Uncategorized

Histomathématication

Mon père, après avoir lu mon sujet de Centrale, m’a demandé ce qu’était une fonction lipschitzienne.
Après lui avoir expliqué que l’on pouvait dire que f était lipchitzienne si elle vérifiait l’inégalité suivante :

lipschitzienne

Il m’a demandé si c’était Lipschitz qui les avaient inventé. Je lui ai dit que je n’en savais rien mais que non en fait, notre bon Lipschitz n’avait du que les étudier d’un peu plus près et qu’elles existaient bien avant même qu’il soit né. Je lui ai également ajoué que, comme je l’ai dit à Esope l’autre jour, on faisait de l’analyse avant que les parents de Leibniz n’ait même envisagé d’avoir un enfant.

Alors il m’a demandé si on faisait des maths avant Euclide et moi, je viens de prendre conscience que l’on faisait probablement des maths avant Euclide, que les égyptiens, ils devaient bien compter leur grain et faire des parcelles de tailles égales sur les bords du Nil. Moi qui ai toujours considéré Euclide comme étant le point 0… Il y a donc une préhistoire… Enfin, si on avait une échelle logarithmique, Euclide serait probablement le 1.

Standard

14 thoughts on “Histomathématication

  1. aaaaah le stress quand j’ai lu le suet et quez j’ai eu un moment de panique : C’est QUOI déjà une fonction lipschitzienne???

    Heureusement, le premier moment de panique passé, j’ai retrouvé la déf. Ouf. 😀

  2. Les Egyptiens passent même pour avoir eu un savoir mathématiques qui aurait été irrémédiablement perdu.

    Cela dit, c’est évident qu’ils faisaient des maths, non ? Sinon, comment ils auraient construits les pyramides et organisés leur système productif autour des crues du nil ?

  3. Raveline says:

    @Paxa: au feeling ?
    (Les premières pyramides étaient pas terribles terribles, faut bien le dire…)

  4. Persuadons-nous que les mathématiques existaient même avant les Egyptiens, qui, pour information, utilisait comme unité de valeur comptable une vache. On peut parier que l’apparition des premières constructions solides (à Ur, il devait bien en avoir) n’étaient pas étrangères à quelques calculs mathématiques. Allons plus loin en disant que les hommes du néolithique devaient également avoir quelques notions de mathématiques. Vu que la découverte du feu ne vient pas d’un banal concours de circonstances, comme on l’a longtemps cru avec la foudre, on peut penser qu’il était assez doué pour savoir que filer une de leur deux peaux de bête à leur copain fabricant de silex ne leur laisser plus qu’une seule peau de bête…

  5. Raveline says:

    Sur la question des découvertes du Néoloitihique, cf. Lévi-Strauss, La Pensée Sauvage (notamment dans le premier chapitre, les réflexions sur la découverte du Bronze, l’apparition d’un esprit scientifique, et sa disparition brutale avec la pensée religieuse).

  6. ZamZam says:

    Je vais voir si je n’ai pas ça dans une des bibliothèques qui peuplent notre appartement…

  7. Hamid says:

    est-ce pretentieux de ma part d’affirmer que Lévi-Strauss dit parfois des conneries ?

  8. Raveline says:

    Pas du tout. C’est même certain. Mais un type qui dit autant de mal de la philosophie ne peut pas avoir totalement tord. :p
    Plus sérieusement, s’il est certain que ses théories sur la pensée scientifique du néolithique sont contestables, car infondées (mais aussi infondables, vu le manque de sources), elles sont séduisantes, et, sans être prouvées, elles sont argumentées.

  9. Hamid says:

    c’est bien là le probleme.

    généralement, les théories séduisantes sont foireuses.

  10. Hmm… de toute façon, projeter la notion d’esprit scientifique sur le néolithique comme l’a partiellement fait Strauss paraît ouvertement anachronique. Mais peut-être que réfuter cette thèse, c’est s’enfermer dans une autre erreur: la téléologie, autrement plus séduisante… et autrement plus foireuse.
    P.S.: Hector, t’as fini de changer tout le temps de thème, oui ?

  11. Je parlais bien de Lévi-Strauss et de son analyse du néolithique qui, même si elle peut apparaître tendancieuse, n’est pas forcément entièrement erronée. De toute façon, toutes les théories sont erronées plus ou moins, comme le dit le philosophe préféré des gays, Popper (alala cette blague me fera toujours rire).

    Allez, disons que l’apparition des mathématiques doit plus ou moins correspondre à celle du commerce…

  12. Je ne sais pas, pour l’apparition des mathématiques; je les croirais plus volontiers associés à l’architecture qu’au commerce. Le commerce doit être un premier pas vers l’abstraction en mathématique, mais n’oublions pas qu’au début, les opérations se faisaient par une figuration géométrique (cf. le Ménon, toujours cité pour illustrer ce fait).
    En fait, le commerce, à partir du moment où l’économie monétaire devient importante et surtout qu’elle devient plus virtuelle (par exemple avec les lettres de change, donc plus tard, beaucoup plus tard), va jouer un rôle très important dans le progrès de l’algèbre, alors que les mathématiques légués par l’antiquité sont très tournés vers la géométrie. Le premier bouquin d’algèbre du XIVe siècle est un livre d’un Italien qui explique comment tenir une comptabilité.

    Après, chère Blondasse, si ce que vous appellez "mathématique", c’est savoir combien de peaux de bête on donne à son copain fabriquant de silex… dites, on serait pas aussi mauvais l’un que l’autre en mathématique, des fois ?

Comments are closed.