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Je suis couchée dans le lit d’Albert… (par annaminou)

Annaminou a 19 ans et elle passe son bac dans deux semaines. Ce matin, j’ai fait l’erreur de publier le texte qu’elle m’avait envoyé, brut, sans aucune suggestion ni correction : c’était une erreur de ma part, et je m’en excuse auprès d’elle.
Anna est finalement une fille comme les autres, à faire des conneries, à se laisser emporter par le tourment de la sociabilisation. Twitter est excellent pour ça, rencontrer des gens, lier des amitiés, des amourettes, des flirts, des relations professionelles. Ce que l’on peut reprocher à Anna, c’est sa naïveté. La facilité avec laquelle elle est parvenue à séduire toute la clique qu’elle mentionne dans ce post lui est monté à la tête. Mais je reste persuadé qu’elle reste une fille foncièrement honnête à défaut d’être parfaitement lucide sur ce qui lui arrive.
Ce genre d’écart, de n’importe quoi, tout le monde s’y est laissé emporter, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ça n’a pas vraiment d’importance. J’ai moi-même cédé à ce genre de pulsion de n’importe quoi, j’ai relaté ça à plusieurs reprise dans ces lignes, et en floodant vos timelines avec mes live-tweets de soirées. Sauf que mes soirées, mes coucheries ont eu lieu dans d’autres cercles que celui dans lequel je le raconte, alors je dérange beaucoup moins.
Si je publie Anna ici, c’est parce qu’elle n’a pas de blog et j’ai beaucoup de sympathie, teintée de fascination, à son égard. Je le fais parce que j’estime que son histoire telle qu’elle la voit elle-même mérite d’être lue, parce que, finalement, son point de vue compte aussi. Je ne juge pas ses agissements, j’essaie de saisir leur motivation.
Bonne lecture

Je suis couchée dans le lit d’Albert, repliée sur moi-même au maximum, j’ai chaud. Je ne suis qu’une grosse conne. N’importe qui serait déjà parti, se serait tiré en courant. Pourquoi je reste avec eux ? Pourquoi je n’ai pas des potes de mon âge ? Pourquoi je me suis inscrite sur ce site débile ? Pourquoi ? Je repense à tout ce qui s’est passé dans ma vie ces deux derniers mois : est-ce bien? est-ce mauvais ?

Je m’ennuyais. Il me fallait quelque chose. clic, clic clic, et je tombais sur ça ”Tlolotteur est une source d’abondante informations instantanée. Informez vous, Informez les autres. ça se passe comme ça”. Drôle de concept. Mais intéressant. Pour la première fois de ma vie je me retrouvais sur un réseau social, et voilà que j’étais seule devant mon machinchatte ou mon Strawberry pendant des heures par jour à raconter ma vie. Tout ce que je ressentais c’était un vide, une frustration, un manque, un besoin. Tlolloteur gâchait mes journées, pourrissait mes nuits, me tenant éveillés de longues heures abominable où j’aurai pu trouver un peu de répit. Je détestais ma vie.
Des jours passèrent, le nombre de tlotottos augmentaient un peu, je lisais leur vie. Je me noyais dans la foule. Et ces journalistes, ces hommes splendides, passionnés, aux talents exceptionnels. Je voulais être avec eux.

Je réussis par je ne sais quel moyen à tomber sur eux à la soirée Cerveau magazine à l’Austère club : Au moment où je commande à boire, Guillaume me montre deux mecs en rigolant, je me retourne et j’aperçois Fernand avec une blondasse pas terrible et Maurice qui me regarde de travers, mais bon il n’a aucune raison de m’en vouloir. Je m’approche d’eux, carrément :
”Je suis nanachatte, tu sais ? une tlototeuse.
– C’est dingue, je t’imaginais pas du tout comme ça, dit Fernant ivre mort
– Tu sais j’adore ce que tu fais, je peux dormir chez toi ?”

Mon corps tremblait comme jamais. Normalement je me serai précipité aux toilettes pour ne plus rougir mais l’alcool était là pour m’aider. Cette première soirée fut l’étincelle qui me mènerait à l’explosion. Ca y est je commençais à tomber amoureuse des tlotottos. Le lendemain, le surlendemain je me tenais au courant de tout, dans des bars, des boites, au coin des rues, j’y allais. Malheureusement je crois bien qu’il ne se passait pas grand chose dans ma tête. On me demandais l’heure ? je donnais l’heure. Un café ? J’apportais le café. Un coup ? suffisait de demander. Puis des tlotottos fusaient de toute part, et venaient dire bonjour.

Et puis un soir , je rencontre Albert qui m’avait demandé de venir. Il m’attendait devant le numéro 28, il me plaisait encore moins que les autres avec sa grosse mèche noire sur le front. Il m’attrape, je monte chez lui. Nous avons passé la soirée un peu n’importe comment. Je lui appartenais déjà.
Réellement je crois qu’il se fichait de moi, mais c’était difficile de savoir ce que le ton de ce garçon pouvait vouloir dire. J’avais tout de même déjà embrassé Fernand, Maurice, Guy et Roger
La bande était là, derrière moi. Ils étaient partout, ils voyaient tout, entendaient tout et savaient tout. Maintenant, il fallait faire attention à ce que je faisais.

