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Le péril philosophique

Le titre est choquant, mais il convient particulièrement à cet état d’esprit que je remarque chez ces lycéens magnifiquement philoïsé par un professeur qui aime son métier.

Le Terminal de base d’abord, n’aime pas la philo. Pourquoi ? La raison non avoués et que ça les fatigue d’écrire du texte alors que le bac de français est passé et que franchement la philo ça sert à rien. Que ça ne serve à rien est également une raison avouée, à laquelle on peut ajouter la traditionnelle rébellion : “de toute façon la philo c’est ce que je pense c’est pas une matière que l’on peut noter, on a pas le droit de noter ce que je pense”.

Le Terminal moyen, lui, il adore la philo, il en vient même à penser que la philo est la révélation de sa vie, que maintenant il est un penseur-né parce qu’il a découvert que le Ca et le Moi l’habitait, que l’on ne pouvait imaginer le réel après sa propre mort ou que sais-je encore. Et c’est proprement insupportable dans la plupart des cas. Oui ils ont raison, parce que moi-même je n’oserais pas contredire Pascal ou Bergson en me basant simplement sur mon ressenti.

Non, ce qui est insupportable, c’est qu’ils cherchent à chaque instant à analyser des tas de concepts ou plutôt, chaque premier concept qui leur vient à l’esprit une fois qu’ils ont fini d’analyser le précédent. Autant quand ils défendent du Bergson, ils ont les arguments de Bergson, le discours est construit et hop moi je ne suis pas dérangé, j’irais même jusqu’à dire que je suis heureux d’avoir un peu élargi mon horizon de pensé. Autant quand ils défendent leurs petits concepts sortis du quotidien ils sombrent lamentablement dans la conceptualisation de bas étage insupportable et la philosophie de concierge, j’irais même jusqu’à dire qu’ils deviennent de lamentables sophistes…

Alors pitié, arrêtez.

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3 thoughts on “Le péril philosophique

  1. N says:

    Le premier, le terminal de base, préfère ne pas voir ses problèmes en face, il préfère s’en ramener au superficiel, c’est tellement rassurant. Le second, le terminal moyen, ressent un plaisir jouïssif en voyant le premier errer de la sorte (Suave, mari magno…). Lui a vu le problème, il l’a pensé, et il en a tiré une morale qu’il estime être bonne, voire excellente. Alors, du coup, il veut faire passer ses idées. En fait, si le premier refuse de voir les problèmes, le second s’y est noyé. Il les a entouré d’une couche de concepts compliqués, et pense ainsi les avoir clairement indentifiés, analysées, bref, circoncis. C’est tellement rassurant. Le premier est ennuyeux. Le second est insupportable. … Jusqu’à ce qu’un ami le lui fasse s’en rendre compte, volontairement ou pas.

  2. Jef says:

    L’homme finira-t-il par admettre que, au travers d’une critique kanto-aristotéliecienne, le négationnisme forme un tout indiscociable avec l’incompatibilité de la phénomènologie avec l’irraison impure?

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