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Épuration

En 2001, je ne sais plus si j’étais en seconde ou en première, je participais au Prix Goncourt des Lycéens. Nous avions fait la rencontre de l’une des auteurs de la compétition (qui allait gagner d’ailleurs), Shan Sa, au Triangle, à Rennes.

La jeune femme, très mignonne à l’époque, s’était installée derrière les grandes tables en bois pour répondre à nos question naïves de lycéens. Je ne me rappelle de rien, pas même de la teneur du roman, La joueuse de go, sinon d’un point de détail de sa démarche littéraire.

Son roman était originellement deux fois plus épais, nous a-t-elle raconté, verbeux et plein de circonvolutions, chaque substantif accompagné d’un, deux, voire trois adjectifs et de quelques subordonnées. Quelqu’un avait émis l’hypothèse que cette surcharge provenait peut-être du chinois, sa langue maternelle. Elle nous a confié avoir eu la nausée face à cette surcharge et que, pour la réécriture de son roman, elle s’était imposé une discipline d’une rigueur absolue : les subordonnés n’étaient, dans cette version, plus qu’exceptionellement tolérée, les adjectifs tous êtres justifiés, les phrases aller à l’essentiel. Épuisant, avait-elle conclu. Mais satisfaisant.

Wikipédia m’apprend que nous nous sommes tous levés pour lui répondre “Vive Shan Sa !”, évidemment, je ne m’en rappelle pas.

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One thought on “Épuration

  1. Ah, mais je me souviens du Goncourt des Lycéens.

    C’était en seconde ou en première, il y avait Beigbeder (99 F), Amélie Nothomb (Méthaphysique des tubes), Yann Moix (Anissa Corto), Marie Nimier (la nouvelle pornographie) et d’autres bouquins.

    Les filles s’étaient jetées sur Nothomb et les mecs qui n’aimaient pas lire sur “la nouvelle pornographie” (à cause du titre, lol).

    On était allé dans je ne sais plus quelle ville, Amélie Nothomb avait dit qu’elle mangeait des fruits pourris, Marie Nimier qu’il fallait lire un livre deux fois de suite parce que c’était fantastique et Beigbeder n’était pas là.

    Je ne me souviens plus de l’auteur du Goncourt mais le bouquin parlait de la guerre au Sierra Leone. Il était chiant, je ne l’ai jamais fini.

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