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Une colère américaine

C’est à dire que je ressens assez personnellement la manière dont Trump joue avec le parapheur de la Maison Blanche comme si il était un enfant de 8 ans.

J’ai un poster eBoy représentant New York au-dessus de mon lit et une photo, prise et offerte par ma (at-the-time) femme, du San Remo se reflétant dans le Reservoir de Central Park, au-dessus de mon bureau.

Est-ce que c’est suffisant pour légitimer l’expression de la colère sourde qui monte en moi lorsque je vois ce que deviennent les États-Unis ? Ou est-ce que je devrais plutôt me taire et me ranger proprement dans les soutiens de ceux qui vont subir directement les actions erratiques d’un milliardaire mégalomane ?

À New-York, j’ai appris à boire, à manger, à séduire, l’économie, la politique, le travail, à vivre seul et par mes propres moyens, ma responsabilité vis-à-vis de la société en tant qu’homme de science.

C’était l’année 2007. En janvier, la neige recouvrait le campus de Columbia et nous buvions des chocolats bien au chaud derrière les vitrines embuées du Hungarian Pastry Shop.

Lorsqu’il a fallu choisir une destination pour le voyage de noces, on ne s’est pas posé la question bien longtemps. On a fait un tour des États-Unis. Pas parce que c’était exotique, pas parce que c’est un “voyage à faire dans sa vie”. C’était simplement l’occasion de croire, pendant 1 mois, que dans ce pays j’étais chez moi. Je n’ai même pas cessé de travailler pendant ce temps là. On est sorti, on s’est reposé, on a flâné à pieds, en taxi, en voiture, en métro, en tram, on est allé au cinéma, on a dîné, comme on faisait à Paris, comme si on habitait là-bas, à New York, Los Angeles ou Chicago.

C’était en octobre 2015. La vitrine trouée par la balle perdue des attaques de janvier en bas de mon immeuble avait été depuis longtemps remplacée. Il faisait bon, il faisait beau et je venais de me marier.

Mes parents m’ont toujours laissé regarder la télévision sans grand contrôle, sauf quand il s’agissait d’un programme que ma mère jugeait violent (« Y a un carré blanc, Pascal, c’est violent ou sexuel ? – Y a probablement un peu de cul – Ok, les enfants, vous pouvez regarder »), et donc, par construction, beaucoup de séries américaines.
C’est l’imaginaire qui s’est cristallisé dans mon esprit, que j’ai perpétué ensuite en téléchargeant des séries en VO (Alias, The OC, Gossip Girl) et en allant au cinéma. Des envies de vie à New York ou Los Angeles. Mais aussi une expression particulière du sentiment amoureux calquée sur les personnages que je suivais à chaque épisode.
Je n’ai pas eu besoin qu’on m’explique le concept de “date” comme à bon nombre d’autres étudiants internationaux. Quand “it’s complicated” est apparu sur Facebook, ça n’était pas un concept neuf. Il y avait chez mes compatriotes français ou bien une romanticisation extrême des concepts de la relation amoureuse (l’infinie douleur d’une rupture, vagues sur les falaises et vent dans les cheveux) ou bien la banalité d’un lien interpersonnel prosaïque (je me rappelle ce couple qui “sortait ensemble” et que je n’ai jamais vu se parler sinon pour se dire « à demain » après s’être roulé des pelles à l’arrêt de bus). Il manquait à mes premières histoires d’amour le panache flamboyant des comédies romantiques avec Drew Barrymore. Panache flamboyant parfaitement vivant dans ma tête et dont l’élue, souvent peu encline à la réciprocité, n’avait, évidemment, aucunement connaissance. Ça aurait fait désordre.

La bonne nouvelle, c’est que je n’étais pas le seul et l’entertainment hollywoodien a fait son œuvre dans les esprits de jeunes filles qui avait l’heur de plaire à mes goûts assez stricts. Sources infinies d’anecdotes à rebondissements, tiroirs et digressions à raconter aux dîners entre amis, comme si je vivais un scénario de Richard Curtis.
J’avais trouvé avec qui partager mon “sens du drame anormalement développé“.

