Mensonges et sentiments (champ)

Je la vois me dire des choses, je me vois la décevoir, chaque jour un peu plus. Je vois bien qu’elle est persuadée que je pourrais être écrivain. C’est l’artifice que j’ai utilisé pour la séduire. Mais je n’y crois plus moi-même. Et je crois qu’elle non plus, à force.

J’en suis à ce point de l’écriture de mes pensées quand mon téléphone vibre sur la table basse. Elle me demande d’être à la hauteur. Je ne sais pas. Je suis fatigué.

Continuer à mentir pour séduire, pour l’éternité, enfin, bien moins que ça dans les faits. Alors on trouve des artifices, on se donne des rôles, on se lance des défis. Mais nous sommes beaucoup trop inconstants, surtout moi. En permanence, je fais des promesses que je ne tiens que parfois. Vivre à deux, mentir seul. J’espère qu’en face on se contentera de mes concessions.

S’investir entièrement, parfaitement, je l’ai fait beaucoup trop souvent. Je cache désormais le peu de sensibilité qui a survécu derrière un mur de pierres acérées, de celles qui vous écorche les doigts si vous vous y frottez d’un peu trop près.

J’ai l’impression tenace qu’elle pourrait être parfaite. Qu’elle paie un peu pour les autres, injustement. Puis je doute, je me rappelle que j’ai pensé la même chose des précédentes. Puis je faiblis, je me remets à faire ces promesses ridicules de garçon censément amoureux. Je continue à mentir, à séduire. Car finalement ce qui compte c’est le sentiment présent, l’agréable sensation d’aimer et d’être aimé. Même si ça n’est pas la réalité.

Ailleurs (contrechamp)

Elle :

Ce soir je suis une autre. Ce soir je ne suis plus. J’essaye d’oublier tout ce que je ne cesse de répéter par bribes depuis des jours, des semaines, des mois. Ma vie, mes angoisses, mes doutes. Toutes ces choses qui caractérisent le sexe faible et qui le rendent si compliqué. Je lui explique la situation, ma fenêtre Gtalk se transforme en monologue. Il ne répond pas. Je ne veux pas qu’il réponde, je redoute qu’il le fasse pour me donner un conseil, une solution dont je ne veux pas entendre parler. Il ne comprend pas toujours ce que je veux, mais il fait de son mieux. Après tout, je n’ai aucune espèce d’autorité sur ses actes, aucune légitimité.

Il est ailleurs. Il a trouvé un autre détail sur lequel s’attarder. C’est un contemplatif du microcosme du banal. Chaque infinité devient un prétexte à l’extase verbale. Il aime les mots plus que moi, il aime le détail plus que les mots. Je ne suis plus un détail à présent, il n’a aucune raison de s’attarder sur moi.

Je suis seule dans ma chambre, je suis seule tout le temps. Mon iPod me hurle aux oreilles, il me crit “Now I wanna be your dog, now I wanna be your dog … so come on ! “. Ce n’est pas ça dont j’ai besoin. Je n’ai jamais su ce que je voulais. Je ne fais que supposer mes envies, advienne que pourra.

J’ai envie de lui. J’ai envie de sa bouche. Cette phrase tourne dans ma tête jusqu’à recouvrir la voix chevrotante de Dylan. “It ain’t me babe … it ain’t me you’re looking for, babe”. J’ai envie de ses mots mais il n’écrit pas. Il avait promis de m’écrire, d’écrire pour moi. Il est si facile de subjuguer un homme dans les premiers instants. Tout est une question de mystère bien jaugé. Il ne faut pas avoir les mêmes envies que les autres, il faut désirer autre chose de l’homme. Autre chose que le charnel, autre chose que l’amour. Il faut aimer le mensonge.

Je veux l’inspirer, je veux qu’il m’aime dans le mensonge, je veux qu’il écrive cet amour et je veux me dissoudre dans l’image qu’il se fait de moi. Je crois que j’ai perdu ses mots lorsque je l’ai vu pour la première fois. Timide et maladroit. Imparfaitement parfait. Presque écrivain, écrivain raté, écrivain de génie. Je n’ai pas su être une autre, j’ai mal jaugé le mystère. Il m’a aimé moi, Roxanne. Il a oublié de me mentir.

