elle va acquérir de la culture, enrichir son vocabulaire et ses méthodes et, à force de coder, elle deviendra coderon.
Est-ce à dire, dès lors que coder est facile ? (hint : oui) Mais là n’est absolument pas l’enjeu. Un million d’enfants sortant du CP savent écrire une phrase correcte. Une centaine environ deviendront écrivains (je suis sûr que cyno a une stat plus véridique à ce sujet). Les autres sauront écrire des lettres à la syntaxe relativement correcte pour s’excuser de leur absence au rendez-vous trimestriel de Pôle Emploi (lettre qui leur a été envoyée alors même qu’ils y étaient à ce putain de rendez-vous).
Aujourd’hui, la vaste majorité des développeurs informatiques de ce monde écrivent chaque jour des dizaines de milliards de l’équivalent de ces lettres administratives. Et on leur file plein de thune. Aucun n’a d’intérêt à s’arrêter pour écrire de la littérature.
Le monde n’a besoin que d’un seul Viaduc de Millau. Par contre, il a besoin d’une chiée de Pavillon Phenix. Et vous savez de quoi il a encore plus besoin ? De stands préfabriqués pour les professionels de la profession (toutes les professions).
Pourquoi s’emmerder à faire autre chose que des menus déroulant dans des menus déroulant et des carousels quand on a déjà les éléments en kit, qu’ils suffit de trois vis pour les fixer, que de toute manière on s’en fout que ça prenne la pluie puisque c’est en intérieur et que, au pire, si le client demande d’installer une douche, on paiera un stagiaire pour pomper l’eau au moment opportun ? On boucle et on va boire une bière. Y a que ça de vrai la bière.

Peut-être parce qu’on aurait envie d’être libre et de ne pas être aliéné.
Parce qu’un état démocratique n’a pas envie que son peuple soit aliéné et confiné dans l’obscurité.
90% des informations qui sont parvenues à l’intérieur de votre cerveau dans les dernières 24h vous sont parvenues ou ont transité par un système informatique. N’avoir aucune maîtrise du système, c’est nécessairement se faire avoir à un moment. Exactement au moment où un serveur de la NSA s’est subtilement intercalé entre votre terminal et le serveur de GMail.
Aujourd’hui, 98% des objets manufacturés vous sont parvenus par un moyen de transport utilisant un moteur à explosion. Vous n’avez pas la moindre idée de comment fonctionne le moteur d’un cargo transatlantique et vous laissez ça à des ingénieurs spécialisés (ou au garagiste). Vous avez bien raison. Parce que le moteur en question n’a pas transformé l’objet. Il est exactement le même que lorsqu’il est sorti de l’usine (si il a été bien empaqueté).
Par contre, le code qui a pris votre information à la sortie du journaliste et l’a transformé en un texte aligné à gauche entrecoupé de publicités qui refreshent la page au bout de 179 secondes, ou la publicité vidéo qui s’arrête quand vous ne la regardez pas, ça, ptêt que ça pourrait être cool de savoir ce qu’ils ont tripatouillé dans votre ordi.
Je voulais parler de créativité, mais tout le monde n’a pas envie d’être créatif et nous qui avions envie de l’être au travers de ce medium, nous en avons déjà pris possession.

Tout le monde doit-il apprendre à coder ? non, laissons ça aux gens qui veulent fabriquer des sites internet (et à ceux qui veulent construire des Viaducs de Millau)(mais eux ont pas attendu mon conseil)
D’ailleurs, si vous avez besoin de code réel, demandez à un ami informaticien (pas à moi), il sera probablement ravi d’écrire 20 lignes de python pour répondre à votre question tellement il sera surpris que vous ne lui demandiez pas de reconfigurer Outlook pour que les .docx s’ouvrent automatiquement dans Word avec les macros activés (“comment ça se fait qu’ils ont changé ça, c’est pas du tout pratique au quotidien quand je fais ma compta !”).
Tout le monde devrait-il être formé pour comprendre l’ironie de la dernière parenthèse : définitivement, oui.

une partie

Le jeu se joue sur une plaque de Lego de 32×32 fournie par le restaurant japonais dans lequel nous mangeons. La fréquence des mouvements est limitée à 1 par période de 24h et le restaurant efface la partie en cours si la table est inoccupée.
La plupart des joueurs commandent une sorte de petit pancake à base de farine de riz (l’item le moins cher à la carte), feignent d’aller fumer à l’extérieur et ne reviennent que le lendemain.
Un grand seau de briques Lego est disponible pour que chacun s’y serve. Les coups sont limités à 1 par 24h, mais construire son coup est bien plus difficile qu’il n’y paraît et les joueurs passent parfois plusieurs heures à assembler et désassembler les éléments colorés sur la plaque grise avant d’être satisfait.
Il y a toute une stratégie dans cette étape de construction/réassemblage. Il s’agit de camoufler sa manière de penser à l’adversaire, de le lancer sur de fausses pistes de réflexion, de faire croire que l’on va jouer ceci puis, par quelques briques supplémentaires, de révéler brusquement le coup final.

