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Tyra Banks should wear DRM so I could not listen to her

On pourrait m’accuser de ne poster que des images en ce moment.

girlfriendexperience

J’ai lu l’autre jour que Last.fm allait faire payer les français (et le reste du monde à l’exception notable des américains, des anglais et des allemands) pour écouter les flux musicaux. Le même article disait que cela n’était que motivation supplémentaire à investir dans un serveur VPNisé hébergé dans un pays libre.

Dans le cas de Last.fm, cependant, je serais tout à fait disposer à mettre trois euros mensuels pour continuer à écouter de la musique sur mon trajet St Lazare – Le Bureau les jours où il fait beau et où le soleil réchauffe mon dos. Qu’on ne se méprenne pas, je suis toujours réticent, pur produit de ma génération de sales consommateurs, à effectivement payer pour de la musique (et par extension, pour n’importe quel bien immatériel, incluant, mais non limité à : musique, film, série télévisé, programme informatique…).

Mais dans le cas de Last.fm, ces trois euros que je suis prêt à verser, je ne les envisage pas comme un paiement pour la musique que j’écoute mais bien pour le service que me fournit le site. Que mon argent serve effectivement à payer les artistes ne m’interesse pas. Une fois que l’argent a quitté mon porte-monnaie, je ne peux pas maîtriser son utilisation (qu’il soit destiné à sauver la famine dans les pays développé ou à renflouer les stocks de cocaïnes des développeurs de Last.fm), donc je ne m’en préoccupe pas. Ce qui m’interesse, c’est le service.

Le service de Last.fm, c’est de me proposer des morceaux que je connais ou ne connais pas (avec une préférence pour ces derniers) en fonctions de l’appréciation que j’ai porté aux précédents. L’algorithme qui fait ça est fort complexe (c’est mon job le jour d’essayer de faire la même chose (quand je ne fais pas autre chose)) et est manifestement bon puisque je n’ai jamais eu à me plaindre (sauf une fois où il m’a balancé Lady Gaga dans les oreilles, je lui ai dis “oh oh, on arrête tout de suite mon coco”. A sa décharge, j’avais commencé en suggérant comme titre de départ Overprotected de Britney Spears).

C’est un peu comme d’aller dans un bon restaurant dans un monde où l’on a enfin percé le mystère de la multiplication des pains. On paie pour un bon repas où un être humain vous propose les spécialités et concocte un menu alléchant, mais chez soi, on a toujours un vieux crouton prêt à être multiplié gratuitement si un petit creux survient. Genre, on va payer pour épancher ses petits creux. Ce serait ridicule non ?

Deezer, c’est exactement ce petit creux. Si demain Deezer me demande de payer un seul centime pour écouter de la musique, je cesserai d’y mettre les pieds. Sachant que j’y mets déjà extrêmement rarement les pieds à la base. Dans ce cas là, pourquoi pas acheter des chansons sur iTunes tant qu’on y est…

La même chose est valable pour les films. J’ai pris mon abonnement Illimité parce que j’aime être assis dans une salle obscure sur un fauteil plus ou moins confortable avec un grand écran au-dessus de moi et des gens autour. Pas pour rémunérer les acteurs et les réalisateurs.

Si j’étais invité chez Tyra Banks sur ce sujet, je suis sûr que je me ferais insulter par Michel Blanc (qui essaierait de me voler un fromage) ou Tyra elle même qui essaierait de chercher en moi la raison profonde pour laquelle je refuse de donner de l’argent contre un disque (probablement parce que j’ai été abusé sexuellement par une platine de vinyle dans mon enfance). Et Doctor Drew me dirait que mon désir de vol est une addiction malsaine qui nuit à mon bon développement moral. Une chance.

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