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Week-end prolongé

Je suis dans le RER, un peu fatigué par cette journée studieuse à la bibliothèque de Jussieu. Je reviens du Rêve de Cassandre le dernier Woody Allen, dramatique dans le même ton que Match Point mais finalement moins immoral. Je pense que je manque d’un peu trop de passion pour être un bon personnage de l’histoire de ma vie. Je débranche les écouteurs de mes oreilles et pour la première fois depuis longtemps, j’attends dans le silence que mon train arrive sur le quai de la Défense. Je ne suis pas pressé parce qu’à la maison personne ne m’attend. Il y a bien ma soeur, mais ces jours-ci nous cohabitons pacifiquement dans les soixante-quinze mètres carré, devenus soudain immenses, de l’appartement.

Ma soeur est partie se coucher. Dans le salon, le calme est troublé uniquement par les miaulements sporadiques des chats qui se frottent l’un à l’autre, comme s’ils dansaient la valse. Les lumières sont encore allumées car elles ne dérangent personne. Je débranche les écouteurs de mes oreilles pour profiter des bruits du dehors, la fenêtre est ouverte puisque personne n’a froid. Je vais chercher une bouteille d’eau dans la cuisine sans prêter attention au bruit que je fais, il n’y a personne à réveiller.

Quelquepart au milieu de la Méditerranée, le soleil enveloppe la Comtesse endormie sur le pont en teck. Les drisses frappent le mat de manière irrégulière. Autour de nous tout est bleu à perte de vue, le ciel ciel, la mer marine. Je profite encore quelques instants de la brise légère puis je retourne dans la fraîcheur climatisée de la cabine pour y continuer mon travail.

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