Je veux que les mots reviennent, j’ai envie de sa bouche. Ce soir je ne suis plus Roxanne, ce soir je veux être un détail.

style numéro de passeport

Dans mes enceintes, de part et d’autre de mon corps allongé sur le canapé orange, Benjamin Biolay et Jeanne Cherhal s’échangent des post-its sur la surface immaculée, puis de moins en moins, d’un réfrigérateur. Le glissement de la passion vers la routine, vers la colère est imperceptible. On finirait en larmes à moins.

Dans ma fenêtre GTalk, Elle me raconte ses soucis. Je ne la rassure pas, je l’écoute, silencieux.
J’aimerai écrire plus court, plus souvent. J’avais promis d’écrire pour Elle. Mais les détails m’intéressent de trop, et elle trop peu.

Nuit (or lack thereof)

La soirée parisienne commence chez soi par un paquet de pâtes acheté en vitesse au Franprix, celui qui avant était un G20 et qui bientôt sera un Leader Express.
On est jeudi soir, la journée n’a pas été facile, le client a été chiant, le patron n’a pas arrêté de vous en demander toujours plus. Ou alors c’était votre prof qui avait encore plus envie d’être en week-end que vous. Il est 20h, votre appartement est dans l’obscurité, il fait froid parce que vous coupez le chauffage le matin en partant : certes tout le monde vous envie votre salaire mais GDF, ça ne les impressione pas outre mesure.
On vous a donné rendez-vous à 21h dans un bar dont vous avez déjà entendu parlé parce que vous traînez avec des gens branchés, mais dans lequel vous n’êtes jamais effectivement allé parce que, c’est dur à dire, mais vous n’êtes pas spécialement branché vous-même.
Il est maintenant 21h12, l’eau est bouillante, vous y versez les spaghettis. Le timing pour vous rendre à la soirée est important : en tant que parisien il est absolument inconcevable que vous quittiez votre domicile avant l’heure à laquelle le rendez-vous a été fixé sur place. En particulier si c’est à l’autre bout de Paris. Si vous avez la chance d’habiter à moins de 200m du lieu, quand sonne l’heure, cela signifie que vous pouvez vous permettre une petite sieste après votre dîner, là où les autres sont obligés de se payer une demi-heure de métro. Ça vous économisera une course en taxi quand il s’agira de rentrer.

La nuit à Paris, c’est une question de choix permanent. Boire ou pas, vous avez le choix. Suivre un groupe ou l’autre, car il y a toujours une séparation qui s’opère à un moment ou à un autre. Les grands groupes n’ont aucune chance de survivre très longtemps. Continuer après l’heure fatidique du dernier métro ou rentrer chez soi. Et puis vous travaillez le lendemain matin et l’humeur de votre boss, vous ne la contrôlez pas, il faudra composer avec si vous faîtes le choix de la gueule de bois.

Il est 22h17. J’arrive à l’Autobus. On m’a vendu l’endroit comme étant le lieu où se rendre le jeudi soir. La spécialité de l’endroit, le Pastis sans eau. Je n’aime pas ça, je passe mon tour. Le patron m’appelle “beau gosse” et fait un peu la gueule en me servant la pinte de Stella que j’ai commandé. Pinte que je ne paierai jamais.

On est le jeudi suivant, j’arrive avec Emmanuelle qui voulait découvrir l’endroit après la description que je lui en ai fait de la semaine précédente. Je lui demande “Rhum ou vodka ? ”, elle répond “ Vodka” et je lui offre ce que Pierrot, le barman, appelle une Vodka-orange, mais qui contient autant de jus d’orange que les yaourts Mamie Nova de la cantine “goût fraise” contiennent de fraise. Je prends mon désormais habituel rhum-coca. À 3m de là, Sally, qui vient d’arriver fait une grimace et me signale que l’odeur de mon breuvage parvient jusqu’à elle. Je serais odieux malgré moi avec elle jusqu’à ce qu’elle quitte l’endroit.