Cue janvier 2017 et de ces rêves cristallisés des 10 années précédentes, il ne me reste pas grand chose. Le divorce me renvoie sur le ring des amours non partagées, l’état de peur institutionalisé nous empêche de nous promener tranquillement dès lors que l’on porte un sac et il semblerait que l’entrée en territoire américain soit, a minima, compliquée pour les années à venir.
New York, peut-être ne te reverrai-je pas avant ma prochaine décennie.

Il y a dans ces décisions présidentielles de repli sur soi et de fermeture aux autres, d’abandon de la raison et de la science, de dé-sémantisation du langage ; une négation profonde ce que les États-Unis ont été pour moi et de la manière dont je me suis construit et continue à me construire pour affronter ma vie d’adolescent, d’adulte, au quotidien.

Je ne suis pas américain, je ne suis pas musulman.
Je suis français et la seule chose que nous puissions faire désormais, c’est nous assurer que tous ceux qui ont grandi avec une image constructive de la France, ceux qui ont été inspirés par notre language, notre culture, qu’ils soient nés ici ou ailleurs ; que tous ceux là ne se sentent pas leur existence niée ou trahie par ceux que la majorité d’entre nous éliront en mai.

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Forum

Tout le monde est là en train de dire que la nouvelle Canopée qui recouvre les Halles est moche.

Déjà pour commencer, qu’est-ce que ça veut bien vouloir dire “moche” ? Je suis sûr que la moitié des gens interrogés trouvent aussi que Beaubourg est moche et il y a fort à parier que si on les avait interrogés au lendemain du 31 mars 1889, ces mêmes gens auraient déclarés que la Tour Eiffel défigure la capitale de leur pays millénaire (mensonge).
Ensuite, c’est faux. Ça n’est pas moche. Les courbes sont fines, la perspective est travaillée, les niveaux et les espaces de circulation sont globalement harmonieux.

Le problème c’est que ça s’arrête là.
Il n’y a pas dans dans la Canopée le geste attendu pour un monument parisien.
C’est ça : on voulait un monument, on n’a eu qu’un centre commercial.

Il y a dans la Canopée le style et l’envergure d’une architecture de province. On a rencontré des médiathèques de sous-préfectures qui avaient plus de personnalité.
La superficie couverte par la Canopée elle-même au niveau de l’esplanade est numériquement énorme et ses ventelles aériennes et aérées lui donne l’air d’une gigantesque aile d’oiseau posée délicatement sur le parc. Mais quand on se trouve effectivement dessous, point de tout ça. On est effectivement sous une aile, mais plutôt celle d’une maman poule qui cherche à vous couver, vous oppresse et vous empêche de sortir du nid.

Alors peut-être que ça n’est pas fini, que ça va arriver, mais il manque aussi à cet endroit la couche décorative qui fait que l’endroit est inscrit dans la ville. Que l’on est pas à Nantes ou à Bordeaux lorsque l’on marche aux Halles. Il y a du béton au sol. Les signalétiques sont dépourvues de personnalité. On ne retrouve aucune des couleurs habituellement dégagées par l’atmosphère parisienne (pavés, Seine, pierre de taille, zinc, vert reseda etc.) ou, à défaut, aucune tentative de proposer quelque chose qui nous sorte de la généricité la plus complète.

C’est pas moche. C’est juste très chiant.

Maintenant, reste à voir comment nous allons nous l’approprier. Comment les bandes du quartiers vont y (sur)vivre. Est-ce qu’on se donnera rendez-vous sur les marches ? Est-ce qu’il y aura des tables et des chaises de café ? Des filles en trench à frange et des barbus à lunettes carrés ? Des danseuses de hip-hop en sneakers stylées ?
C’est un peu le dernier espoir : puisque les architectes n’ont pas trouvé le moyen d’ancrer ce lieu dans Paris, on espère que la population prendra le relais et qu’on échappera à la mode générique des faunes de centre commercial, identique des 4Temps de la Défense au Confluence de Lyon.

