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Produit fini

Je viens de revoir Un amour de jeunesse de Mia Hansen-Løve.

Il me semble qu’il y a dans l’architecture et dans le cinéma ce point commun que l’on livre un produit fini destiné à survivre seul aux décennies à venir.

C’est une dimension qu’un projet informatique ne possède pas. Il est livré dans une version destinée à être améliorée, patchée et corrigée avec le temps.
Le projet informatique appelle sans cesse à l’ajout de nouvelles fonctionnalités.

Il y a dans l’architecture la volonté d’introduire la modularité et le préfabriqué réutilisable ou jetable.
Le cinéma lui, est transposé dans le monde informatique par le jeu vidéo où il est enrichi par des fins alternatives et des extensions téléchargeables.

Y a t il des projets informatiques que l’on destine à perdurer, dans un état seul, ses défauts et bugs constitutifs de son charme ?

On peut se demander à l’inverse : Est-ce que la Pyramide du Louvre est un DLC tardif du palais d’origine ?
Il me semble que la différence tient dans ce que le Louvre n’a pas été conçu pour y mettre autre chose, c’est un nouveau projet, qui englobe l’ancien bâtiment ; là où une mission supplémentaires de Battlefield est envisagée dans l’architecture initiale du projet : on a spécifiquement laissé une place pour la véranda, la modularité est laissée au propriétaire final.

Est-ce que l’on joue aux jeux anciens de la même manière que l’on va voir Citizen Kane à la Cinémathèque ?
Peut-être que les jeux plus anciens, gravés en dur dans des cartouches, portaient encore en eux cette valeur de “objet fini” : Super Mario n’est pas conçu pour évoluer ou être corrigé, il est livré ainsi.

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