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Paradigme

Il y a un moment où ma pensée a fourché, influencé par les gens qui m’entourent probablement un peu, mais je m’en voudrais de leur rejeter une quelconque faute, un moment où j’ai changé de paradigme amoureux.

Il y a un truc qui n’a pas changé par contre c’est la manière dont les choses se déroulent.

1. Je dépense une somme folle dans de nouvelles fringues et/ou un accessoire dispensable (console, guitare, vélo, …)
2. On me quitte (ou je quitte)
3. Je démissionne
4. Je trouve une nouvelle copine.
5. Je m’installe dans un nouveau boulot.

J’aimerai bien trouver un nouveau job avant de démissioner par contre.

J’ai grandi dans l’idée que le Couple était la meilleure chose de la Vie. Qu’un Couple devait être motivé par un amour puissant, une passion, que j’allais rencontrer une fille, qu’il n’y en avait qu’Une et que ce serait la Bonne. J’ai été un peu déçu tu vois, parce que c’est pas vraiment comme ça, en fait. Note que j’ai toujours cette conception du travail, que c’est un pan de ma vie qui doit me permettre d’exprimer mes connaissances et mon semblant de créativité (ou ce que moi j’appelle créativité), pas simplement un mauvais moment à passer, huit heures par jour, qu’il faut accomplir en tâchant de ne pas y penser.

J’ai été un peu déçu donc, normal, mais je suis un pragmatique fougueux, je me joue des contrariétés, j’accepte la réalité des choses, j’agis en conséquence, immédiatement et profondément. J’ai pris ma conception à revers et j’ai décidé de ne plus tenir compte d’un quelconque Amour, de ne plus séduire que des filles jolies, intelligentes et drôle, en fonction d’une échelle objective de valeur allant de 3 à 15. Je n’aimerai pas dire que j’ai décidé de “faire semblant” de les aimer parce que ce serait à coup sûr mal perçu, comme si la réalité de l’amour était quelquechose sur lequel il ne fallait pas tricher, qu’il fallait absolument, tout le temps et sans défaut “être soi-même” . Je m’en moque moi. Je me fiche que l’amour qu’on me porte soit un semblant, pourvu que ce soit de la bonne fiction.

Cependant, au fond, il me reste un peu du petit garçon rêveur. Et quand il se réveille en plein milieu de la nuit en criant dans mon oreille interne “Julien, mais que fais-tu là malheureux, l’Aimes-tu ?”, je lui dis “ta gueule” mais son cri résonne en moi, me fait douter de ma capacité à continuer à faire de la bonne fiction face aux cheveux qui dorment à côté de moi lorsqu’ils seront eux-mêmes réveillés. Alors je passe quelques jours assez désagréable à me dire que j’ai été un sacré connard de mentir aussi longtemps à cette fille si parfaite sur l’échelle de 3 à 15, jours qui se soldent toujours par une rupture, franche ou passive aggressive quand mon taux de lâcheté est un peu élevé dans mon sang. Je recrée mon état solitude naturelle, non pas par punition (je ne vis pas mal d’être seul au fond) mais par une tentative bizarre de vouloir me réaffirmer mon honnêteté intellectuelle. Sans regrets ni remords des instants passés ensembles. (j’ai un peu l’impression de donner l’impression de raconter des conneries, alors que pourtant pas du tout).

La vérité c’est que l’on peut tout à fait affirmer à une fille qu’elle est parfaite, le penser, et la quitter quand même. Le changement qui s’est opéré, c’est qu’auparavant, je n’aurais jamais eu à la quitter puisque je ne serais jamais sorti avec in the first place.
Aucune des deux manière de procéder ne me semble meilleure que l’autre. Chacune a ses détracteurs. Je ne sais pas.

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3 thoughts on “Paradigme

  1. Je suis assez partisane du célibat longue durée (agrémenté ou non) jusqu’à ce qu’un truc inévitable t’arrive dans la gueule (et où tout échelle perd son sens). Ce qui prend plusieurs années, statistiquement.

    Une relation, c’est trop de fatigue et de contraintes et on est trop peinard seul pour s’infliger tout ce mal si ce n’est pas une “évidence inévitable”.

    Enfin, même si, pour te citer, j’ai un peu l’impression de donner l’impression de raconter des conneries, alors que pourtant pas du tout.

  2. Antoine says:

    On peut faire un parallèle très simple entre les passions amoureuses et la drogue, toutes les deux sont destructrices, abîme le corps à petit feu sans même que l’on s’en rende compte, nous laisse plonger dans une illusion de beauté et de bonheur.

    Et c’est toujours après coup, après une rupture qu’on pose un bilan (ou pas) et qu’on se dit “merde, qu’est-ce qui s’est passé ?” ou “mais pourquoi j’ai dis, fait autant de choses qui ne sont pas Moi ?”

    Depuis toujours on nous montre l’amour comme ne pouvant être que passion destructrice, dans la littérature notamment. Est-ce vraiment ça l’amour ?

    Très franchement, je ne le pense pas. On a tous, et tu l’avoues toi-même, cette partie de nous qui n’aspire qu’à un amour simple, léger, unique et sincère. Ne serait-ce pas ce que l’on appel l’âme ? Ce truc qu’on sent mais qu’on n’explique pas et qui fait que chaque être humain, perdu au beau milieu de l’univers, est unique.

    Il y a une solution pour laisser s’exprimer ce petit bout de joie qui se cache au fond de toi ! Les moments où le petit garçon réveur s’éveil, pose tes mains sur ton ventre et laisse le s’exprimer, laisse le poser des questions sans chercher de réponse mathématique dans ta tête (l’humain n’est pas une équation à résoudre :)

    Après ça, il n’y a que toi qui puisse prendre conscience que tu n’es pas obligé de reproduire sans cesse les mêmes schémas !

    Bises,
    Antoine

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