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Pente

L’électricité est totalement coupée dans le village mais la batterie de mon ordinateur indique encore 8h de possibilités. Il fait nuit mais personne ne dort. Par la porte entr’ouverte j’aperçois, dans le couloir, une lumière bleutée qui émane des chambres de Clothilde, Manon et Elizabeth. On dirait que tout le monde bosse encore, même si nous sommes sensés être en vacances. Sauf Jeanne, à ma droite, qui s’est assoupie, son livre posé sur son ventre, au moment où la luminosité a été trop faible pour continuer à lire.

Nous sommes arrivés par le téléphérique de 14h17 et nous avons loué des vélos “Chez Jo” pour la semaine. Manon a soulevé le problème que toutes les rues du village étaient en pente forte, mais cet argument ne nous a pas paru particulièrement pertinent.
Le guide conseillait de louer une bicyclette, si possible un modèle avec sac cabas intégré et de prendre l’unique bus circulaire si vraiment le visiteur était fatigué. Alors c’est ce que nous ferions.

Elizabeth a proposé que nous commencions par “boire des coups” sur la place face au téléphérique. La place n’a pas de nom, tout le monde l’appelle “la place” parce que de toute manière c’est le seul endroit d’une surface conséquente qui soit entièrement horizontal. Elle est surplombée par une petite excroissance rocheuse elle-même surmontée d’une ancienne tourelle d’allure médiévale.

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Un vigile zélé

Je suis allé au Casino.
Pour la première fois en 5 ans, un vigile zélé m’a demandé de déposer mon sac à l’entrée.
Il l’a placé dans un casier derrière lui et m’a tendu un coupon d’échange.

Délesté, j’ai fait des courses rapides (du beurre et du gruyère).
À la caisse express, il y avait foule, alors j’ai fait la queue en jouant sur mon téléphone.
Arrivé devant l’automate, celui-ci ma demandé, comme chaque fois depuis 5 ans, si j’avais un sac cabas, j’ai répondu que non.

Puis je me suis rappelé que mon portefeuille était resté dans mon sac, à l’entrée.
Alors j’ai laissé mes courses sur l’automate et j’ai couru jusqu’à l’accueil.
Le vigile zélé m’a dit “Un instant, Monsieur, s’il vous plaît”.
J’ai voulu lui dire que je ne voulais que récupérer mon portefeuille et qu’il y avait des gens qui attendaient derrière moi à la caisse.
Mais à la première syllabe prononcé il a répété “Un instant, Monsieur, s’il vous plaît”.

Il se décide enfin à attraper mon sac, le fait tomber et bloque sa chute d’un coup de genou.
Il me demande “il y a des choses qui se cassent dedans ?”
Je réponds “un ordinateur”
Il prend un air contrit et déclare “ça arrive ces choses là”
Je ne relève pas, je prends mon portefeuille dans le sac, lui rend le sac, il me tend un nouveau coupon, je prends le coupon.

À la caisse express quelqu’un a mis mes emplettes à l’écart.
La préposée me dit qu’il faut que je refasse la queue.

Je retourne à l’entrée.
Après “un instant, monsieur, s’il vous plaît” de plus, j’ai récupéré mon sac.

Je suis allé au Carrefour.

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Code et créativité

Ça fait plus de deux ans maintenant que ce marronier des débats de Twitter traîne sur la place publique et que je ne me suis pas exprimé à ce sujet alors pourtant que ça touche au coeur de ce que je fais de mes journées.

Non, il ne s’agit pas du mariage homosexuel.
À propos du mariage homosexuel, d’ailleurs, je n’ai jamais eu de vrai avis, sinon un avis corrélatif consistant à m’associer aux gens qui avaient les mêmes valeurs que les miennes.  Ou plus exactement me dissocier des gens avec lesquels je n’ai rien en commun.
Je me souviens d’un jour où mon père nous a dit, pour nous former à la pensée critique, que si un beau jour de juin ensoleillé Le Pen déclarait que le ciel était bleu, il avait beau être la pire raclûre de notre cher pays, il ne faisait que dire la vérité et nous serions de bien mauvaise foi de le contredire.
Mon opinion politique corrélative elle, consiste à dire que, si je suis aveugle et que Le Pen dit que le ciel est bleu, je peux éventuellement le croire. Mais si mes amis du Motel, mes voisins du 11e, les journalistes de Libération et un certain nombres d’autres personnes connues pour leur attachement aux valeurs de la démocratie disent qu’il fait nuit, je suis dans une posture de doute. Évidemment, par attachement à des gens qui me sont proches, je serais un modéré dans la cause de la nuit.
Par contre, si, soudainement, la thèse (tout à fait plausible jusque là) que le ciel est bleu est soutenue par des catholiques intégristes, des antisémites, des personnes agées attachées à des valeurs qui ne dureront pas plus loin que leur mort ou des gens qui pensent qu’on peut sauver quoi que ce soit en enfermant ses enfants chez soi, alors, dans ce cas, le doute ne m’est plus possible.

