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Esquiver la réalité

Je discutais avec Guillaume l’autre jour, il n’a finalement pas changé, toujours à faire son petit fiérot. Je l’avais “bloqué” pour cette même raison, lorsqu’il avait changé son pseudo pour “le casanova”, ça m’avait profondément énervé et je pense qu’il est intimement persuadé qu’il est un casanova. Juste pour la petite histoire, ce garçon par ailleurs sympathique (et par ailleurs seulement) n’a jamais eu de copine de sa vie.
En soi, ne jamais avoir eu de copine (ou de copain) n’est pas une tare, je connais des tas de gens bien qui n’ont jamais eu de copine. Ce qui m’énerve, chez lui, c’est que dans sa frustration, il en vient à croire que toutes les filles sont folles de lui. Cette impression lui vient surement du fait qu’IL est fou de toutes les filles qui ont le malheur de passer à sa portée.
Mais j’ai mon intérêt dans le fait de le débloquer : si je veux avoir une chance qu’il m’invite à son anniversaire… Pas que son anniversaire me branche plus que ça, mais s’il m’invite, je verrais Amélie pendant un week-end, et ça, je ne crache pas dessus.
Je crois qu’il a un penchant pour elle, ça ne serait pas nouveau d’ailleurs… Je crois qu’il n’a pas encore réalisé qu’elle en aimait un autre. Surtout que cela fait plus de deux ans qu’il le déteste, il doit être vert, ce pauvre crétin. De toute façon, il ne me semble pas qu’il ait jamais eu une chance, même minime.
Ce que je lui reproche, c’est d’esquiver la réalité, de ne finalement voir que ce qui l’arrange et, même de s’inventer une réalité qui l’arrange et surtout, surtout d’y croire.
N’empêche qu’il m’a énervé, que je lui ai lâché un : “tu m’ennuies, je me casse”. Je veux bien penser à mon confort personnel, mais pas aux dépends de mon confort personnel…

Ca n’a peut-être rien à voir, mais ça me fait penser à ma bonne humeur constante. A chaque instant, je m’efforce d’être souriant. Je simule, comme l’a si brillament fait remarqué Mme Descoin, ma prof d’allemand cinglé à tendance névrotique (j’ignore si névrotique est le terme qui convient, mais phonétiquement, cela sonne comme je le voudrais). A chaque fois que quelqu’un perce ma (pseudo) bonne humeur à jour, j’ai l’impression d’être un peu compris.
Mais des fois, je me prend tellement au jeu, que je finis pas l’être réellement, mais sur des bases plus que bancales. Ils ne faut surtout pas que je m’en rende compte, parce qu’alors, je passe dans une phase aigrie et pour le moins désagréable pour les autres. Enfin, je suppose que je suis désagréable, mon “moi détaché” ne me supporte même plus mais je n’y peux rien, je ne peux que rester dans cet état.

Demain, je vais passer mon oral de TPE pour le bac. J’ai eu le malheur de le dire à ma mère. J’éprouve une certaine lassitude à l’idée de ces TPE. Probablement parce que mon sujet “Du mirage à la fibre optique” ne présente absolument aucune sorte d’intérêt. Si j’avais été dans le groupe de Aude, à faire le codage de l’image, je me serais réellement amusé, parce que c’est un sujet qui m’interresse. Si j’avais pris un thème du genre “les dimensions : combien sont-elles ?” je me serait réellement amusé, parce que c’est un sujet un peu “extraordinaire”… Mais je n’ai pas pu les choisir, ces sujets. Le premiers, parce que justement le groupe d’Aude l’avait choisi. Et puis, au début de l’année, avant de faire oeuvre sociale, de connaître du monde, je suis allé me fourvoyer avec ces deux nunuches. Claire est tout à fait sympathique, mais plutôt du genre à “ne pas en faire trop, on risquerait de croire qu’on est intelligent”. De l’autre côté, Magali, que je commence à trouver sympathique, avec la durée, mais qui reste cette fille insignifiante à mes yeux. Bref, à part choisir des sujets bateaux, je n’avais aucune autre alternative. C’est probablement pour cela que j’éprouve une certaine lassitude à penser à mes TPE…

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