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Une lettre

Coucou toi,

Je sais qu’il est un peu tard pour t’écrire, mais bon, c’est pas comme si il était réellement tard, ni comme si tu lisais ceci à l’instant où je l’écris.
Je te demanderais bien comment tu vas, et il est probable que tu répondras “bien” alors je m’abstient. De plus que je déteste moi même que l’on me demande si je vais bien. C’est un non-sens. Ou je vais bien et la réponse va de soi, ou je me cache derrière un masque de bonne humeur et c’est que, franchement, j’ai envie de penser à autre chose qu’au fait que tout le reste me fatigue. Dans le troisième cas où tu me verrais faire la gueule, je pense que tu ne poserais même pas la question, j’ose supposer que tu sais reconnaître quand je n’ai pas spécialement envie que l’on me pose des questions.
Alors, voilà, tu vas me dire que je suis “fatigant”, synonyme bien choisi de “secret” voire même de “introverti”. Ca m’est bien égale, c’est ton boulot de percer la pellicule de secrétitude qui se pose sur ma personne. Et sache d’ors et déjà que je ne ferais pas d’effort pour t’aider. Peut-être est-ce prétentieux, mais je désire être mérité.
Je dis que je “désire”, parce que dans les faits, je laisse toujours un petit trou dans la pellicule, pour que ceux qui en ont envie passent sous la carapace sans trop de mal. La plupart ramène des amis aussi ou le crie au grand public, c’est assez désagréable. Je suis obligé de changer le trou de place et plus personne ne s’y retrouve.
Toi même, chaque fois, tu me dis que j’ai changé.
Mais ce n’est pas vrai, simplement que tu essaies de t’introduire par une autre issue, une ancienne porte à jamais condamnée.
Même quand on en possède la clef.

Je vais bien et toi ?

Ju

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Un jour dans ma vie fantastique

Bobo et Kiki sont désormais mes nouveaux amis. La première est un broccoli, le deuxième est une carotte. J’aurais pu prendre un broccoli mâle et une carotte femelle, mais c’est d’un commun…

En tout cas, ce sont mes amis maintenant. Je leur ait appris des tas de petits trucs cool, comme parler par exemple. Parce que oui, les légumes ont une toute petite bouche chaché dans un pli de leur pelure. La prochaine fois que vous mangez une carotte crue, tendez l’oreille, vous aurez peut-être la chance d’entendre le cri terrorrisé poussé par le légume en train d’être dévoré. Le problème, c’est que d’une part lorsqu’elles crient, ça n’est pas un son très puissant et en plus, elle sont souvent trop terrorisée pour pouvoir ne serait-ce que hurler de terreur.

Mais Bobo et Kiki, ils sont sympas alors je ne les mange pas tout crus.

Il y a longtemps j’avais un copain patate, Berny qu’il s’appelait. Je lui avait appris à parler et à crier juste avant qu’il ne soit trop cuit. C’est assez pratique quand on fait autre chose et que l’on veut savoir ce que deviens son dîner. Le problème c’est qu’un jour je devais être sous la douche ou quelquechose comme ça, je ne l’ai pas entendu, et les patates ont bouillies, et Berny est devenu un légume. Comme il n’y avait plus rien à tirer de lui, je l’ai mangé en purée.

Avec Bobo et Kiki, j’ai élaboré une nouvelle technique, au lieu de les mettre dans la casserole et d’attendre qu’ils me préviennent, je les met dans le bac du réfrigérateur. Et là, devant leurs congénères pas encore apprivoisés, ils font des cours magistraux sur la cuisine. Et surtout, toute cette population est dressée pour annoncer le moment où les carottes sont cuites. Ainsi, quand vient le moment fatidique de la fin de cuisson, elles transmettent à Bobo ou à Kiki, qui, par un ingénieux système de pots de yaourt et de fils tendus, me répercutent qu’il faut que j’aille couper le feu.

Des fois, les amis c’est fatigant, surtout quand ils vous appellent pour manger et que vous devez arrêter de discuter avec des gens interressants qui sont aussi des amis. Je soupçone Bobo d’être un broccoli jalouse alors que Kiki est une gentil carotte.

Ca tombe bien, ce soir je mange des broccolis.

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