J’étais dimanche chez mes parents à Garches, petite banlieue bourgeoise de l’ouest parisien où je me rends, toutes les sept semaines pour que ma mère rafraichisse ma chevelure à large coup de tondeuse électrique. Je marchais d’un pas rapide vers leur domicile depuis la gare (j’avais une demie heure de retard) lorsqu’un autocollant jaune vif orné d’un oeil stylisé noir frappa mon attention sur la boîte au lettre d’un riverain.
Je ne me souviens plus exactement du nom de l’association en question, seulement du slogan “Si je ne suis pas là pour prévenir la police, mon voisin le fera”. L’autocollant se répétait de loin en loin le long de l’avenue (oui, il y a des avenues à Garches). Une fois arrivé, je demande à ma mère “alors, y a un comité de voisin nazis qui s’est emparé du quartier ?”
– oh, toi aussi tu dis ça ? ton père dit pareil
– bah, c’est un peu la blague évidente
– ah moi au début, je pensais que c’était bien, je l’avais pas envisagé comme ça…

Quelle est la différence donc, entre les gens qui arborent cet autocollant sur leur boîte aux lettres et que je prends volontairement pour des nazis et ma mère qui ne voit dans cette opération qu’un sympathique mouvement d’entraide de voisinage ? Dans son article aux accents volontairement brutaliste, titiou, journaliste à Slate, affirme que (j’extrapole) ces voisins fiers de l’oeil jaune sur leur portail sont parfaitement au courant des tenants et aboutissants de leurs actes et qu’il faut pas les prendre pour des niais sinon ils auront tôt fait de nous imposer leur vision (pas du tout) sympathique du monde tandis que nous en serons encore à tenter une approche pédagogique. Mais alors quid de ma mère, cette personne tout à fait démocrate qui, si nous ne lui avions rien dit n’aurait pensé que du bien de l’initiative ?

Du Collectif des Voisins Nazis à la NSA il n’y a finalement qu’un pas.
Je me suis toujours demandé si les anglais étaient moins sensibles à la vidéosurveillance omniprésente dans leur pays parce qu’ils n’avaient jamais subit les travers autoritaires des régimes dictatoriaux par ce biais. (ma connaissance de l’histoire britannique est cependant lacunaire et j’accepterai tout pointeur qui pourrait corroborer ou infirmer cette pensée facile). Et, qu’à l’inverse, l’Allemagne (et la France dans une moindre mesure) est un foyer de hacker du fait même que l’idée de détourner les moyens de communication est inscrit dans la culture collective.
Du coup, est-ce qu’espionner tout le monde c’est un moindre mal quand il s’agit de traquer le terrorisme et de préserver la santé et la vie de quelques milliards de personnes ? (hint : “non, mais”)

On en revient au sujet initial de ce texte, avant que je ne digresse sur ces considérations politiques, ce débat qui fait rage sur les internets : tout le monde doit-il apprendre à coder ?

Évidemment, la position, d’un point de vue tout à fait bourgeois, est attractive : le travail est garanti et stable, l’avancement rapide vers des postes à responsabilités et le salaire variant d’attractif à franchement indécent. En 2014, votre gendre idéal, est probablement chef de projet chez Cap Gemini. Il est d’ailleurs l’inspiration derrière ce personnage, dans les publicités, qui se retournent vers vous et, contrairement à Richard Berry qui ne nous vendait que de l’inoffensif yaourt, nous déclare, droit dans les yeux, qu’il “aime sa banque”. (réponse : “meurs”).

