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An offer you cannot refuse

L’autre jour, j’étais invité à la crémaillère de Juliette, une demi-demi-douzaine de mois après son emménagement avec son compagnon d’infortune dans la vie. La soirée s’est éternisée, elle était littéralement infinie, sans fin, et alors que le soleil faisait mine à l’horizon de faire lui-même mine de se lever, on a terminé les deux heures précédentes de blind-test musical par une tournée des six convives restants sur le thème : ta chanson préférée de tous les temps. J’ai choisi dans ma tête “You can’t always get what you want” des Stones. J’ai un peu hésité avant avec “Sympathy for the devil” parce que je l’aime bien aussi, mais la première résonne beaucoup plus souvent dans mon esprit. Puis à peine le macbook pro de Martin avait-il quitté les mains de John (oui, je vais à des soirées où y a des John) que la règle a changé et s’est transformée en “ta chanson française préférée de tous les temps”. J’était bien embêté parce que je ne suis pas très bon en chanson française d’une part et aussi parce que j’aime autant Brassens que Michael Jackson. C’est à dire pas trop trop. Alors j’ai passé La Fidélité de Miossec parce que j’aime énormément cette chanson. Que tu peux écouter pendant que tu lis la suite si tu veux. Et personne ne m’a jeté de cailloux (ouf).

On m’a refilé un questionnaire (Imtherookie pour être précis) et je me sens un peu dans la même position que l’autre jour. Il a cité Godard et Woody Allen. Je peux dire quoi maintenant ? Alors je vais faire pareil que l’autre, je vais assumer mon moi et répondre aux questions sans penser à la pression :

Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?
Mes parents ne m’ont jamais interdit de regarder quoi que ce soit. Non recomandé parfois, et j’ai souvenir que, le dimanche soir, lorsque le Télérama recommandait une interdiction aux moins de 12 ans, ma mère demandait toujours “c’est parce que c’est violent ou c’est parce que y a du cul ?”. Si c’était à cause du cul, ça passait, on regardait ça en famille.
Quand c’était de la violence, ma mère me cachait les yeux au moment des scènes fatidiques. Mon plus clair souvenir, c’est pendant les Dents de la Mer. Une scène où quelqu’un se fait dévorer. Je n’ai revu ce film que 10 ans plus tard sans censure.

Une scène fétiche ou qui vous hante ?
Il y a la fusillade dans Heat. Il y a le générique de Manhattan. Il y a Travis Bickle devant son miroir. Ou encore l’ouverture de Sin City avec Josh Hartnett assassin gentleman. Et je vais fixer mon choix sur Michael Mann finalement pas sur Heat, mais sur la fusillade dans la boîte de nuit asiatique dans Collateral.

Vous dirigez un remake : lequel ?
Récemment, je ferais un remake de I am Legend. Mais en me basant sur le livre de Matheson, chef d’œuvre absolu de la science-fiction et du fantastique vampiresque (quelqu’un qui me dit qu’il est fan de trucs avec des vampires et qui n’a pas lu ça n’a que mon mépris (au moins)) plutôt que sur un un grand n’importe quoi basé sur la capacité de Will Smith à courir vite dans un New York en CGI.

Le film que vous avez le plus vu ?
Mullholland Drive, que je n’ai même pas vu au cinéma, mais une dizaine de fois en DVD, le premier DVD acheté pour notre platine, en combopack avec Les Autres de Amenébar. Le film que j’ai le plus vu mais presque jamais la fin : Jurassic Park : tous les ans pendant 6 ans à l’anniversaire de Daphné, l’après-midi se terminait par la cassette de ce film. Et chaque fois mes parents arrivaient à l’heure, donc pendant des années, j’ai vu et revu le début sans jamais voir la fin de ce film.

Qui ou qu’est-ce qui vous fait rire ?
Je ris 83% du temps. Pour tout et rien. Ça vaut aussi pour le temps passé en salle. Les 17% restant sont composés de Eric et Ramzy, d’humour physique et de fosse septique.