On est le jeudi d’après encore, j’ai convié Fanny qui m’avait avoué avoir des vues sur Sylvain. La même scène se répète où la proie innocente découvre ce que c’est que de boire un grand verre d’alcool pur sans avoir mangé au préalable. Je joue l’habitué, c’est mon plaisir. Fanny rentrera finalement avec un autre, Sylvain n’était pas là ce soir là.

Sally, Fanny, Emmanuelle, Sylvain, Adolf, Lafille, Julien, Charlie, Michel. Certains sont des amis, d’autres moins. Je ne suis même pas sûr que tous se souviennent de mon prénom. Mais ce sont des gens de bonne compagnie, des gens qui partagent le même contrat social de la nuit parisienne que moi. Un contrat plagié sur celui qui lie tous les visiteurs de Sin City : “ What happens in Vegas stays in Vegas ”. Contrat qui est un impératif d’une soirée réussie. Car si ce contrat n’est pas partagé par tous les membres alors il est nécessaire de s’imposer un contrôle permanent : on ne peut pas raconter toutes les conneries que l’alcool a tendance à vous faire dire, on ne peut pas rentrer avec n’importe qui. Fanny ne serait jamais rentrée avec Adolf. Et aucune main n’aurait été posée sur aucune cuisse en deuxième partie de soirée. Enfin, peut-être que si, mais là, c’est sans risque. On sait que le lendemain les gens vont parler, mais on sait également que les gens sauront tenir leur langue si il le faut.

On est mardi soir. La première partie de soirée a été volontairement arrosée pour affronter la vraie soirée. Du monde, beaucoup, que je ne connais pas. J’ai trop bu déjà, je fait l’erreur de croire que ces inconnus qui viennent me parler partage le Contrat. Un mot m’échappe. Une heure plus tard, la sanction est immédiate, la mauvaise personne a été prévenue. La soirée est ratée.

On est le tout premier jeudi. Le patron vient de fermer les lumières, c’est son signal pour nous dire de déguerpir. “Aller, les bras cassés, c’est fini pour aujourd’hui. ”. On sort gentiment.
On est deux semaines plus tard, Fanny complètement saoule, ne retrouve plus son manteau, je lui expose la théorie des parapluies New-Yorkais qui sont un pool commun à tous les hôtes d’un restaurant. Elle l’assimile immédiatement, enfile un trench Zara qui traîne, me demande si il lui va bien, j’acquiesce, on s’en va.

La troisième partie de soirée est emmenée par Julien. C’est là où le choix intervient. Beaucoup décident de rentrer chez eux. Il est déjà 2h passées, la fatigue commence à se faire sentir. On a peu de temps pour se décider, Julien est déjà parti en tête, il n’est plus qu’une silhouette au loin, flanqué de Charlie et de Sylvain. Il faut courir pour le rattraper, puis il faut le suivre aveuglément dans le dédale des rues du Marais jusqu’à un angle où il déclare : “C’est là”.

On entre. La première personne que j’entends parler à ma droite dans la foule émet une phrase sans appel à propos du “Grand Dieu AFP”, probablement un journaliste. Je me dirige vers le bar, que je n’atteindrai jamais. La population féminine est réduite à sa plus simple expression. Expression sur laquelle se concentre Sylvain. La belle, une brune à frèche (le savant mélange de frange et de grosse mèche que toute parisienne se doit de maîtriser), fait une demi-tête de plus que lui, la conversation s’engage, elle rit. Julien débarque, répète la dernière phrase de la fille, un truc à propos de New York et ajoute “n’importe quoi, je suis journaliste et… ” Mais la fille est déjà partie. Sylvain également, il a doublé tout le monde dans la file pour les toilettes.
Julien a trouvé une deuxième jeune fille. Elle avait échappé à ma sagacité parce qu’elle n’a aucun des autours de la féminité facilement décelables après un nombre conséquent de rhum coca. Disons le même, elle est moche. Mais à ce stade de la soirée, pour Julien qui vient de déclarer “putain j’ai envie de niquer”, elle possède l’attirail nécessaire. J’observe, incrédule, sa tentative d’approche qui consiste à lui parler en anglais. La pauvre prend peur, mais elle ne peut pas fuir, elle ne veut pas perdre sa place dans la file d’attente pour les toilettes où Sylvain est maintenant enfermé depuis dix minutes. Quelqu’un, un mec manifestement gay avec un chapeau tente une explication à base de masturbation. Un type de notre groupe opine de la tête et ajoute “Ce serait pas la première fois.” Des gens frappent à la porte. Sylvain sort enfin. Julien, curieux, lui demande ce qu’il faisait. Sylvain, le regard vague répond “J’appelais un pote”.
Dans la foule dense, notre groupe (on n’est plus que quatre mecs) se retrouve dans le fond de la salle où des gens discutent autour d’une grande table en bois. Un type est là qui joue de la guitare avec un complet veston et un chapeau à la Charlie Winston. La grande Belle est là aussi. Ainsi qu’une autre fille qui a l’air de s’ennuyer parfaitement et qui se tournicote les cheveux pour passer le temps. On s’installe à proximité. Julien tente une nouvelle approche sur la Belle, qui le rembarre immédiatement. Il insiste et un type, un peu plus âgé, probablement dans les 35 ans passés, fais monter le ton. Il est 4h12, on abandonne la partie. Chacun rentre chez soi.