Il y a la question de savoir si c’est facile. J’ai une amie qui, il y a 6 mois ne savait pas faire la différence entre un port USB et un port HDMI et qui, aujourd’hui possède un diplôme de développeur web. Elle débute mais, bien entourée comme elle est, elle va acquérir de la culture, enrichir son vocabulaire et ses méthodes et, à force de coder, elle deviendra coderon.
Est-ce à dire, dès lors que coder est facile ? (hint : oui) Mais là n’est absolument pas l’enjeu. Un million d’enfants sortant du CP savent écrire une phrase correcte. Une centaine environ deviendront écrivains (je suis sûr que cyno a une stat plus véridique à ce sujet). Les autres sauront écrire des lettres à la syntaxe relativement correcte pour s’excuser de leur absence au rendez-vous trimestriel de Pôle Emploi (lettre qui leur a été envoyée alors même qu’ils y étaient à ce putain de rendez-vous).
Aujourd’hui, la vaste majorité des développeurs informatiques de ce monde écrivent chaque jour des dizaines de milliards de l’équivalent de ces lettres administratives. Et on leur file plein de thune. Aucun n’a d’intérêt à s’arrêter pour écrire de la littérature.
Le monde n’a besoin que d’un seul Viaduc de Millau. Par contre, il a besoin d’une chiée de Pavillon Phenix. Et vous savez de quoi il a encore plus besoin ? De stands préfabriqués pour les professionels de la profession (toutes les professions).
Pourquoi s’emmerder à faire autre chose que des menus déroulant dans des menus déroulant et des carousels quand on a déjà les éléments en kit, qu’ils suffit de trois vis pour les fixer, que de toute manière on s’en fout que ça prenne la pluie puisque c’est en intérieur et que, au pire, si le client demande d’installer une douche, on paiera un stagiaire pour pomper l’eau au moment opportun ? On boucle et on va boire une bière. Y a que ça de vrai la bière.

Peut-être parce qu’on aurait envie d’être libre et de ne pas être aliéné.
Parce qu’un état démocratique n’a pas envie que son peuple soit aliéné et confiné dans l’obscurité.
90% des informations qui sont parvenues à l’intérieur de votre cerveau dans les dernières 24h vous sont parvenues ou ont transité par un système informatique. N’avoir aucune maîtrise du système, c’est nécessairement se faire avoir à un moment. Exactement au moment où un serveur de la NSA s’est subtilement intercalé entre votre terminal et le serveur de GMail.
Aujourd’hui, 98% des objets manufacturés vous sont parvenus par un moyen de transport utilisant un moteur à explosion. Vous n’avez pas la moindre idée de comment fonctionne le moteur d’un cargo transatlantique et vous laissez ça à des ingénieurs spécialisés (ou au garagiste). Vous avez bien raison. Parce que le moteur en question n’a pas transformé l’objet. Il est exactement le même que lorsqu’il est sorti de l’usine (si il a été bien empaqueté).
Par contre, le code qui a pris votre information à la sortie du journaliste et l’a transformé en un texte aligné à gauche entrecoupé de publicités qui refreshent la page au bout de 179 secondes, ou la publicité vidéo qui s’arrête quand vous ne la regardez pas, ça, ptêt que ça pourrait être cool de savoir ce qu’ils ont tripatouillé dans votre ordi.
Je voulais parler de créativité, mais tout le monde n’a pas envie d’être créatif et nous qui avions envie de l’être au travers de ce medium, nous en avons déjà pris possession.

Tout le monde doit-il apprendre à coder ? non, laissons ça aux gens qui veulent fabriquer des sites internet (et à ceux qui veulent construire des Viaducs de Millau)(mais eux ont pas attendu mon conseil)
D’ailleurs, si vous avez besoin de code réel, demandez à un ami informaticien (pas à moi), il sera probablement ravi d’écrire 20 lignes de python pour répondre à votre question tellement il sera surpris que vous ne lui demandiez pas de reconfigurer Outlook pour que les .docx s’ouvrent automatiquement dans Word avec les macros activés (“comment ça se fait qu’ils ont changé ça, c’est pas du tout pratique au quotidien quand je fais ma compta !”).
Tout le monde devrait-il être formé pour comprendre l’ironie de la dernière parenthèse : définitivement, oui.

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