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Déballage informe

J’avais envie d’écrire un texte drôle.
Mais je ne sais pas.
Et puis de toute façon, je ne suis pas là pour écrire des trucs drôles mais bel et bien pour m’apitoyer sur mon propre sort.
On m’a dit (non, personne) que j’écrivais bien. Au sens de avoir du style, évidemment, bandes d’incultes !
En général, c’est quelquechose qui me fait affreusement plaisir. Affreusement parce qu’après ça, ça me bloque irrémédiablment dans ma création, je me repose sur mes lauriers et tout et tout et puis je me mets à écrire comme un pied et puis voilà quoi.
Et puis c’est quoi, en vrai, le style ? Hein, vous seriez bien incapable de le dire, ça n’existe pas le style, ça se sent. C’est la façon d’arranger les mots de façons à ce qu’ils sonnt dans la tête du lecteur comme lui-même il aurait qu’ils sonnent. Ce serait pas un peu carresser le lecteur dans le sens du poil ça ? Bah pas vraiment tout compte fait, puisque ça ne touche que la forme, pas le fond. Enfin, quand on me dit que j’ai du style, ça me bloque aussi sur le fond…

Enfin tout ça pour dire qu’en ce moment j’ai une nette propension à déballer ma vie. Non, ce site n’en fait pas partie, il a une diffusion bien trop confidentielle pour être qualifié de déballage. Non, ça commence à trois personnes (intervalle ouvert, bien sûr, sinon, ce serait du déballage) le déballage. Enfin, tout ça parce que mon entourage amical féminin s’interresse à mon passé. Je ne sais pas ce qui leur prend d’un coup là, à vouloir tout savoir de mon passé, il est à moi mon passé ! Oui, bah, j’ai déballé quand même. J’aimerais bien dire que ça a libéré quelquechose en moi, mais rien du tout.
Quand je dis “mon passé”, ça commence l’année dernière, avant je survivais sous la forme d’une amibe unicellulaire se dévellopant presque exclusivement par sisciparité, slalomant de façon inélégante entre les représentants de l’espèce humaine qui l’entourait alors.
Oui, mais voilà, si j’avais eu un brin de regret, de remord, de nostalgie, enfin un sentiment quelconque qui ait un rapport avec le passé, ça m’aurait surement soulagé d’en parler, mais je n’ai aucun regret, aucun remord, et la nostalgie, très peu, puisque, paradoxalement mon passé se poursuit parallèlement à mon présent. Juste un léger malaise de parler de ça. (Sans blague, Jenifer de la Star Ac’, elle a bien maigri quand même !) J’ai surement rougi, donnant une importance qu’ils n’ont pas aux évènements que j’ai dévoilé.
Je n’avais pas non plus envie de montrer mes messages, parce que pour moi, ils sont plein de sens, ils irradient de bonne foi et de chaleur amicale, mais définitivement, je crois qu’il n’y a que moi qui voit ça là-dedans, parce que elle, elle n’y a rien compris. J’espère juste que je ne lui en voudrais pas de lui avoir fait lire, parce que ce serait bien mon genre.
Et puis, j’ai remarqué un truc, j’aime d’autant moins celles que j’aime si au moins une personne extérieure le sait. J’ignore pourquoi, surement, l’amour du secret est-il seulement plus fort que le contenu du secret lui-même, qui n’est après tout que le fond. C’est la forme qui fait qu’on lit un texte. C’est la forme qui fait qu’on vous met une bonne note en philo, c’est la forme qui vous fait gober des salades et qui manipule les gens. Le fond, ça ne vient qu’après, et encore, on y fait vraiment attention que si la forme nous laisse le faire.
Je met un point d’honneur à manier la forme correctement, alors je remercie ceux qui s’en rendent compte. (et oui, le drapeau français apparaît bien dans le clip de Madonna, ça fait trois fois que je le vois et systématiquement, j’oublie de regarder, et ça m’énerve ce manque d’attention chronique !)

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