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Une lettre

Coucou toi,

Je sais qu’il est un peu tard pour t’écrire, mais bon, c’est pas comme si il était réellement tard, ni comme si tu lisais ceci à l’instant où je l’écris.
Je te demanderais bien comment tu vas, et il est probable que tu répondras “bien” alors je m’abstient. De plus que je déteste moi même que l’on me demande si je vais bien. C’est un non-sens. Ou je vais bien et la réponse va de soi, ou je me cache derrière un masque de bonne humeur et c’est que, franchement, j’ai envie de penser à autre chose qu’au fait que tout le reste me fatigue. Dans le troisième cas où tu me verrais faire la gueule, je pense que tu ne poserais même pas la question, j’ose supposer que tu sais reconnaître quand je n’ai pas spécialement envie que l’on me pose des questions.
Alors, voilà, tu vas me dire que je suis “fatigant”, synonyme bien choisi de “secret” voire même de “introverti”. Ca m’est bien égale, c’est ton boulot de percer la pellicule de secrétitude qui se pose sur ma personne. Et sache d’ors et déjà que je ne ferais pas d’effort pour t’aider. Peut-être est-ce prétentieux, mais je désire être mérité.
Je dis que je “désire”, parce que dans les faits, je laisse toujours un petit trou dans la pellicule, pour que ceux qui en ont envie passent sous la carapace sans trop de mal. La plupart ramène des amis aussi ou le crie au grand public, c’est assez désagréable. Je suis obligé de changer le trou de place et plus personne ne s’y retrouve.
Toi même, chaque fois, tu me dis que j’ai changé.
Mais ce n’est pas vrai, simplement que tu essaies de t’introduire par une autre issue, une ancienne porte à jamais condamnée.
Même quand on en possède la clef.

Je vais bien et toi ?

Ju

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