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Babylon AD

Attention spoiler : la fille meurt à la fin en accouchant de jumeaux bioniques. Maintenant vous me détestez, mais au moins je suis sûr que vous n’irez pas voir Babylon AD. Parce que c’est pas nul, c’est pire.

Ça commence par Vin Diesel qui se réveille d’un mauvais rêve. Et comme les mauvais rêves ça donne faim, il enfile enfile trois ou quatre gilet pare-balles et un imper-poncho puis descend dans la rue au ralenti (une éternité, le temps de nous faire écouter un morceau de rap us en entier) pour aller s’acheter un lapin entier. Ouais, un lapin entier, parce qu’on est en nouvelle Serbie où les gens aiment tirer à la kalashnikov en l’air toute la journée sans raison et que là-bas, quand on est un homme, un vrai, au pti-dèj on bouffe des lapins entier. Que l’on prépare soit même avec des oignons et des tomates revenues dans de l’huile d’olive en regardant Google TV sur un écran plasma.

Alors voilà, Vin il est tranquille en train de manger, il demande rien à personne quand soudainement l’ampoule au-dessus de lui s’éteint. Vous, vous n’avez aucune idée de ce que cela signifie une ampoule qui s’éteint dans une vieille barre HLM en ruine, au mieux vous soupçonnez une coupure d’électricité (un abruti à kalashnikov a encore tiré sur le transformateur…) mais Vin lui, il est mercenaire de guerre. Il sait que quand une ampoule s’éteint, ça veut dire qu’un méchant s’apprête à rentrer chez vous, non pas par la porte comme tout le monde, mais en faisant exploser tout le mur qui sépare votre appartement du couloir (et qui, suite à ça, ne sépare plus rien du tout). Alors Vin, il se baisse. Note pour plus tard : pour survivre à une explosion il suffit de se baisser. Avant, après, pendant, ça n’a aucune importance, baissez-vous.

Après ça, Vin Diesel rencontre un Gérard Dipardiou parlant en anglais (vu en VO évidemment) avec un vague accent russe qui lui propose un deal : Je te file un demi-million pour amener une fille en Amérique et si tu refuses, je te pourris la vie avec mon tank blindé dont les murs sont recouverts d’écrans plasma. Vin, il dit ok. Là, j’ai dû m’assoupir un moment parce que dans le plan suivant Vin Diesel est dans une voiture suspendue à un hélicoptère, et il ne peut pas allumer sa clope parce que son briquet est vide et que quelqu’un a chourré l’allume-cigare. Mais pas l’auto-radiovidéo. Ces voleurs sont vraiment stupides.

Il atterit devant la résidence du Cheikh Bab El Ehr qui, depuis l’époque de Tintin, a été investie par l’Église Noélite. Il y récupère Michelle Todt (plus connue sous le nom de Michelle Yeoh la-femme-de-Jean-Todt-ah-bon-il-est-marié-avec-elle-?) et une fille aux yeux bleus que nous appelerons “la fille qui accouche des jumeaux bioniques à la fin” ou plus simplemenent “la fille”. Ils partent en voiture, traversent les plaines de Sibérie, la taïga, les plaines de Sibérie, la taïga, les plaines de Sibérie, la taïga. Ils parviennent à une gare (oui) où les écrans géant diffusent Coup de Foudre à Bollywood (si si), ils se baissent pour survivre à une explosion (quand je vous disais qu’il fallait vous baisser !), train dont la voie fait un détour exprès pour passer au-dessus du cratère causé par l’explosion d’une centrale nucléaire. Heureusement, le train est muni de vitres spéciales anti-radiation (communément appelée “plaques de fer”). Et comme c’est bien connu que la lumière ultra-violette ça protège des radiations, bah, la lumière dans les wagons change immédiatement. Comme ça on peut voir que la fille a les dents blanches.