On est le jeudi suivant et on est au même endroit. J’ai convaincu Emmanuelle de faire la troisième partie de soirée avec nous, ça n’a pas été très difficile. “C’est ma semaine de n’importe quoi” qu’elle a dit. Elle ne sera pas déçue. Cette fois-ci, je parviens à commander, un whisky coca pour elle, un rhum coca pour moi (je ne change jamais de boisson en court de route) et très rapidement, la foule nous sépare des autres. À un moment, on retrouve Michel, un whisky dans une main, une bière dans l’autre. Il nous raconte sa vie, son métier, une anecdote, on rit puis il s’éloigne. Puis Emmanuelle attire l’attention de Benoît. “Comme le pape” précise-t-il. Je pourrais sauver la pauvre de cette attaque de mille manières. Mais je vois qu’elle s’en amuse, elle ment sur son prénom quand il lui demande. Il lui annonce qu’il est travailleur social, “et toi ?”. Elle se tourne vers moi, je ne sais pas si elle est prise au dépourvue de cette question, mais mon esprit s’anime et je cherche l’antithèse du travailleur social, je lui glisse à l’oreille “chef de projet… chez Orange”. On sort pour fumer, on s’en amuse et, contre toute attente, il nous suit à l’extérieur. Il me dit que je suis moche, Emmanuelle me défend. Puis on s’en va. Il est 4h32 et Emmanuelle est suprise qu’en dépit de mon taux d’alcoolémie élevé je sois capable de retrouver le chemin de chez moi d’un pas si assuré. Elle hoquète, trébuche sur un panneau “sens interdit” tombé à terre.

Dans tous les cas, on est maintenant le lendemain, vendredi. Il est 8h55, Marimba retentit dans ma chambre, le soleil filtre à travers les stores vénitiens. Je me lève, je me remémore la veille vaguement. Une douche, des vêtements propres. Il est 9h30, l’heure de partir au bureau. Je sais que je serais productif jusqu’à midi, le moment où commence la redescente de mon taux d’alcoolémie. Contrée à 13h04 par un Maxi-Best-Of-Royal-Bacon-Frites-Coca. Ma nuit (or lack thereof) aura été bonne.

Objectivité

Névrose réccurente de ce blog : l’absence toujours notable de bon site de review de films dans notre magnifique pays amateur de toiles éclairées.

C’est l’objectivité qui vous tue, je crois, vous autre rédacteurs de critiques de cinéma, et votre culture cinématographique qui étouffent vos tentatives désespérément ennuyeuses (j’ai failli me pendre d’ennui un peu plus tôt dans la soirée à la lecture d’une telle prose – ok, j’exagère un peu, Rob, on reste amis ?) de me donner envie de revenir vous lire. L’envie de voir le film, elle, est largement secondaire puisque je ne lis jamais aucune review avant de me rendre en salle.