J’étais complètement perdue, alors j’ai laissé tomber Albert. Et puis je me suis rendu compte qu’on commençait à se moquer de moi sur Tloloteur par des petites phrases par ci, par là… Je ne disait rien parce qu’apparemment je faisais “le buzz”.
Et puis ce soir là, pastis dans le sang pris au Véhicule et à l’Austère Club, je ne me souviens DE RIEN, je n’étais pas bien fière, l’alcool ne me réussit pas.

Je suis maintenant quelqu’un sur Tlottoteur. Mais ça ne me suffit pas, j’en veux toujours plus.
Et je me rappelle les conseils de François-Luc : ce n’est pas le moment de foutre en l’air la pauvre réputation virtuelle que j’ai réussis à me faire…

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Ton interprétation m’emmerde

Alors pour tout te dire, je suis pas exactement certain qu’écrire un post sur mon blog là tout de suite soit la meilleure idée de l’année. Mais c’est un peu comme les textos que tu envoies à ton ex à 3h du matin après avoir bu vingt-et-un shots de vodka, tu sais que tu vas regretter et que demain des gens vont venir te dire “ah ouais j’ai vu ton post, il est un peu agressif, tu penses vraiment tout ce que tu écris ? Je pense pas, je pense que tu te donnes un personnage et qu’en vrai t’es différent” (MERCI CAPTAIN OBVIOUS !), mais comme tu es complètement désinhibé tu le fais quand même. Dans le rôle de l’alcool, now introducing : la fatigue.

Je suis en train de faire cuire du riz que je vais manger avec du gruyère et du jambon avant d’aller voir Iron Man 2 mais avant ça je voulais dire que les interprétations de faits à visée globale, ça m’ennuie prodigieusement. Je te donne un exemple concret et ridicule pour que tu sentes bien la teneur de mon propos :
Imaginons une fille, on va l’appeler Marjorie (c’est nul comme prénom Marjorie, désolé si c’est le tien). Alors Marjorie, tu la connais pas trop, y a plein d’autres gens autour, des amis à toi, à elle, des inconnus. Et là, Marjorie (tu sais pas encore qu’elle s’appelle Marjorie sinon t’aurais capté tout de suite), elle regarde la foule et elle te dit (texto) : “Ma pote Virginie là-bas, c’est une scorpion, putain qu’est-ce qu’elle est relou !”. Normalement, à ce stade de la conversation, soit Marjorie est moche et tu lui réponds “ah…” et tu continues à siroter ton Coca (t’as arrêté l’alcool, ça fait neuf jours, t’aimerai bien dépasser onze, ton record), soit Marjorie est bonne et tu lui dit “ah ouais, grave, les scorpions, c’est tous des chieurs, d’ailleurs ma soeur est scorpion, la preuve quoi ?! “.
Voilà, tu viens de cautionner l’interprétation à visée globale que Marjorie a cru bon d’ajouter à son propos (‘sa pote a pas voulu l’accompagner aux toilettes’) pour essayer (vainement) de le transformer en argument d’autorité et en une vérité générale (‘les scorpions sont chiants’).
La vérité, c’est que déjà, le propos de départ de Marjorie est nul, mais au final, on s’en fout, elle a un sentiment à évacuer, elle veut pas se fâcher avec Virginie (c’est elle qui la ramène en voiture après) et comme elle t’a trouvé un peu mignon et esseulé (c’est un euphémisme pour “pathétique”, rappelle toi que t’es en train de boire un Coca) au bar, elle est venue engager la conversation (elle sait pas encore que tu n’as pas le permis et que tu ne pourras pas la ramener chez elle tout à l’heure)(elle n’a aucune intention de coucher avec toi ce soir, elle a ses règles). Mais en plus d’avoir un propos nul, elle lui enlève tout l’intérêt de l’expérience vécue (tu peux transformer toute expérience en anecdote un peu drôle/ridicule/absurde) en l’emmaillotant dans un linge amidonné qui ne sent même pas bon la lessive. Parce que sois un peu honnête : déjà l’histoire de Virginie, ça t’intéresse pas des masses, mais alors une interprétation sur les scorpions, c’est franchement la dernière de tes préoccupations. À choisir, tu préfèrerai sûrement assister à un concert de Garou.

Sinon, mon voyage à New York c’était cool, forcément, parce que le simple fait d’être là-bas m’emplit d’une joie immense. Un jour je t’expliquerai pourquoi (rapport à ma vie que j’ai pu contruire là-bas par morceaux toussa) mais pour te donner une idée, pour moi c’est l’équivalent de quand tu rentres à Amiens voir tes parents et tes sœurs que tu n’as pas vu depuis longtemps et que tu es ressourcé par l’énergie qu’ils te transmettent, que c’est tranquille, tu fais rien que siroter du Coca au bord de la piscine et des fois tu prends ta voiture pour aller traîner au bord de l’étang avec un vieux pote que tu connais depuis le collège. Et même si ta mère est reloue, ça te gâche pas vraiment le plaisir, t’es vraiment content d’être là. Voilà, t’as saisi le truc.

Note finale : y a la très chouette Agathe qui vient à Paris le 22 Mai prochain alors si tu as envie de la rencontrer et que tu n’as pas peur que je (j’ai été désigné à la tête du comité des fêtes) te dises “non, pas toi” parce qu’au fond, je pense que tu es un/e sale con/ne, tu envoies V0DKA-CARAMEL au 61212 et on s’arrange.

Bisous,
Ju/

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