Le camps de réfugié où nos trois comparses atterrissent est une boîte de nuit géante où sont organisés des combats. Vin Diesel y retrouve une vieille connaissance en qui il n’a pas confiance, et pous cause, ce type va essayer de tuer Michelle Yeoh plus tard dans le film. Mais Vin Diesel il le sait déjà. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il s’apprête à infliger au spectateur une baston non seulement trop longue, mais en plus extrêmement mal filmée contre, successivement, des Yamakasis du futur et une grosse brute épaisse, qu’il tue, ce qui contrarie beaucoup la fille aux yeux bleus, qui décide de s’enfuir avec les Yamakasis. Ah non en fait, c’était juste pour meubler deux minutes de film, elle revient dans les bras de Vin Diesel. Et le lendemain, ils prennent un sous-marin russe avec d’autre clandestins, direction l’Alaska.

Pour une raison que tout le monde ignore, une petite zone au large du Canada est surveillée par des drones de combats qui tuent des ours polaires (probablement des “clones de seconde génération”, je vous ai parlé des tigres à la gare plus haut ? ah non, parce que ça n’avait aucun intérêt). Alors ils se battent en moto-neige contre les drônes, un type essaie de tuer Michelle Yeoh, le type se fait tuer, Vin Diesel est blessé, Vin Diesel passe la soirée dehors, à regarder une aurore boréale, il fait -15° dehors, mais Vin Diesel il a pas froid parce que c’est un homme, la fille le rejoint et elle a pas froid non plus parce que les jumeaux bioniques dans son ventre la protège. Notez que pour le moment, personne ne sait encore qu’elle a des jumeaux bioniques dans le placard, Vin Diesel pense juste qu’elle est porteuse d’un virus bactériologique destiné à anihiler New York. Quel idiot !

A ce moment du film, Luc Besson Matthieu Kassowitz s’est rendu compte qu’il avait déjà dépensé près d’une heure et dix minutes en trucs sans intérêts, alors pour accélérer l’action, il fait voyager tout le monde sur Coca Cola Zéro Airways (si si, en vrai !) direction The Big Apple relooké façon Blade Runner, l’inventivité en moins. Dans la location qui les attend, un médecin vient leur rendre visite et annonce enfin à tout le monde que la fille a des jumeaux. Tout le monde rit un bon coup à l’idée que Vin Diesel ait pu croire une seule seconde que les Scientologues Noélites puissent vouloir détruire le monde. Ah Ah. Une fois le quota de ligne de dialogue remplit, une nouvelle baston éclate, pour des raisons qui m’échappent maintenant, je ne prêtais plus aucune attention aux détails, je n’avais qu’une envie : que ce film se termine, et vite. Michelle Yeoh meurt, le médecin meurt, la fille tue Vin Diesel.

Ouais ! Victoire ! Vin Diesel est mort, c’est la fi… ah non. Le voilà ressuscité par le père bionique de la fille. Je vous épargne les explications sans intérêt sur les jumeaux bioniques, l’Eglise Noélite, la Vierge Marie, la conjoncture économique mondiale, c’est surement dans le bouquin, heureusement que je l’ai lu sinon j’aurais pu trouver un intérêt à tout ce fatras de machins. Ouais, carrément, de machins. Je vois pas d’autre mot valable. Il s’est surement passé des trucs hyper importants entre ça et le moment où la fille meurt en accouchant des jumeaux bioniques qui vont sauver le monde de la tyrannie et de l’oppression pendant que Vin Diesel porte un polo (quand Vin Diesel porte un polo, c’est une action en soi), genre, des scènes avec Charlotte Rampling ou sa jumelle botoxlifté.

Ouf. Enfin. Fini. Les gens autour de moi soupirent de soulagement et sortent rapidement de la salle. C’était bien mauvais. L’histoire n’avait aucun intérêt si ce n’est la justification tradive, les effets spéciaux n’avaient aucun intérêt, Vin Diesel a une seule expression, quant à la fille on veut sûrement nous la montrer comme une icône de pureté et d’innocence, mais à force de nous la montrer plus blanche que blanche, elle en devient transparente. Je cherche un point positif pour sauver ce film mais non, je ne vois pas. Rien.

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