Je mange un ramen au porc. Un type s’asseoit en face de moi, me propose une partie. J’accepte. Je perds.

Je me réveille.

Mon top 135 des films de 2013

Cette année, j’ai voulu innover dans la continuité et, puisque c’est à la mode de justifier n’importe quoi par les mathématiques, j’ai classé mes films suite à une série de duels en attribuant à chaque gagnant/perdant des points en plus ou en moins en fonction du résultat et de la force des combattants. Ce système, celui qui est utilisé par les joueurs d’échecs pour établir le classement international, celui qu’implémente Mark “Jesse Eisenberg” Zuckerberg dans The Social Network, c’est le Elo Rating System.
Pas de favoritisme ni de préjugés : tout le monde est parti de 1400. Le meilleur a fini à 1513, le dernier s’est vu rétrograder à 1286.

Puisqu’on en est à saupoudrer de mathématiques non-significatives : la théorie du tri dit que les meilleurs algo ont une complexité moyenne de n*log(n) comparaisons : je me suis donc arrêté à 7*135 = 945 duels (les 20 derniers se sont concentrés sur les 25 premiers du classement, il restait encore beaucoup d’égalité de points, j’ai donc concentré mes efforts sur ceux là) (je trouvais que j’avais déjà assez cliqué pour mettre Parkland en bas du tableau)

Et sans plus attendre, le résultat en image :

Frances HaLa Vénus à la fourrureEffets SecondairesThe Hit GirlsThe GrandmasterBorgmanguillaume et les garçons à tablel'inconnu du lacWorld War ZThe Selfish Giant

1. Frances Ha (1514)
2. La Vénus à la Fourrure (1513)
3. Effets secondaires (1510)
4. The Hit Girls (1504)
5. The Grandmaster (1503)
6. Borgman (1501)
7. Les Garçons et Guillaume, à table ! (1498)
8. L’Inconnu du lac (1497)
9. World War Z (1496)
10. The Selfish Giant (1495)

tel pere tel filsThe EastLa Bataille De Solferino

11. Tel Père Tel Fils (1493)
12. The East (1487)
13. La Bataille de Solférino (1483)
14. Mariage à l’anglaise (1482)

Oblivion

15. Oblivion (1481)
16. 9 mois ferme (1479)
17. Gravity (1476)
18. Le loup de Wall Street (1474)
19. Blind Detective (1471)

Le Congres
20. Le Congrès (1469)
21. Fast & Furious 6 (1468)
22. 40 ans : mode d’emploi (1463)
23. La Stratégie Ender (1459)
24. 7 Psychopathes (1458)
25. Gatsby le Magnifique (1458)
26. Inside Llewyn Davis (1456)
27. Cloud Atlas (1455)

The Master
28. The Master (1455)
29. Machete Kills (1455)
30. Les Stagiaires (1454)

All is Lost
31. All is lost (1453)

32. 20 ans d’écart (1453)
33. The lunchbox (1452)
34. Il était temps (1452)
35. Hunger Games : L’Embrasement (1452)
36. Star Trek Into Darkness (1451)
37. La Maison de la radio (1449)
38. Les Coquillettes (1447)
39. Spring Breakers (1445)
40. This is the end (1442)
41. Je fais le mort (1435)
42. Mud – Sur les rives du Mississippi (1435)
43. Elysium (1433)
44. Evasion (1432)
45. Moi, moche et méchant 2 (1429)
46. Iron Man 3 (1427)
47. Le Passé (1425)
48. La vie d’Adèle (1425)
49. Tian Zhu Ding (JIA Zhangke) (1425)
50. Pacific Rim (1420)
51. Un Chateau en Italie (1420)
52. Lincoln (1419)
53. Percy Jackson : La mer des monstres (1414)
54. Snowpiercer (1414)
55. The Immigrant (1411)
56. The Bling Ring (1410)
57. Les Gamins (1409)
58. Insaisissables (1408)
59. Le Dernier pub avant la fin du monde (1408)
60. Django Unchained (1407)
61. Monstres Academy (1406)
62. A la merveille (1405)
63. Lone Ranger, Naissance d’un héros (1403)
64. Stoker (1402)
65. Thor 2 (1401)
66. No Pain No Gain (1396)
67. Prisoners (1395)
68. La vie domestique (1394)
69. G.I. Joe : Conspiration (1394)
70. L’Homme aux poings de fer (1394)
71. Man of Steel (1394)
72. Red 2 (1391)
73. Warm Bodies (1390)
74. No (1388)
75. Le Monde fantastique d’Oz (1387)
76. La Parade (1386)
77. Belle du seigneur (1385)
78. 100% cachemire (1384)
79. Les Flingueuses (1383)
80. Casse-tête chinois (1383)
81. La Stratégie de la poussette (1380)
82. Albator : Corsaire de l’espace (1378)
83. L’Ecume des jours (1378)
84. Le Monde de Charlie (1377)
85. Only God Forgives (1377)
86. Loulou : L’incroyable secret (1376)
87. Mademoiselle C (1375)
88. Comment j’ai détesté les maths (1374)
89. Vandal (1374)
90. Hôtel Transylvanie (1373)
91. Happiness Therapy (1371)
92. Le cinquième pouvoir (1370)
93. La Danza de la Realidad (1370)
94. Magic Magic (1370)
95. Au bout du conte (1369)
96. Rush (1366)
97. Trance (1362)
98. Les Miller, une famille en herbe (1362)
99. Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) (1361)
100. Dans la tête de Charles Swan III (1361)
101. Heli (1360)
102. Upside Down (1359)
103. Imogene (1355)
104. Alabama Monroe (1355)
105. La Grande Bellezza (1349)
106. R.I.P.D. Brigade Fantôme (1346)
107. Gangster Squad (1345)
108. Jeune & jolie (1345)
109. Les Âmes Vagabondes (1343)
110. Joséphine (1342)
111. Blue Jasmine (1340)
112. Players (1337)
113. Ma vie avec Liberace (1335)
114. Mortal Instruments (1333)
115. Lettre à Momo (1332)
116. Cet Été Là (1331)
117. Malavita (1330)
118. As I lay dying (1329)
119. Die Hard : belle journée pour mourir (1326)
120. Don Jon (1325)
121. Riddick (1324)
122. The Place Beyond the Pines (1323)
123. Sublimes créatures (1319)
124. Hitchcock (1319)