La semaine dernière, en sortant d’un film d’animation avec un petit chat curieux (et surtout très gay), Klaims me rappelait l’existence de Peter Fondu, feu chroniqueur filmique de Ouï FM. C’est un excellent exemple parce qu’en plus de faire ses chroniques très souvent à la première personne, même quand ça n’était pas le cas, il faisait complètement transparaître sa subjectivité et son ressenti du film. Je crois que pendant toutes les années où je l’ai écouté chaque jour, je n’ai pas été une seule fois d’accord avec ce qu’il disait. Mais j’avais appris à connaître le personnage, à comprendre ce qu’il aimait ou pas, et, à partir d’un point de vue (le sien) à en construire un autre (le mien).

Faire une critique de ciné (ou de n’importe quoi en fait) objective, c’est finalement prémâcher le boulot au lecteur en contrant les propres travers que l’on connaît de soi. Mais c’est surtout cacher l’être humain qui a vu le film derrière une batterie de culture et un texte froid. Et je suis intimement persuadé que ça ne sert pas à grand-chose. Quand je demande à mes amis ce qu’ils ont pensé du film, je veux leur avis d’être humain, pas l’inepte description que l’on trouve sur allocine (et parodiée sur cinephl)(disclosure : c’est 50% de moi) qui, pour le coup, est objective… J’attends la même chose de mes reviewers favoris (ils n’existent pas). Même, je pense que c’est un peu malhonnête parce que c’est se cacher soi-même loin derrière le texte, fuir la critique personnelle : comment ne pas être totalement d’accord avec des faits ? On notera la tentative interessante des micro-critiques de Vodkaster (disclosure : je bosse pour eux), mais un assemblages de tweets, ça n’est pas une review hein.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que le très (ahem) scientifique classement wikio place le blog ci-dessus mentionné pour sa propension à provoquer l’ennui, en première position des blogs cinéma. Ça veut dire que ça plaît (ou alors c’est uniquement linké en mal ? je sais pas trop comment ça marche Wikio). Ça veut dire qu’une fois de plus, mon avis est largement minoritaire sur ce sujet également.

Je suis un incompris. Vraiment.

(la réponse de Rob/@toujoursraison mérite d’être lue ci-dessous dans les commentaires)

La vraie

La vraie question que tout le monde se pose c’est… Non en fait, personne ne se pose vraiment de question, tout ce qu’on attend avec impatience c’est de savoir si on a gagné à l’Euromillions et si on va être obligé de se lever lundi matin pour aller bosser.

C’est vrai quoi, c’est tout ce qui compte, pouvoir se lever un petit peu plus tard que d’habitude, attendre que la fille de vos rêves (mais néanmoins hautement vénale) vous passe un coup de fil « Ah ouais, ça te dirait qu’on aille boire un verre et qu’on se marie ? » et ensuite partir faire du shopping, d’abord d’un jet privé, puis ensuite l’utiliser pour aller acheter des trucs futiles à New York et à Tokyo dans la même journée.

Prendre l’avion en permanence, comme George Clooney dans Up In The Air mais en couple.

D’ailleurs, il y a fort à parier que vous n’avez pas aimé Up In The Air, étouffé par le cynisme du personnage principal (dont je ne me rappelle plus le nom mais ça n’a pas grande importance, il est George Clooney). Je crois qu’on ne peut apprécier ce film que si l’on aime prendre l’avion, passer du temps dans les terminaux aéroportuaires et que l’on aime faire tout un tas de choses seuls. Comme aller au cinéma un samedi soir alors qu’autour de vous l’entièreté de la population frangée de la capitale est en chemin vers un bar branché et, plus tard, de retour des dits bars, complètement émêchée.
On m’a dit aussi que c’était un film réac alors que justement, je l’ai trouvé étonament libéral (ou alors liberal is the new reac ?). Évidemment que les personnages autour de Clooney sont de sales moralisateurs, mais vous êtes pour la plupart exactement comme eux, si l’un de vos amis (au hasard, moi) décidait de se comporter comme si rien dans la vie ne lui importait, vous seriez les premiers à lui dire qu’il se comporte comme un sale adolescent en pleine crise et à ajouter qu’il serait peut-être un peu plus adulte de se comporter de manière raisonable où l’on ne blesse pas les gens. Enfin, ça ce serait si vous étiez une fille. Un peu comme l’acolyte de Clooney, celle qui joue une fille de 16 ans un peu niaise dans Twilight. Pas la copine de Clooney, elle c’est celle qui vous fait croire qu’elle veut se marier avec vous, qu’elle vous comprend et à la fin elle vous backstab (mais en vrai, vous en êtes toujours amoureux, quoi que vous puissiez dire à tout le monde, “fake it ’til you make it” comme dirait Charlotte (les gens retrouvent leurs pseudos dans ce post)).
À la fin, le message qui m’est pavenu, à moi, c’est que s’il n’y a finalement qu’une seule personne qui puisse faire les bons choix pour soi, c’est bien soi-même. Que les conseils c’est cool, on peut les écouter, mais que chacun fait son choix et qu’il n’y a pas de jugement de valeur, que ce soit d’être seul dans les airs, être carriériste assumée, marié dans la routine, ou marié dans le mensonge. Et d’assumer les choix qu’on fait. Les malheurs n’arrivent que lorsqu’on cesse de les assumer, lorsqu’on croit que le couple est l’avenir, , qu’il est bon d’abandonner une opportunité professionelle pour un garçon ou que la routine est soudain une mauvaise chose.

