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Livre (1)

La nuit des temps de Barjavel

La première chose c’est que je crois que Elle me l’a conseillé il y a bien longtemps, mais bon comme je suis un garçon stupide et naïf, je ne suis pas allé chercher plus loin : je ne l’ai pas lu. La seconde chose, c’est que Mickaël, un copain à moi (pas mon copain, comme le prouve la première phrase, je préfère les filles) me l’a conseillé et me l’a prêté (parce que je lui avais demandé, les gens me prêtent pas spontanément leurs bouquins)

Commençons par l’histoire : Au pôle sud, une équipe de chercheurs (Français (ouais c’est un auteur français donc je vous laisse imaginer les descriptions AméliePoulain-like de vision de café à 8h du matin avec l’odeur du café noir)), je disais donc ces gens là trouve un truc en or gigantesque à plusieurs kilomètres sous terre. Il s’avère que c’est un méga sarcophage avec des gens vieux de 900 000 ans à l’intérieur endormit en sommeil cryogénique. Bien sûr après ça, y a des débats à l’ONU pour savoir à qui va échouer la tonne d’or et tout ça et à qui sont ses gens alors comme notre monde est tout pas beau et que les pays ils veulent pas s’entendre, les scientifiques de tous les pays ils s’entendent eux et puis comme ils sont tous réunis dans la joie et la bonne humeur et puis chacun parle sa langue puisque la Traductrice (un méga ordi qui traduit en simultanée) traduit tout en simultanée en 17 langues. Bon ensuite par une astuce de scénario on vit l’entièreté de la vie de la fille qui a été réveillée : de sa petite enfance à son endormissement en passant par (toutes) ses expériences sexuelles. Enfin son pays a beau être farpait y a la guerre avec les Méchants et puis y a une méga bombe qui tue qui fait roter (=rotation) la Terre et le pays joli est détruit et à la place c’est l’Antarctique. Finalement dans le monde réel y a un méchant espion qui casse tout et qui tue tout le monde donc les gens sont pas contents et les étudiants sont en colère !

Moi qui ait l’habitude de lire de la SF américaine où le livre est bati sur un concept, une idée philo ou pseudophilosophique, de lire cette espèce de pseudo-science-fiction engagée à la française m’a légèrement soulevé le coeur. Je n’ai absolument rien contre le fond d’écrire que “oh à l’ONU c’est que des technocrates pas beaux qui pensent qu’à eux BOUH ! et c’est les étudiants qui sont des gentils et les scientifiques aussi” mais sur la forme, c’est assez bof et mièvre. Sur le fond, le scientisme est un peu trop fort pour moi également. Enfin ça reste un classique, et c’est lisible agréablement.

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Désintégration 4

Clothilde, assise face à moi, blonde, ses cheveux dégoulinants en cascade sur ses épaules, ses yeux bleus, merveilleux, merveilleusement vides. Elle me regarde. Autour de moi l’odeur du café. Pas un gramme de cigarette.

Trois secondes plutôt, nous parlions. Un peu d’elle, beaucoup de moi, pour changer. Je ne me souviens plus qui de nous deux à eu cette idée de venir ici, mais elle est excellente. Le silence convient parfaitement. Si Clothilde n’avait pas été là, j’aurais senti mon bouquin et me serait senti chez moi. Un genre de petit paradis.

Je me lève. Pour commander une patisserie. J’ai envie d’un bout de flan. Une pulsion comme ça. Envie de flan. Je sais que Clothilde veut surement quelquechose. Mais je ne sais pas si j’ai vraiment envie de lui faire plaisir. “Tu peux me prendre une part de tarte au pomme ?” Trop tard.

La serveuse est moche, mais tout le monde ne peut pas être beau non plus. Comment ferais-je ?

Je reviens à la table et je lance : “Clothilde est-ce que tu m’aimes ?” Je sais que la question va la troubler. Parce qu’en tant qu’ami, je ne suis pas censé poser ce genre de question. Mais je sais aussi qu’elle va trouver une réponse rapidement. J’ignore laquelle. Probablement un truc pour me refouler gentiment. “Tu sais bien que je t’adore…” Gagné. “Je ne te demandes pas si tu m’adores. Je te demande si tu m’aimes.”

Je ne crois pas qu’elle va répondre cette fois. Ses yeux bleus sont fixés sur moi, bien vivants cette fois ci. Je crois qu’elle m’en veut. Je crois que j’ai brisé un truc. Oui, l’espèce de pellicule de vernis que je portais sur moi et qui m’empêchait de voir correctement. Pas de voir non. Clothilde est toujours magnifique avec ses longs cheveux blonds dégoulinants. Juste de percevoir. Jusqu’à présent je ne savais pas si elle m’aimait. Maintenant non plus d’ailleurs. Mais je sais au moins que ça ne lui fait pas plaisir que je lui demande.

Pourquoi je la sauve ?
C’est la question essentielle
Probablement parce que je ne suis qu’un sale lâche !

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Différence

La différence entre le bon blogger et le mauvais blogger ne tient pas sur le fond : tous les deux se sont réveillés cette nuit à cause de leur rhume. Ni même sur les mots, vous allez voir, ce sont sensiblement les même. Tout est question de forme.

Le mauvais va écrire :
“Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand on est enrhumé, il y a toujours une narine qui se bouche plus que l’autre. Résultat, l’autre s’irrite, se met à brûler et systématiquement vous réveille.”

Le bon va écrire :
“Impossible de dormir cette nuit. Une saleté d’unique narine bouchée et l’autre qui commence à s’irriter, à chauffer et finalement à me réveiller. Résultat : 3h de sommeil. Je suis épuisé.”

Le premier aura tendance à prendre ses lecteurs pour des “aveugles”, aura tendance à généraliser. Mais tout en pensant que son cas est unique. Limite naïf. Un peu mignon. Un peu agaçant.

Le deuxième va mettre en exergue le petit détail qui donne une réalité à son manque de sommeil. Le lecteur s’y reconnaît.

Le premier on l’oublie.
Le second on l’oublie.

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