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Chapitre 5 (alternatif)

L’énorme dirigeable de British Airways percuta l’Empire State Building juste avant l’heure de l’apéritif. Trente ans après, les gens avaient toujours à l’esprit les attaques du World Trade Center et ses images qui avaient bercé notre enfance. Les charters Boeing terminant leur course en une boule de feu rougeoyante à quatre cents mètres au-dessus du sol, les nuées de poussière remontant Broadway à la vitesse d’un cheval au galop et puis l’effondrement. CBS fut la première à interrompre sa rediffusion de Seinfeld pour couvrir l’évènement. Mais la vérité, c’est que tout cela n’avait absolument rien de spectaculaire. Le dirigeable transitait à vide de Newark à l’aire d’ammarage de Flushing Meadow et les deux pilotes avaient pu déclencher leur parachute avant le crash. L’Empire State Building ne déplorait que trois baies vitrées fêlées et rien ne permettait de prouver que la collision en était responsable. Le ballon avait choisi de délicatement éviter la foule de la trente-quatrième rue pour s’abîmer dans la trente-troisième, ses seules victimes les immenses tas de sacs poubelles déposés là pour la collecte du jeudi.

Je devais rejoindre la Duchesse un peu plus tard dans la soirée pour lui servir de secrétaire pendant un repas d’affaire. Je n’avais absolument aucune compétence en temps que secrétaire, à peine capable de taper avec davantage que mes deux index, mais la Duchesse avait estimé que je pourrais trouver un intérêt aux tractations qu’elle comptait mener.

New-York et Paris étaient villes jumelées depuis près de dix ans maintenant. La première avait déclaré son indépendance quelques années avant la seconde, mais à Paris tout le monde clamait qu’ils étaient les premiers, que la Ville Qui Ne Dort Jamais s’était inspirée de la Ville Lumière. Londres avait fait partie du lot, c’est de là qu’était partie cette idée de créer une nouvelle caste de nobles : Électeurs, Ducs et Marquis avaient été nommé pour diriger la Triade. Mais Londres s’était effondré. Et Paris en prenait le chemin. De l’autre côté de l’Atlantique cependant, les choses se poursuivaient comme si l’or noir n’avait jamais cessé d’exister. Les taxis envahissaient toujours les rues, les boutiques étaient achalandées et les immeubles entretenus, enfin, aussi bien qu’ils l’aient été par le passé.

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