Votre vie devient un biopic…
Un film un peu chiant, une collaboration entre Woody Allen et Sofia Copola. Avec Josh Hartnett dans mon rôle. Et Claire Danes, Rachel Bilson, Kristen Bell, Ellen Page et Natalie Portman dans les rôles de mes (non-)conquêtes amoureuses ratées. Et à la fin je gagne la Médaille Fields.

Le cinéaste absolu ?
David Lynch. Je crois que Lynch est absolu parce qu’il fait du cinéma pour le film. La cohérence du récit est pas exactement sa préoccupation première, mais il le filme et ça marche.

Le film que vous êtes le seul à connaître ?
Brick un film de Rian Johnson avec Joseph-Gordon Lewitt, un parfait héritage des films noirs des années 50, une histoire à tiroir un peu compliquée, un héro qui pourrait porter un chapeau et une femme fatale (Nora Zehetner). Le tout dans l’univers d’une high-school américaine de l’Amérique du milieu de nulle part.

Une citation de dialogue que vous connaissez par cœur ?
« I love you, Pumpkin. » « I love you, Honey Bunny. » / « Everybody be cool this is a robbery ! » « Any of you fuckin’ pricks move and I’ll execute every motherfucking last one of you ! » Pulp Fiction, la scène d’ouverture, juste avant le générique.

L’acteur que vous auriez aimé être ?
Cary Grant. Ou Dean Martin. Ou Sean Connery.

Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C’était comment ?
J’aurais reçu ce questionnaire 12 heures plus tôt, j’aurais été obligé de répondre Twilight, avec une copine et 400 hystériques. Heureusement depuis mon œil a été lavé par In The Loop. Que j’ai vu seul. Et j’ai beaucoup ri.

Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?
Hypérion de Dan Simmons. À première vue, ça ressemblerait à une superproduction tout ce qu’il y a de plus classique dans la lignée de Star Wars et ses fils. Mais il faudrait au moins douze épisodes avec chacun son ambiance pour retranscrire l’entrelac de toutes les histoires. Et je pense qu’à l’écran ça perdrait toute sa portée parodique (mais pas drôle. Il y a un mot pour ça ?).

Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?
Quand les acteurs ont l’air de s’être amusés à faire le film mais que moi je suis en train de dormir. Quand il y a un message de solidarité envers les enfants noirs malades qui meurent de faim (mais par exemple j’adore The Constant Gardener). Globalement, je ne supporte pas quand je m’ennuie (par contre, je n’ai rien contre les films où je m’endors notament ceux de Lynch, ou par exemple Fay Grimm de Hal Hartley).

Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?
« Rosebud »

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7 thoughts on “An offer you cannot refuse

  1. Peach says:

    Alors je suis sûre que tu t’es restreint. Parce que tu n’as pas cité un seul truc honteux et que c’est pas possible dans la vie de ne pas avoir de goûts honteux. Je veux dire, on est tous fan au plus profond de nous de Richard Anthony ou de La Totale …

  2. Genre ta chanson préférée, c’est une des Stones? Te fous pas de nous, avoue que c’est “Oops, I did it again” !

    Et je suis au regret de te rappeler que c’est grâce à moi que tu as vu Brick et que par conséquent tu n’es pas le seul à connaître ce film…

    Pour la dernière question… je ne vois pas de meilleure réponse !

  3. ““Baby One More Time” est insurclassable.”

    Merci.

    Mais sinon, “You can’t always get what you want”, c’est vrai que c’est bien aussi.

  4. Paranoid & Blondie says:

    j’adore la façon dont tu écris. J’ai découvert le blog alors que je lisais Babylon babies ya deux mois et que je cherchais des infos on the web. Google citait ton article, j’ai cliqué, j’ai commencé à lire et là je me suis arreté, j’ai regardé mon voisin et j’ai crié “putain c’est excellent faut trop que je te lise!!” et j’ai lu à voix haute et je suis devenue addict de ta plume.. ou plutot de ton clavier.
    mon voisin ça lui a donné envie de voir le film, c’était pas ce que tu visais mais bon..

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