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Un mardi pathétique

StickersAujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je vais vous raconter ma journée.

Ma journée donc, commence à minuit, comme pour tout le monde d’ailleurs. La plupart des gens n’en ont pas conscience puisqu’ils se couchent avant la veille et sont endormis au moment où commence leur nouvelle journée, en l’occurence un passionnant mardi que nul ici ne m’envierait pour tout l’or du monde. Parler par clichés fait probablement partie de mes hobbys (mot que j’ai à la bouche depuis ce matin, mais vous étiez prévenus que j’allais vous raconter ma journée, vous avez par contre peut-être mal interprêté la première phrase et n’avez pas saisi l’ironie qui s’en dégageait, diffusant une odeur de bonbon dans l’atmosphère, à la limite probablement de l’écoeurant) mais ça n’est absolument pas volontaire, juste une déformation des résumés de français où l’on vous demande de condenser huits pages de Bergson écrites en petits caractères en deux cents mots modulo les dix pourcents réglementaires acquis par la grâce des syndicats, arrachés à la traitre Education Nationale à coup de griffes, d’ongles et se sabots (comme quoi la kératine c’est vachement utile quand il s’agit de se battre). Même si ça n’est pas vrai, c’est amusant de penser que ça eut pu l’être.

Pour être tout à fait honnête, je dormais moi aussi quand la grande aiguille s’est superposée avec la grande pour la première fois ce mardi (qui est également la dernière fois d’hier mais on est pas là pour parler de ça), je dois même dire que je ne me suis pas rendu compte que je m’endormais, tout ce dont je me souviens, c’est que j’avais mes écouteurs dans les oreilles, écoutant “Serre Moi” de Tryo diffusé par mon mp3 sous ma couette, enfin du moins commençant à écouter et que l’instant d’après je me suis réveillé emberlificoté dans du fil électrique, les piles neuves de mon lecteur à plat et mon réveil m’indiquant de ses diodes agressivement vertes qu’il va sonner dans quelques secondes, bientôt suivi par le plop de la radio qui s’enclenche, d’Emile la chroniqueuse de Ouï FM qui m’annonce qu’aujourd’hui il va faire 8 degré ce matin et 10 cette après midi mais refuse de nous donner le temps puisque de toute façon ils se trompent tout le temps et le doux son d’un train d’onde traversant le haut-parleur de la radio pour aller rejoindre mon portable, outil de communication qui semble être retourné depuis quelques semaines à sa vocation initiale : rester inerte.

Etre réveillé au son de “Je ne t’aime plus/mon amour… Je ne t’aime plus/tous les jours…” n’est somme toute pas si désagréable pourvu que vous soyiez in the mood pour entendre de telles choses ce qui est en fait mon cas et finalement ça ne me déplaît pas tant que ça, suffit de s’y habituer. Donc me voilà debout, fonçant tête baissé telle une chauve-souris naviguant aux instruments dans la grotte obscure de l’appartement à la recherche de la porte qu’il faut ouvrir délicatement pour ne pas réveiller sa famille qui, elle, ne devrait se réveiller que dans une heure ou deux et ensuite s’acheminer jusqu’au minuscule dressing où sont entreposés mes splendides caleçons Sponge Bob et mes non moins splendides chaussettes achetées chez les Trois Suisses dans le seul et unique but de compléter la nécessaire commande de 10 euros qui donnera droit à ma mère un magnifiques manteau en fausse fourrure 100% pur produit carboné qui s’avère lui être offert parce qu’elle est une cliente exceptionnelle et que, sans elle, les Trois Suisses n’arriveraient sans doute pas à vendre le seul lot de trois paires de chaussettes qu’ils possèdent.
Une chemise repassée m’attend sur un cintre et mon pantalon en toile épaisse à l’origine beige claire également repassé me fait des signes pour que j’abandonne le jean que je porte depuis presque cinq jours à son profit.

Je passe sur le trajet sans intérêt que j’ai maintes et maintes fois relaté ici, cherchez “Anvers” ou “St Lazare” ou “métro” dans les archives, il y a fort à parier pour que vous trouviez la partie qu’il manque ici et, à l’occasion, votre bonheur.