Dans tous les cas Up In The Air vient s’ajouter à cette liste de films que je suis plus ou moins le seul à aimer (parfois Peach partage mes goûts, mais sur celui-là c’est un échec, je suis seul contre tous) au rang desquels on trouve entre autres Clones, 2012 et Mr Nobody (n’allez pas le voir si vous n’aimez pas K. Dick, vous allez détester).

En attendant, je vais continuer ma relation n’importe-quoi avec cette jeune fille dont je vais taire le nom, continuer d’accepter toutes les demandes en mariage que je recevrais sur mon twitter et mon formspring et surtout, je vais aller voir Brothers pour passer le temps d’ici l’annonce des résultats de l’Euromillions.

je ne suis pas je

[Et voilà la version lisible]

Je m’étais dis que pour t’oublier, j’allais faire n’importe quoi.
Je spoile tout de suite la fin, ça a pas marché pour le moment. Mais il reste encore une journée de 2009 alors on ne sait jamais hein, des fois que.

Je suis dans l’angle avant gauche du chalet, en surplomb au dessus d’un bosquet de sapins, vue à cent quatre-vingt degrés sur la vallée de Megève, j’écoute Just Dance de Lady Gaga en boucle depuis bientôt près d’une heure. Il pleut des cordes, je suis allé rendre mes skis et je n’ai aucun espoir d’en refaire avant mon départ, à moins qu’il ne cesse de pleuvoir immédiatement et que 30cm de neige ne s’abattent en moins de 24h sur la station… Attendons un peu… Non, il pleut toujours, dommage.

Je me suis installé là dans l’espoir d’avancer un peu rrrread.com, mon nouveau projet qui ne verra jamais le jour (mais que j’ai promis de dévoiler le 5 janvier), un projet web 0.5 dans la veine de rendre l’internet au texte (trop de vidéos, trop de musique, trop d’images) parce que plus personne ne lit et ma thèse c’est que la faute tiens dans un mauvais affichage et une surabondance de distractions (menus, pubs, gtalk etc…) qui empêchent de lire au delà de quelques paragraphes (et “quelques”, c’est bien souvent “un”). Et quand les gens se remettront à lire, alors ils se remettront également à écrire et ce sera le moment de sortir wordroom.net, un clone en ligne de WriteRoom et son frère PyRoom, probablement basé sur WordPress. Mais pour l’instant c’est juste une zone de texte avec un compteur de mots et de caractères, je ne peux même pas enregistrer. Mais je tape mes textes à l’intérieur anyway.

Il s’est remis à neiger, de la grosse neige mouillée. L’espoir renaît en moi.

