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Toltèquisme

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Le dimanche est probablement le jour le plus ennuyeux de la semaine, en particulier quand le temps est gris. Allongé pendant vingt-sept heures par intermittence sur mon lit, j’erre sans but. La semaine dernière, je suis sorti pour aller errer sans but dans le Parc de Saint Cloud. Le temps était pire (pire ?) puisqu’il pleuvait. J’ai pris des photos que j’ai effacées le lendemain, pour les remplacer par d’autres : la nouvelle passerelle en bois qui ne mène nulle part derrière la Grande Arche de la Défense, les HLM à l’allure d’hôtel Disneyland Resort qui bordent le parc/cimetière surpomblé par ladite passerelle. Il s’est ensuite mis à pleuvoir et je suis allé voir L’Orphelinat avec Pauline.

Je n’ai aucun souvenir des évènements qui ont eu lieu entre le moment où je suis sorti du cinéma pour rentrer chez moi à pied, traversant St Cloud dans sa longueur, et le moment où j’ai retrouvé Clothilde hier sur le quai de la gare et inopinément décidé d’aller voir un film dont je n’avais pas entendu parler.

Je suis un des rares “mathématiciens” à penser qu’il n’est pas forcément recommandé de parler de mathématiques théoriques, de physique quantique, d’Heisenberg, Gödel ou Schrödinger au commun innumerate des mortels pour la simple et bonne raison que la probabilité qu’ils ne trouvent pas ça mortellement ennuyeux est majorée par tout epsilon strictement positif. En d’autre termes, ils vont dormir du sommeil du bienheureux. C’est donc un peu gêné que j’ai assisté aux passages didactiques sur tous ces sujets disséminées ça et là dans Meurtres à Oxford, le film que je suis allé voir avec Clothilde. Au crédit du film, tout ce qui est dit est vrai (bien que relativement basique), jusqu’à la “clé” du Théorème de Fermat (une relation entre les courbes elliptiques et les formes modulaires) que l’un des personnages (un russe illuminé… un Perelman jeune ?) affirme s’être fait volée par un certain “Pr Wilkins”, sosie éloigné d’Andrew Wiles. Le film est globalement mauvais (« Soit tu as adoré soit tu as détesté » m’a demandé Clothilde à la sortie de la salle) si ce n’était la conclusion très bien trouvée et qui reprend l’idée exposée dès les premières secondes que toute suite de nombres admet une infinité de continuités logiques, certaines simples, d’autres inconsidérément complexes. Si je dis 3, 5, 7… alors le terme suivant peut-être 9, ou 11, ou 4071. Selon que l’on considère la suite des impairs, des premiers ou bien… je laisse le soin à votre imagination de deviner quel terme suivrait 4071. Heureusement que j’ai dit plus haut que je ne recommandais pas de parler de maths à ceux extérieurs à la secte.

La suite c’est un festival de gourmandises et de madeleines sans bosses (mais néanmoins goûtues), de danse (ahem) et de salades débitées à vitesse accélérées interrompues par la nécessité d’attraper un RER avant qu’il n’y en ait plus.

Mais demain, lorsqu’il s’agira d’aller déjeuner, je ne pourrais raconter rien de tout cela à personne. Et mes journées ne seront pas remplis d’épisodes suffisament excitants pour que je les relate à quiconque, pas même suffisament excitants pour que je m’en souvienne seulement le week-end prochain. Travailler à plein temps, c’est un peu la mort de l’âme.

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One thought on “Toltèquisme

  1. Vu que c’était dimanche et que, comme tu le sais et le dis si bien, il n’y a jamais rien à faire, j’ai été m’acheter un rhume sur le parking du Carrefour. Merci pour le tuyau, la brume est revenue.

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