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Karatzas, Lie et Hardy

Il y a des moments ou mon interet pour certaines choses semblent etre partagees par le monde entier, le monde entier pourvoyant a mon insatiable besoin de reponses en me donnant des references.

Lorsque samedi soir, d’une maniere fort peu subtile j’ecoutais au premier degre la maniere dont j’etais presente – Celui qui fait des maths – si succintement par opposition a mes amis des humanites, non pas tant parce que je n’ai pas encore choisi de domaine specifique (j’etudierais la classification des algrebes de Lie semi-simple de dimension inferieure ou egale a 28 que la facon de me presenter ne changerait pas des masses) mais davantage parce que les mathematiques semblent aux yeux du monde une justification plus suffisante que d’etudier la civilisation americaine, vision que je suis bien loin de partager, peut-etre parce que la justification de mon travail est tout de meme fort abstraite (pour ne pas evoquer sa probable inexistence) et que le fait que je sois dans ma propre position aide surement a m’en rendre compte.

Ces deux derniers jours, j’ai essaye de faire comprendre aux gens autour de moi pourquoi je trouvais etonnant que l’enonce de l’article que je dois ecrire pour mon cours traitant des algebres de Lie (et qui est exactement ce que j’ai ecrit dans la premiere parenthese du second paragraphe) contienne le chiffre 28, en n’entrant evidemment dans aucun detail relatif aux algebres de Lie elles-memes, ce qui aurait ete absolument non passionant pour les non-mathematiciens qui m’entourent. Pour finalement decouvrir que mon coloc avait “oublie” que p/q = p * 1/q.

Entrecoupe par la lecture d’un petit essai de Hardy, A Mathematician’s Apology, traitant de ce que sont les maths de maniere comprehensible par le comment des mortels sans jamais faire de maths, mon travail a la bibliotheque s’est poursuivi au sixieme etage du Mathematics Hall, en compagnie d’un autre etudiant, deux heures et demie a chercher pourquoi precisement 28 et en quoi cela nous aidait et surtout, nous permettait d’exprimer notre creativite dans cet article sans recopier textuellement le livre. Nous avons finalement trouve. Et mon questionnement chronique sur mon choix ultime entre une vie d’economiste frique et celle de mathematicien fauche a trouve l’habituelle (en ces circonstances) temporaire reponse, celle menant a une vie certes peu frivole a priori (il est d’ailleurs amusant de remarquer que ce sont ceux qui seront riches qui depensent le moins, par comparaison avec ceux qui ne le seront pas et qui depensent sans compter (litteralement sans compter)), mais plus epanouissante a premiere vue.

Il ne me reste plus qu’a ecrire cet article (On the Classification of Semi-Simple Lie Algebras of Dimension Less or Equal than 28), a reviser pour Analysis&Probability (Karatzas is the Greek God of Mathematics and the world should know it) et a faire mes exercices de Topologie Algebrique (j’en ai parle dans un article precedent). Apres ca, ce sera les vacances de Noel et je serais content de revoir ma maman. (and I don’t mean Juliette).

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