Uncategorized

Objectivité

Névrose réccurente de ce blog : l’absence toujours notable de bon site de review de films dans notre magnifique pays amateur de toiles éclairées.

C’est l’objectivité qui vous tue, je crois, vous autre rédacteurs de critiques de cinéma, et votre culture cinématographique qui étouffent vos tentatives désespérément ennuyeuses (j’ai failli me pendre d’ennui un peu plus tôt dans la soirée à la lecture d’une telle prose – ok, j’exagère un peu, Rob, on reste amis ?) de me donner envie de revenir vous lire. L’envie de voir le film, elle, est largement secondaire puisque je ne lis jamais aucune review avant de me rendre en salle.

La semaine dernière, en sortant d’un film d’animation avec un petit chat curieux (et surtout très gay), Klaims me rappelait l’existence de Peter Fondu, feu chroniqueur filmique de Ouï FM. C’est un excellent exemple parce qu’en plus de faire ses chroniques très souvent à la première personne, même quand ça n’était pas le cas, il faisait complètement transparaître sa subjectivité et son ressenti du film. Je crois que pendant toutes les années où je l’ai écouté chaque jour, je n’ai pas été une seule fois d’accord avec ce qu’il disait. Mais j’avais appris à connaître le personnage, à comprendre ce qu’il aimait ou pas, et, à partir d’un point de vue (le sien) à en construire un autre (le mien).

Faire une critique de ciné (ou de n’importe quoi en fait) objective, c’est finalement prémâcher le boulot au lecteur en contrant les propres travers que l’on connaît de soi. Mais c’est surtout cacher l’être humain qui a vu le film derrière une batterie de culture et un texte froid. Et je suis intimement persuadé que ça ne sert pas à grand-chose. Quand je demande à mes amis ce qu’ils ont pensé du film, je veux leur avis d’être humain, pas l’inepte description que l’on trouve sur allocine (et parodiée sur cinephl)(disclosure : c’est 50% de moi) qui, pour le coup, est objective… J’attends la même chose de mes reviewers favoris (ils n’existent pas). Même, je pense que c’est un peu malhonnête parce que c’est se cacher soi-même loin derrière le texte, fuir la critique personnelle : comment ne pas être totalement d’accord avec des faits ? On notera la tentative interessante des micro-critiques de Vodkaster (disclosure : je bosse pour eux), mais un assemblages de tweets, ça n’est pas une review hein.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que le très (ahem) scientifique classement wikio place le blog ci-dessus mentionné pour sa propension à provoquer l’ennui, en première position des blogs cinéma. Ça veut dire que ça plaît (ou alors c’est uniquement linké en mal ? je sais pas trop comment ça marche Wikio). Ça veut dire qu’une fois de plus, mon avis est largement minoritaire sur ce sujet également.

Je suis un incompris. Vraiment.

(la réponse de Rob/@toujoursraison mérite d’être lue ci-dessous dans les commentaires)

Standard
Uncategorized

La vraie

La vraie question que tout le monde se pose c’est… Non en fait, personne ne se pose vraiment de question, tout ce qu’on attend avec impatience c’est de savoir si on a gagné à l’Euromillions et si on va être obligé de se lever lundi matin pour aller bosser.

C’est vrai quoi, c’est tout ce qui compte, pouvoir se lever un petit peu plus tard que d’habitude, attendre que la fille de vos rêves (mais néanmoins hautement vénale) vous passe un coup de fil « Ah ouais, ça te dirait qu’on aille boire un verre et qu’on se marie ? » et ensuite partir faire du shopping, d’abord d’un jet privé, puis ensuite l’utiliser pour aller acheter des trucs futiles à New York et à Tokyo dans la même journée.

Prendre l’avion en permanence, comme George Clooney dans Up In The Air mais en couple.

D’ailleurs, il y a fort à parier que vous n’avez pas aimé Up In The Air, étouffé par le cynisme du personnage principal (dont je ne me rappelle plus le nom mais ça n’a pas grande importance, il est George Clooney). Je crois qu’on ne peut apprécier ce film que si l’on aime prendre l’avion, passer du temps dans les terminaux aéroportuaires et que l’on aime faire tout un tas de choses seuls. Comme aller au cinéma un samedi soir alors qu’autour de vous l’entièreté de la population frangée de la capitale est en chemin vers un bar branché et, plus tard, de retour des dits bars, complètement émêchée.
On m’a dit aussi que c’était un film réac alors que justement, je l’ai trouvé étonament libéral (ou alors liberal is the new reac ?). Évidemment que les personnages autour de Clooney sont de sales moralisateurs, mais vous êtes pour la plupart exactement comme eux, si l’un de vos amis (au hasard, moi) décidait de se comporter comme si rien dans la vie ne lui importait, vous seriez les premiers à lui dire qu’il se comporte comme un sale adolescent en pleine crise et à ajouter qu’il serait peut-être un peu plus adulte de se comporter de manière raisonable où l’on ne blesse pas les gens. Enfin, ça ce serait si vous étiez une fille. Un peu comme l’acolyte de Clooney, celle qui joue une fille de 16 ans un peu niaise dans Twilight. Pas la copine de Clooney, elle c’est celle qui vous fait croire qu’elle veut se marier avec vous, qu’elle vous comprend et à la fin elle vous backstab (mais en vrai, vous en êtes toujours amoureux, quoi que vous puissiez dire à tout le monde, “fake it ’til you make it” comme dirait Charlotte (les gens retrouvent leurs pseudos dans ce post)).
À la fin, le message qui m’est pavenu, à moi, c’est que s’il n’y a finalement qu’une seule personne qui puisse faire les bons choix pour soi, c’est bien soi-même. Que les conseils c’est cool, on peut les écouter, mais que chacun fait son choix et qu’il n’y a pas de jugement de valeur, que ce soit d’être seul dans les airs, être carriériste assumée, marié dans la routine, ou marié dans le mensonge. Et d’assumer les choix qu’on fait. Les malheurs n’arrivent que lorsqu’on cesse de les assumer, lorsqu’on croit que le couple est l’avenir, , qu’il est bon d’abandonner une opportunité professionelle pour un garçon ou que la routine est soudain une mauvaise chose.

Dans tous les cas Up In The Air vient s’ajouter à cette liste de films que je suis plus ou moins le seul à aimer (parfois Peach partage mes goûts, mais sur celui-là c’est un échec, je suis seul contre tous) au rang desquels on trouve entre autres Clones, 2012 et Mr Nobody (n’allez pas le voir si vous n’aimez pas K. Dick, vous allez détester).

En attendant, je vais continuer ma relation n’importe-quoi avec cette jeune fille dont je vais taire le nom, continuer d’accepter toutes les demandes en mariage que je recevrais sur mon twitter et mon formspring et surtout, je vais aller voir Brothers pour passer le temps d’ici l’annonce des résultats de l’Euromillions.

Standard