28
Feb 03

Supposed to be Infinity

Dans mon entourage, et probablement dans le monde entier, il y a des hypertolérants. Ces gens vous les connaissez surement, ils peuplent les forums de Caramail, vous les trouvez aux caisses des supermarchés, dans la rue, bref, un peu partout.
Mais qu’est ce qu’un hypertolérant ? me demanderez-vous ?
Et bien, ce mot à une définition toute personnelle : elle englobe l’ensemble des personnes qui sont capable de vous rétorquer “je fais ce que je veux, on est en démocratie” ou encore “la guerre c’est mal”. On peut noter que ce genre de personne puise sa culture dans les pages roses du Larousse (bon pour le collège me marque dans la marge mon correcteur de bac blanc de philo) et la forte propension à répliquer à l’aide de citations accompagnées d’un “comme a dit un grand homme/philosophe/personnage célèbre” (au choix, rayez les mentions inutiles)

Au collège, au lycée, on nous tanne avec le sujet récurrent de français “prouver et argumenter”. Le problème, c’est que quand on est au collège, on ne saisit pas la portée de ce thème. Je comprend pourquoi il revient chaque année. Peut-être parce que quelqu’un s’est aussi dit, comme je me le dis souvent : “non, mais ceux-là, ils ont jamais appris à discuter ou quoi ?”. C’est mon interrogation à propos des hypertolérants. Ne pas savoir discuter intelligemment est en effet une de leur caractéristique première. Cette absence peut même nuire au groupe, surtout s’il est fondé sur ce même dialogue. Pendant les vacances, j’ai passé beaucoup de temps sur le forum de Fast2Reply (rubrique lien, la flemme de taper les balises html). Mes amis bretons (99% des participants à ce jeu) étaient, quant à eux, en vacances. J’avais à lire quelques interventions le midi, le soir, auxquelles je répondaient, ou pas, selon que j’avais, ou pas, quelquechose à dire. Le temps de la rentrée est arrivé pour moi, faisant passer la zone A dans les congés. Et là, je n’ai pas tenu une seule journée : 41 topics avaient été créés. Encore, il y aurait eu 41 topics interressants… Mais non, niet, nichts… Que du farfouillage débilitant…
Certains y ont probablement trouvé leur intérêt. Se faire des blagues lourdasses, c’est marrant entre copain. Le prolème, c’est que là, les autres n’y trouvent pas leur compte. Je me sens exclu de cette conversation. D’ailleurs, les blagues lourdes, même entre copains, ça va bien cinq minutes. Je dis pas que c’est pas drôle de temps en temps non plus !

Le problème, c’est que le “interressant” change de sens selon la personne à laquelle on s’adresse. “constructif” et “utile” sont aussi des adjectifs variables qui peuvent se rapporter aux échanges écrits.
Mais une fois de plus, les intégristes du “constructif” sont présents. Il y a peu, j’étais de ces intégristes. Les intégristes du constructif ne veulent en fait qu’une chose : que l’on parle de quelquechose d’objectivement sérieux, qui peut apporter quelquechose. Il y a alors toujours un hypertolérant qui traîne et qui va créer un sujet sur la guerre en Iraq, la famine en Afrique centrale ou le racisme. Sur lesquels le dialogue sera réduit au maximum, parce que ce sont des sujets graves et “qui faut pas rigoler avec ça hein ?”. Les réponses seront respectivement : “La guerre c’est mal” ; “C’est la faute au capitalisme” ; “les racistes, c’est des pas beau”. Parce que c’est évident. Seul un fou furieux dira que “la guerre c’est bien” (et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).
Et ce qu’il manque à ces échanges, c’est l’humour, cette espèce de truc qui fait qu’on va finir par bien s’entendre, qu’on va former un groupe, et ce, malgré les fréquentes disputes et autres inimitiés. C’est pour ça qu’au bout de deux jours d’intégrisme, j’ai rejoint le côté clair de la Force.

La démocratie est profondémment ancré dans notre inconscient collectif. C’est une bonne chose. Cependant, appliquer la démocrtie à tout et n’importe quoi ne mène pas forcément quelquepart et parfois même à quelquechose de médiocre, voire tout simplement nulle part. Nous sommes un pays de 61000000 d’âmes, il y a assez de personnes pour équilibrer les choses. Mais dans un groupe d’une dizaine de personne, il faut savoir reconnaître UN ET UN SEUL chef. Sauf si bien sûr il est foncièrement incompétent ! Qu’il soit désigné par un vote, qu’il le soit de droit divin ou autre, telle n’est pas la question. Il faut juste l’écouter pour avancer. Parce que souvent, le chef, c’est celui qui a convaincu les autres. Et s’ils les a convaincu, c’est qu’il a, ne serait-ce qu’entendu, des cours de français.
S’organiser de façon réellement démocratique, du genre démocratie populaire, tout le monde a voix au chapitre, on décide tout par vote etc… est quelquechose d’utopique. Parce que les discussions sont forcément bouchées par ceux qui ne savant pas parler ni réfléchir : face aux “les Américains c’est tous des cons” il y a les “Moi j’ai un ami américain qui est sympatoche” : les généralités contre les cas particuliers. Et chacun reste sur ses positions et n’en démord pas.
Le chef est là pour trancher. Parce que le chef se doit d’être au bon endroit, c’est à dire exactement entre les deux.
Mais pour rester et faire avancer la société, le chef doit écouter son bon peuple. Parce que bon, il a quand même des idées interressantes de temps en temps le peuple !

