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Supposed to be Infinity

Dans mon entourage, et probablement dans le monde entier, il y a des hypertolérants. Ces gens vous les connaissez surement, ils peuplent les forums de Caramail, vous les trouvez aux caisses des supermarchés, dans la rue, bref, un peu partout.
Mais qu’est ce qu’un hypertolérant ? me demanderez-vous ?
Et bien, ce mot à une définition toute personnelle : elle englobe l’ensemble des personnes qui sont capable de vous rétorquer “je fais ce que je veux, on est en démocratie” ou encore “la guerre c’est mal”. On peut noter que ce genre de personne puise sa culture dans les pages roses du Larousse (bon pour le collège me marque dans la marge mon correcteur de bac blanc de philo) et la forte propension à répliquer à l’aide de citations accompagnées d’un “comme a dit un grand homme/philosophe/personnage célèbre” (au choix, rayez les mentions inutiles)

Au collège, au lycée, on nous tanne avec le sujet récurrent de français “prouver et argumenter”. Le problème, c’est que quand on est au collège, on ne saisit pas la portée de ce thème. Je comprend pourquoi il revient chaque année. Peut-être parce que quelqu’un s’est aussi dit, comme je me le dis souvent : “non, mais ceux-là, ils ont jamais appris à discuter ou quoi ?”. C’est mon interrogation à propos des hypertolérants. Ne pas savoir discuter intelligemment est en effet une de leur caractéristique première. Cette absence peut même nuire au groupe, surtout s’il est fondé sur ce même dialogue. Pendant les vacances, j’ai passé beaucoup de temps sur le forum de Fast2Reply (rubrique lien, la flemme de taper les balises html). Mes amis bretons (99% des participants à ce jeu) étaient, quant à eux, en vacances. J’avais à lire quelques interventions le midi, le soir, auxquelles je répondaient, ou pas, selon que j’avais, ou pas, quelquechose à dire. Le temps de la rentrée est arrivé pour moi, faisant passer la zone A dans les congés. Et là, je n’ai pas tenu une seule journée : 41 topics avaient été créés. Encore, il y aurait eu 41 topics interressants… Mais non, niet, nichts… Que du farfouillage débilitant…
Certains y ont probablement trouvé leur intérêt. Se faire des blagues lourdasses, c’est marrant entre copain. Le prolème, c’est que là, les autres n’y trouvent pas leur compte. Je me sens exclu de cette conversation. D’ailleurs, les blagues lourdes, même entre copains, ça va bien cinq minutes. Je dis pas que c’est pas drôle de temps en temps non plus !

Le problème, c’est que le “interressant” change de sens selon la personne à laquelle on s’adresse. “constructif” et “utile” sont aussi des adjectifs variables qui peuvent se rapporter aux échanges écrits.
Mais une fois de plus, les intégristes du “constructif” sont présents. Il y a peu, j’étais de ces intégristes. Les intégristes du constructif ne veulent en fait qu’une chose : que l’on parle de quelquechose d’objectivement sérieux, qui peut apporter quelquechose. Il y a alors toujours un hypertolérant qui traîne et qui va créer un sujet sur la guerre en Iraq, la famine en Afrique centrale ou le racisme. Sur lesquels le dialogue sera réduit au maximum, parce que ce sont des sujets graves et “qui faut pas rigoler avec ça hein ?”. Les réponses seront respectivement : “La guerre c’est mal” ; “C’est la faute au capitalisme” ; “les racistes, c’est des pas beau”. Parce que c’est évident. Seul un fou furieux dira que “la guerre c’est bien” (et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).
Et ce qu’il manque à ces échanges, c’est l’humour, cette espèce de truc qui fait qu’on va finir par bien s’entendre, qu’on va former un groupe, et ce, malgré les fréquentes disputes et autres inimitiés. C’est pour ça qu’au bout de deux jours d’intégrisme, j’ai rejoint le côté clair de la Force.

La démocratie est profondémment ancré dans notre inconscient collectif. C’est une bonne chose. Cependant, appliquer la démocrtie à tout et n’importe quoi ne mène pas forcément quelquepart et parfois même à quelquechose de médiocre, voire tout simplement nulle part. Nous sommes un pays de 61000000 d’âmes, il y a assez de personnes pour équilibrer les choses. Mais dans un groupe d’une dizaine de personne, il faut savoir reconnaître UN ET UN SEUL chef. Sauf si bien sûr il est foncièrement incompétent ! Qu’il soit désigné par un vote, qu’il le soit de droit divin ou autre, telle n’est pas la question. Il faut juste l’écouter pour avancer. Parce que souvent, le chef, c’est celui qui a convaincu les autres. Et s’ils les a convaincu, c’est qu’il a, ne serait-ce qu’entendu, des cours de français.
S’organiser de façon réellement démocratique, du genre démocratie populaire, tout le monde a voix au chapitre, on décide tout par vote etc… est quelquechose d’utopique. Parce que les discussions sont forcément bouchées par ceux qui ne savant pas parler ni réfléchir : face aux “les Américains c’est tous des cons” il y a les “Moi j’ai un ami américain qui est sympatoche” : les généralités contre les cas particuliers. Et chacun reste sur ses positions et n’en démord pas.
Le chef est là pour trancher. Parce que le chef se doit d’être au bon endroit, c’est à dire exactement entre les deux.
Mais pour rester et faire avancer la société, le chef doit écouter son bon peuple. Parce que bon, il a quand même des idées interressantes de temps en temps le peuple !

Les hypertolérants et les intégristes me diront : “ça m’interresse pas d’être chef”. Je n’ai rien à répondre à ça sinon : “je suppose qu’être intelligent ne te séduit pas non plus.” La discussion est close.

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