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Manhattan

Les gens du Queens sont les vrais new-yorkais, nés et élevés à New York.

Manhattan, c’est du cinéma, des décors (le Financial Disctrict, le Village, le Meatpacking, Park), des acteurs (les traders, les étudiants de NYU, les mannequins, les trophy wife et les vendeurs de hot dogs). Personne n’est né là. Personne ne semble avoir envie d’élever ses enfants dans l’enfer des taxis jaunes et du métro climatisé. Non, les Manhatanites préfèrent donner à leurs enfants le bon air de la campagne du Connecticut, dans une banlieue pavillonaire où la pelouse est bien tondue et la voiture brille le dimanche après-midi quand on l’a lavée. Ils font ça dans le Connecticut, ou à Staten Island aussi. Le drapeau américain fièrement planté près de la boîte aux lettres.

Le Queens, c’est un peu comme le Paris des Parisiens. Ceux qui ont grandit là, tutoient leur boulangère et supportent le PSG. Quand on leur demande d’où ils viennent, ils répondent pas “de New York”, ils disent “du Queens”. Les vrais héros new-yorkais, c’est de là qu’ils viennent, de Ugly Betty à Peter Parker/Spiderman.

Manhattan, c’est soixante (les seuls ?) kilomètres carrés de rêve américian. Là où tout est possible parce que pour le million et demi de gens qui y habitent, c’est déjà arrivé, ils l’ont vu donc ils y croient et ils sont prêts à vous aider. Il suffit de choisir son rôle, de trouver une opportunité de le jouer. La seule condition, c’est de devenir new-yorkais. C’est quelquechose que l’on fait par choix. Un peu comme une religion. On ne demande pas à un catholique pourquoi il est catholique, ni on ne cherche à trouver de critères qui puisse permettre de détecter objectivement un catholique. De même, on ne peut pas détecter un manhattanite sans lui poser directement la question. La différence avec la religion, c’est que dans la prochaine génération de manhatannites, plus de la moitié auront des parents qui ne l’étaient pas, ni n’en rêvait. On ne choisit pas d’être new-yorkais parce que l’on a été élevé pour, on le devient parce que l’on a été séduit personnellement.

Certains, certaines, ne sont pas séduits. Je veux bien essayer de les initier, mais je ne ferais pas d’efforts pour les convaincre. Parce qu’il y a des mauvais côtés dans Manhattan comme dans tout. Chacun n’accordent pas la même valeur aux choses. Je me fiche des rats et des ravets, des odeurs constantes de poubelles, des métros irréguliers dans les stations surchauffés, des 35 l’été et des -16 l’hiver. Je suis juste un acteur, dans un rôle, un personnage secondaire qui écrit son propre script sans changer (ni chercher à) le cours de l’histoire. Je fais avec ce qu’on me donner (une cave dans Harlem ? je prends !) et je me demande comment en tirer le meilleur partie plutôt que de chercher à expliquer rationnellement pourquoi tout aurait se passer différement. Trop de gens font ça : pourquoi est-ce que mon ex n’aurait pas dû me larguer, pourquoi mes parents auraient dû me donner de l’argent, pourquoi les gens n’auraient pas dû voter Sarkozy… well, guess what, this didn’t happen, REALITY happened…

Ça ne veut pas dire qu’il faut abandonner ses racines. Quand Vito Corleone prend le contrôle de la mafia New Yorkaise, à aucun moment il n’oublie qu’il est sicilien. Aucun des marchands de Chinatown n’a oublié qu’il était chinois. Et les français de Manhattan, personne ne remet en doute leur origine. C’est ça être acteur, c’est apporter son expérience à un rôle. Mais c’est bien le rôle le plus important, mafieu, marchand de breloque ou restaurateur.

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3 thoughts on “Manhattan

  1. N. says:

    Hum, à force de parler anglais tu perds ton français :

    « Ceux qui ont grandit là, tutoieNT leur boulangère et supportent le PSG. »
    « pourquoi tout aurait d^U se passer différement. » (la faute est répétée de nombreuses fois après)

    À part ça, un jour, faudra vraiment que tu me fasses visiter…

  2. Ju says:

    Et tu ne mentionnes même pas les affreux anglicismes cachés un peu partout. Cela dit, le reste de mes posts est aussi bourré de faute de grammaire, de conjugaison et d’orthographe.

  3. N. says:

    Les anglicismes, je commence à ne plus pouvoir les discerner moi-même…

    En fait c’est juste le « ceux-là tutoie » qui a réveillé mon sens de l’orthographe. Ça m’a fait saigner des yeux.

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