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À Juliette et Aloïs

Mariage-ipad

C’était le premier mariage auquel je participais et j’étais témoin. À 300 battements par minute, devant une centaine de personnes, j’ai fait ce discours.

Papa, Maman,

Je suis né un jour d’octobre 2006 dans un recoin propre et bien éclairé d’une bibliothèque universitaire américaine.
J’avais évidemment vécu avant ça mais ça n’est pas le moment de s’étendre là-dessus (et quand bien même ce serait le moment, ce n’est pas très important)

Comme tout enfant qui vient au monde, j’ai d’abord découvert Juliette. Qui m’a dit “Chut, j’ai un paper à rendre” alors je me suis tu. C’était ma première fois face à l’Autorité (j’ai mis une majuscule à Autorité)

Elle m’a d’abord élevé comme une mère célibataire avec l’aide d’Olivier qui jouait le rôle du grand-père ronchon, communiste et conservateur (je sais que ça n’est pas censé aller ensemble, mais il n’est pas à une contradiction près). Bonne copine, elle m’a donné ses remèdes quand j’ai un peu trop bu pour la première fois et m’a conseillé (pas toujours heureusement) sur la manière de s’y prendre avec les filles.

Puis un jour, maman m’a dit “Viens, on va rencontrer ton père” et j’ai découvert Aloïs, les rigatonni aux broccolis et le Pinot noir.
Elle m’en avait parlé, il était loin, il lui manquait, tout ce genre de chose que les jeunes filles éprouvent et que je ne comprenais alors pas encore très bien.
Il avait de la barbe, m’a fait découvrir de la vraie musique (mon horizon était jusqu’alors limité à Britney Spears et à Avril Lavigne), des bières exotiques et les chemises à carreaux.
Je l’ai appelé “papa”, il a regardé Juliette, l’air de dire “mais qui est ce mec avec qui tu traînes ?!”, elle a acquiescé et il m’a reconnu comme l’un des siens.

Mais ce que j’ai découvert, surtout, ce soir là, alors même que j’ignorais qu’il me manquait, c’est un modèle, vous deux.

Aloïs, Juliette, un modèle de couple, soudé mais pas gnangnan, un couple dont on peut inviter l’un sans l’autre, un couple qui regarde dans la même direction, chacun à sa façon mais toujours ensemble.

Juliette, Aloïs, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de légitimer légalement un amour dont je suis le témoin depuis longtemps et pour longtemps encore (si possible autour de bons dîners)

Aloïs, Juliette, je vous souhaite tout le bonheur possible et si, – non – , /quand/ vous aurez un enfant, je suis sûr qu’il sera encore plus réussi que ce que vous avez fait de moi.

Les deux ont pleuré, mon oeuvre était accomplie, j’ai pu retourner manger de la canette rosée et combler toutes les calories que j’avais épuisées en tremblant devant tout le monde.

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One thought on “À Juliette et Aloïs

  1. alois says:

    Je découvre à l’instant que tu as déposé ton discours sur ce bon vieux blog. Il fait encore son effet, même 3 semaines après :-)

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