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Je hais les garchois

Je voulais faire un billet sur les garchois, gentils habitants de Garches, tous pétris des meilleures intentions du monde. Ce garchois qui s’outrent d’un rien parce que ça fait bien de s’outrer du fait que “avec la taxe foncière que je paie, quand même je ne vois pas pourquoi le club d’escrime est pas municipal ! C’est une honte que des gens aient à s’occuper d’un club sportif !”. Ou encore de ces mères absolument insupportables que l’on retrouve en fait partout dans le monde, ouais, j’ai même une expérience de la sortie des classes de la Awty School de Houston, ce sont les mêmes mères.

Mais en fait je n’arrive même pas à trouver à ce que je leur reproche et que je ne reproche pas également à l’entièreté des êtres humains normalement constitués. Etres qui vous enferment dans paroles qui ne sont pas les votres, à simple fin que vous soyez plus facilement ca (saloperie de yahoo qui me coupe toutes les 14 minutes depuis 2h pour me dire “server is down please try later”, J’AI COMPRIS) tégorisable… Ce matin par exemple, je m’asseois au deuxième rang. Parce que ça m’emmerde gravement d’escalader les tables ou de faire lever des gens pour m’installer au troisième rang, surtout et même si X ou Y y est déjà assis. Je m’assois où je veux non ? S’asseoir à un autre endroit est une déclaration de guerre interplanétaire ? Est-ce que je dois m’encombrer des susceptibilités des 49 autres personnes qui peuplent mon amphi et réfléchir à chacun de mes actes et paroles pour ne choquer personne ?

Edward Hopper : House at dusk

Vivre en société est une véritable plaie en fait. Mais j’adore vivre en ville. J’adore vivre en ville et voir les gens. Mais sans les cotoyer. Je vais au cinéma tout seul. Je prends mon métro le matin tout seul. Et j’apprécie de pouvoir m’asseoir seul pour écouter le cours, sans m’encombrer des paroles sans intérêt de telle ou telle personne dont je m’interroge parfois sur les raisons de la présence… Alors j’accomode, je parle, je réponds des trucs dont l’intérêt m’échappe profondément, je sympathise avec l’ennemi, qui sait, ça me rapportera peut-être un avantage dans un futur plus ou moins proche, souvent pas grand-chose.

Non, je n’ai pas d’amis. Ou si si peu. Et je ne vois pas pourquoi j’en aurais plus que ça. De toute façon, il n’y a pas eu de candidats potentiels depuis des lustres, désolé pour les autres. Des gens qui me sont moins désagréables que d’autres. Que je reverrais avec plaisir. Mais des amis non. Uniquement des garchois en puissance avec lesquels il faut savoir composer pour vivre vaguement tranquillement sans qu’ils ne vous emplissent les oreilles de plaintes maintes et maintes fois ressassées faute d’avoir un truc plus interressant à raconter. Ou alors je suis trop exigeant et je dois me contenter de l’étroitesse d’esprit de certains, cumulée à une incapacité de ma part à être violent dans une discussion, une propension naturelle à la fuite, à l’abandon face aux obtus. C’est bien triste tiens…

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