125. Amour & Turbulences (1318)
126. Foxfire, confessions d’un gang de filles (1316)
127. Les Misérables (1313)
128. My Movie Project (1305)
129. Camille Claudel, 1915 (1301)
130. Cartel (1299)
131. After Earth (1294)
132. Jobs (1292)
133. Passion (1290)
134. Gambit, arnaque à l’anglaise (1289)
135. Parkland (1286)

 

Je suis légèrement déçu que Le CongrèsOblivionAll is Lost ou The Master ne soient pas plus haut, mais ils restent en excellente compagnie des élites du Top30.

À Juliette et Aloïs

Mariage-ipad

C’était le premier mariage auquel je participais et j’étais témoin. À 300 battements par minute, devant une centaine de personnes, j’ai fait ce discours.

Papa, Maman,

Je suis né un jour d’octobre 2006 dans un recoin propre et bien éclairé d’une bibliothèque universitaire américaine.
J’avais évidemment vécu avant ça mais ça n’est pas le moment de s’étendre là-dessus (et quand bien même ce serait le moment, ce n’est pas très important)

Comme tout enfant qui vient au monde, j’ai d’abord découvert Juliette. Qui m’a dit “Chut, j’ai un paper à rendre” alors je me suis tu. C’était ma première fois face à l’Autorité (j’ai mis une majuscule à Autorité)

Elle m’a d’abord élevé comme une mère célibataire avec l’aide d’Olivier qui jouait le rôle du grand-père ronchon, communiste et conservateur (je sais que ça n’est pas censé aller ensemble, mais il n’est pas à une contradiction près). Bonne copine, elle m’a donné ses remèdes quand j’ai un peu trop bu pour la première fois et m’a conseillé (pas toujours heureusement) sur la manière de s’y prendre avec les filles.

Puis un jour, maman m’a dit “Viens, on va rencontrer ton père” et j’ai découvert Aloïs, les rigatonni aux broccolis et le Pinot noir.
Elle m’en avait parlé, il était loin, il lui manquait, tout ce genre de chose que les jeunes filles éprouvent et que je ne comprenais alors pas encore très bien.
Il avait de la barbe, m’a fait découvrir de la vraie musique (mon horizon était jusqu’alors limité à Britney Spears et à Avril Lavigne), des bières exotiques et les chemises à carreaux.
Je l’ai appelé “papa”, il a regardé Juliette, l’air de dire “mais qui est ce mec avec qui tu traînes ?!”, elle a acquiescé et il m’a reconnu comme l’un des siens.

Mais ce que j’ai découvert, surtout, ce soir là, alors même que j’ignorais qu’il me manquait, c’est un modèle, vous deux.

Aloïs, Juliette, un modèle de couple, soudé mais pas gnangnan, un couple dont on peut inviter l’un sans l’autre, un couple qui regarde dans la même direction, chacun à sa façon mais toujours ensemble.

Juliette, Aloïs, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de légitimer légalement un amour dont je suis le témoin depuis longtemps et pour longtemps encore (si possible autour de bons dîners)

Aloïs, Juliette, je vous souhaite tout le bonheur possible et si, – non – , /quand/ vous aurez un enfant, je suis sûr qu’il sera encore plus réussi que ce que vous avez fait de moi.

Les deux ont pleuré, mon oeuvre était accomplie, j’ai pu retourner manger de la canette rosée et combler toutes les calories que j’avais épuisées en tremblant devant tout le monde.