Les hypertolérants et les intégristes me diront : “ça m’interresse pas d’être chef”. Je n’ai rien à répondre à ça sinon : “je suppose qu’être intelligent ne te séduit pas non plus.” La discussion est close.

24
Feb 03

Rentrée bien méritée

J’ai l’impression de ne jamais avoir été en vacances. Et pourtant les deux dernières semaines, c’en était. Je crois que c’est parce que je n’ai rien fait. Je crois que je n’ai même pas réalisé que j’étais en vacances avant qu’elles ne soient finies, je les ai attendu avec impatience et puis une fois qu’elles sont là… pffuit, j’en ai plus envie. Je crois que je suis comme ça pour tout…

Hier soir, totale déprime quand même. Je ne sais pas pourquoi ça m’a pris. Amélie dit que c’est parce que j’étais stressé de rentrer et que j’avais peur des notes du bac blanc. C’est probablement vrai mais je n’y pensais pas vraiment à ces notes et puis je sais que je risque de me planter dans certains trucs, je sais que j’en ai réussi certain, je suis lucide sur ces choses là, alors je suis jamais vraiment stressé, sauf dix minutes avant, mais là, c’est normal. Je ne sais pas quelle a été vraiment la cause première de ce changement, je sais que quand elle m’a dit qu’elle était allé en boîte, ça a empiré. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle a rejoint le club des gens “normaux”, parce qu’elle reste ma petite fille préférée. Mais contrairement à moi qui me confine dans mon asociabilité chronique, elle a réussi à se sociabiliser. Et ça ça me déprime. Mais ce n’est qu’une cause secondaire, puisque j’étais dans cet état avant le premier sms. N’empêche, ça m’a fait plaisir qu’elle en envoie un deuxième, ça arrive peu ces temps-ci, mais bon, elle en a d’autres à envoyer à quelqu’un d’autre.

Aujourd’hui, rentrée. J’ai eu les notes que j’attendais. Tout s’est passé exactement comme d’habitude, c’est ce qui me fait dire que je n’ai jamais été en vacances. Prof d’anglais identique à lui-même : “The man who knew too much” (un passage, pour la compréhension), prof de bio, idem. Dans la queue, je vois la “pouf” (je vais, je pense, faire une rubrique spéciale pour elle dans la rubrique trucs…). Je “bloque” dans le tourniquet. Je mange avec Julie et Matthieu (Steeve, ce trouillard (bien qu’il n’en soit pas un) n’a pas voulu aller manger… peur de sonner !).

Tout à l’heure, je trottinais dans le couloir, comme à mon habitude à midi, pour rejoindre ma salle. Je me suis senti étrange, comme si je n’étais pas moi. J’ai deux sorte de souvenirs. Ceux en “plein écran”, clairs, nets, qui sont “objectifs” et ceux “avec les bandes noires” qui se limitent à mon champs de vision, moins précis et plus subjectifs. Les premiers, ce sont plutôt des envirronnements familiers : la cours de récré de l’école des Ecuyers, les couloir du collège… Alors que les seconds correspondent plus à des instants. Certains sont frappant pour moi : le jour où j’ai regardé Marianne P. (on sait jamais, je vais pas mettre son nom quand même !) dans les yeux, le mur d’escalade de St Germain (tous les vendredis soirs, je rentrais avec Keyvan, on refaisait le monde : ça c’est un souvenir “plein écran”). J’ai mis en ligne mes photos de classe sur cette page et les noms qui manquent correspondent à des souvenirs “tunnels” avec des bandes noires, limités par le champs de ma vision.

Enfin, ce qui précède n’aurait pas été là si je n’avais pas rencontré le “copain à 50?” de Julie sur MSN. Non qu’il m’ait inspiré pour le paragraphe précédent, mais je crois que je serais parti dans une direction différente, et j’aurais parlé de tout autre chose. Et notament de Julie que j’ai l’impression de découvrir chaque jour. Certes, elle ne change pas, toujours autant de bonne humeur, toujours avec les mêmes répliques, toujours un peu gamine. Mais avec cet invisible truc qui surprend.

Tiens, j’y repense, ce midi, un moment de silence total. J’aime pas du tout ça. J’ai sorti un “Personne ne parle” sanglant et inutile…


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