Normalement, j’aurais du vous en parler hier, ou évoquer la journée d’hier pour respecter la réalité, mais relater mon cours de maths de ce jour n’apporterait rien à rien : j’ai dormi, c’est tout. S’entend : dormir consciemment en recopiant gentiment le cours et en me concentrant un minimum afin de ne pas être totalement à la masse demain matin quand il s’agira de repartir à la chasse au théorême manquant (à ce propos, je vous ai parlé des formes sesquilinéaires à symétrie hermitienne définies positives induites sur l’orthogonal d’un sous espace vectoriel ? (et je blague pas, ça existe)).
Ainsi donc, vendredi, en attendant avec Agnès d’aller à la fac, j’ai mis les tables en U (j’ai une impression de déjà vu, comme si je l’avais déjà dit, faudrait que je m’inscrive à mon flux rss un de ces jours histoire de lire un peu ce que je raconte) et en ce lundi matin, avant même que la prof fasse une quelconque remarque, les élèves se sont précipités pour les remettre en ordre. Questionnés plus tard, ils m’ont répondu à ce sujet “je ne sais pas, les autres les remettaient en place mais c’est vrai que c’était une idée sympa”. Je ne comprendrais jamais les gens.

Après la physique il a fallu aller manger, forcément, nous sommes certes des gens qui faisont travailler notre esprit, ça ne nous empêche pas d’avoir un corps, pas des plus attirants ni des plus soyeux ou chatoyant mais un corps quand même. Mike a décrété, comme ça (ce qui est inclut dans le fait de décréter en fait), qu’à la cantine il y a avait du chou et qu’on ferait mieux d’aller à la Brioche Dorée s’acheter des sandwichs. Il est à noter que ça doit être la sandwicherie la plus chère du quartier mais quand on a que des tickets restaurant à huit euros (offerts par maman) on a tout intérêt à chercher un endroit où une bonne part des huits euros est entamée (et en plus à la Brioche Dorée, ils rendent la monnaie sur les Tickets Restaurant, c’est mal, mais moi j’aime bien car au bout de trois sandwich achetés j’ai une place de cinéma offerte par la régie des Tickets Restaurant).

A propos de sandwich, je pense qu’il pourrait être interressant d’étudier les rapports intimes qu’entretienent les neurones de la partie emotionnelle de mon cerveau et mes intestins, ça doit être passionnant et c’est plein de mystères, même pour moi, bien que chacun, pris séparément soit, après tout, assez simple à comprendre.

La physique le mardi après-midi est une chose sympathique, surtout quand votre prof est joueuse. Vendredi dernier elle a reçu un spéciment de livre de mécanique en double et, comme elle en avait déjà un (oui, en double, on sait ce que ça veut dire) elle a décidé de poser une devinette et ceux qui y répondraient gagneraient le livre.
Moi et Mike (dédicace à Glius qui n’a pas compris qu’on avait compris ce qu’il nous a expliqué) on s’est empressé de rédiger une réponse, une feuille recto-verso à base de spéculation sur des rails infiniment longs et infiniment fins, des trains sphériques qui ont toujours roulé et qui rouleront toujours, des préparations non cohérentes incluant un facteur de hasard qui sont autant de private joke incompréhensibles par quelqu’un qui n’a jamais fait de physique où les expressions “on néglige” et “on sait le faire” sont à la base de tout raisonnement qui se tient.
Et on a gagné le bouquin après une dernière épreuve de tirage au sort puisqu’un outsider a, à la dernière minute, exposé sa réponse. C’était un tirage au sort, et, pendant que la prof nous baratinait sur le fait qu’il fallait désigner un vainqueur, je l’ai vu attraper innocemment un trombone sur le bureau (et loin de moi l’idée de déprécier son innocence) ce qui m’a paru immédiatement suspect et quand il a fallu choisir la main qui le contenait, je n’ai pas hésité une seule seconde.
Maintenant j’ai un bouquin de méca, je me demande ce que je vais en faire.

A défaut d’avoir vécu moultes aventures amoureuses heureuses, je peux néanmoins me vanter de connaître sur le bout des doigts toutes les sensations possibles qui peuvent exister quant à la rupture que celle-ci soit volontaire, concertée, subie ou de fait.
Même, aujourd’hui, je crois que j’ai enfin compris pourquoi certains couples pouvaient ne plus pouvoir se supporter, se séparer corps et âmes à tout jamais et ne jamais se reparler. C’est naïf mais jusqu’à présent ça ne faisait pas partie de ma palette.

Le retour fut on ne peut plus doux, bercé par le roulis des moyens de transport du couple RATP-SNCF et la prose de Philip K. Dick, une Chupa-Chups coca-citron à la bouche, rien que pour me venger de la vie et toc.

Mais le plus agréable, et probablement la cause de cette frénésie soudaine, un stickers Sponge Bob collé au dos d’un colis secret, un retour on ne peut plus agréable au colis que j’ai récemment confié à la Poste.

Je suis votre Ju, c’est déjà pas mal, à défaut que vous soyiez à moi, rien qu’à moi.

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3 thoughts on “Un mardi pathétique

  1. jeuf says:

    j’ai abandonné après le sandwich du midi je suppose qu’il y avait rien à louper(alors qu’au début je supposais qu’il y aurait un je ne sais quoi de vraiment fantastique qui justifiât une lecture complète)

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