Uncategorized

De Superia Scolaria (ou quelquechose dans ce goût-là)

Les études supérieures, du moins ce que j’en connais, le truc que les gens ils appelent Matsupmatspé sans savoir ce que ça désigne vraiment (genre “t’es en deuxième année de matsupmatspé” me sort mon coiffeur alors que putain, quand même, ils pourraient savoir que la Spé c’est la deuxième année) et aussi que les gens ils disent “oh-mon-dieu-mon-pauvre-le-pauvre-c-est-pas-trop-dur-tu-t-en-sors” bah ce truc là oui, ça me ressort par les trous de nez. Vous me direz, mes trous de nez ils sont pas mal larges donc je doit pas sentir grand-chose. Bah si quand même.

Si je vous dis que mes 30 heures de cours hebdomadaires sont partagés inéquitablement entre des maths et de la physique, déjà, ça en fait hurler certains, ceux qui m’ont jamais vu doivent s’imaginer que j’ai une tête de nerd défraichi avec des lunettes de taupe.

Bah non, en fait, je m’emmerde grave. Non que ce soit trop facile, juste que c’est fouttrement chiant.
Le premier jour la prof de math nous a sorti “il y a le même saut de niveau entre la Terminale et la Sup qu’entre la Sup et la Spé”. Bah oui, je crois qu’elle a raison, je m’emmerde autant qu’en Terminale. Non non c’est pas trop facile, je vais pas me la jouer 3133t-crâneur et je vais pas non plus prétendre que je maîtrise tout. Non, juste franchement ennuyeux.

Ca doit tenir au fait que le cours de maths est distillé à la façon Tetris : une brique de cette forme, une brique d’une autre forme “et vous me dîtes n’est-ce pas si mon cours n’est pas clair” “oui madame” et nous on essaie tant bien que mal de tenir 2h sans atteindre le haut de l’écran en empilant correctement les briques pour faire des lignes. J’ai jamais aimé joué à Tetris, j’ai toujours trouvé ça chiant. Non que je maîtrise, c’est juste vachement ennuyeux.

“Ma foi” le cours de physique est “ma foi” pas si mal, mais la physique c’est aps ma tasse de thé. J’aime bien, sans plus. Normalement c’est une matière où toutes les formules sont inscrites dans la calculatrice et où il faut prier tout au long de l’année pour que celle-ci soit autorisée le jour du concours. Moi j’ai une pauvre Ti82 qui demande l’absorption d’un paquet entier de DooWap afin de me procurer l’énergie de bousiller mes yeux sur un écran au contraste faiblissant de 14×8. Or je n’ai jamais de paquet de DooWap entier chez moi vu que la veille j’en ai toujours mangé un à quatre heure, donc ma calculatrice est vierge de toute antisèche et quand on me rend mon devoir habituellement la prof me lançait un “Zamor, vous ne connaissez pas votre cours” Comme je suis un garçon poli je m’abstenait de lui contre-balancer “Ouais M’dame les autres non plus mais moi ça me saoule de devoir recopier le cours dans ma calculatrice en rentrant le soir, j’ai autre chose à fouttre”. Donc les autres passent pour des génies et moi pour que dalle. La vie est injuste.

Je vous passe la SI, Science de l’Ingénier pour les intimes donc l’unique objectif pédagogique consiste à vous apprendre comment somnoler le plus discrètement possible en ayant l’air de prendre des notes pour ne pas vexer le prof en face de vous. Des fois vous entendez des mots bizarres tels que Torseurs ou Loi du Moment Cinétique, vous relevez la tête en vous demandant si vous n’avez pas été transporté dans une dimension parallèle où les gens ressemblent à ceux de la vie réelle sauf qu’il parle une langue inconnue.

Et l’anglais alors, the place where french is strictly forbidden, sauf en de nombreuses occasions quand il vous manque le vocabulaire ou que vous voulez vous faire comprendre. Car les profs auront beau avoir la meilleure volonté du monde, je pense que ceux qui se fouttent depuis deux décénnies ou presque de la langue de Shakespeare, ceux-là ne vont pas davatage s’y interresser en 6 mois. (Ouais mon année elle dure 6 mois, plus que 22 semaines avant les vacances. Enfin, par vacances, j’entends les concours et comme qui dirait “les concours, c’est pas les vacances”.)

Finissons en apothéose par le français, matière de prédilection du Zam où il tente d’exceller comme il le peut, répondant de façon précise et construite aux questions posées sur un texte qu’il n’a jamais lu, mais ça ne l’empêche pas de le faire quand même alors que la majorité des gens qui ont lu les bouquins (enfin “lus” est peut-être un peu fort comme mot) seraient bien incapable de dire de quoi il est question dans chacun d’eux. Là, je crâne, j’avoue. Sinon, je tente de faire des résumé, ou “l’art de rendre Britney Spears aussi jolie qu’une Somalienne anorexique” comprenez : rendre un magnifique texte d’un auteur ayant passé plusieurs semaines à peser chaque mot, chaque expression pour que la clareté soit la plus grande, rendre ce texte donc en une successions de phrases microscopiques tels que toute la beauté du texte original de deux pages se retrouve condensé en une dizaine de ligne. Moi je dis “c’est du gâchis” on me répond “c’est le concours” alors moi comme je suis poli, je ferme gueule.

Ca c’est ma semaine et c’est comme ça que seront les 22 prochaines semaines.

Dans le désert, il y a une oasis, le lundi matin, entre 07:03 et 07:42. C’est pas beaucoup mais tant pis, j’ai appris à me contenter de peu.

Et dire que certains redoutent les lundi matin…

Standard

6 thoughts on “De Superia Scolaria (ou quelquechose dans ce goût-là)

Comments are closed.