Pendant ces dix derniers jours de 2009, j’avais donc décidé de faire n’importe quoi. Être Chuck Bass ou Don Draper est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît à première vue en fait, je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé avant. Depuis le temps que ma tagline Twitter est “Don Draper is my hero” et que ma passphrase est “My loyalties are flexible”, j’aurai dû mettre en application. Notons au passage que Barney Stinson a tort, le costume ça ne sert à rien, un jean Gap, un pull Armor Lux, des Converse vertes et une casquette Gap (red) suffisent largement à accomplir tous les méfaits.
Il suffit essentiellement de n’avoir plus rien à foutre de rien. Littéralement. Ne pas s’occuper d’être mal rasé ou d’avoir mauvaise haleine. Passer des coups de téléphone en plein milieu d’une conversation. Ne tenir aucune porte ni offrir aucune place de cinéma. Ne prêter aucune attention à l’addition des daïquiris à 17€ du “”S”" (offrir l’alcool, toujours), pas plus qu’aux états d’âme de la cible de la soirée. Oublier l’idée même de fatigue, de ridicule, de politesse, de lendemain.

Pendant les dix derniers jours de deux mille neuf, j’ai (à divers stades) conclu avec plus de jeunes filles que pendant les trois cent cinque-cinq jours précédents, sans essuyer aucun refus.

La vérité c’est que je n’en tire absolument aucune satisfaction, aucune joie. Du plaisir un peu, de la joie non, aucunement. Ce n’est pas interessant, c’est mécanique. C’est un peu comme quand on me dit “Tu as fait du bon boulot Julien” à la fin d’un projet, si on me disait rien je serais tout aussi heureux, je sais que c’est la plupart du temps un remerciement mécanique (après tout je suis payé pour ça, hein) et je suis toujours surpris de voir l’ultime satisfaction sur le visage de celle à qui je fais ce genre de compliments mécaniques. De la surprise mêlée d’un peu de pitié.
La vérité, c’est que j’ai préféré l’échec relatif (enfin, pas si relatif, relativement complet même) des deux ou trois mois qui ont précédé. Je me préférais quand j’étais amoureux de toi et que le masque de méchanceté n’était qu’un masque pour te séduire, pas un état d’esprit définitif ancré à l’intérieur de moi.
Cette vérité a sombré sur moi hier soir quand j’ai prononcé ton prénom au lieu d’un autre. Personne ne s’en est rendu compte je crois, mais ça m’a arrêté, je suis rentré me coucher, c’était plus honnête.

Oh, il me reste encore l’honnêteté à l’intérieur de moi. Je ne suis pas perdu. Et peut-être qu’en deux mille dix, je retomberai amoureux de toi. Mais ce serait n’importe quoi, et “n’importe quoi”, ce sera “so 2009″..

Voyage en commun

Il n’y a rien de plus ennuyeux que le quai de la gare de Garches un vendredi soir entre 21h58 et 22h36. Il n’est que 22h24, alors j’en sais rien en fait, il va peut-être se produire quelquechose d’insolite pendant les 12 prochaines minutes. Mais j’en doute un peu.
Au bataillon nous avons un sourd-muet en train de réviser son manuel de langage des signes. Il est asiatique, il porte un manteau Tacchini blanc et fait avec sa gorge ce bruit que les sourds font parfois. Il y a assise à côté de lui une blonde péroxydée, 30 ans tout juste, portant une casquette vert khaki et l’uniforme de la femme moderne : manteau long, mini-short, collants et bottes hautes. Il y a un couple de jeunes actifs garchois. Une brune dans le même uniforme, le garçon porte des lunettes carrées, ils se plaignent du froid, cet après-midi ils ont vu le lipdub de l’UMP et ont dû ce féliciter que ces cons d’internautes de gauche participent au buzz de leur partie (dix contre un qu’ils ont prononcés “buzz”). Deux infirmières qui se racontent leur journée à l’hôpital, elles sont petites, pas plus d’un mètre cinquante, la quarantaine bien passée, et cette coiffure immonde (court avec du volume) que les femmes sans goût arborent de part le monde (partout, même au Japon, c’est impressionant comme ce modèle est répandu).
Il n’y a aucune conversation à écouter.

Je suis monté dans le train. J’ai repéré un mec au téléphone, aucune jolie fille, je m’assois en face de lui, je tends l’oreille, déception, il parle arabe. De l’autre côté de l’allée centrale une fille en survêt, elle est relookable, dès quelle aura quitté le ghetto de St Nom La Bretèche elle pourra devenir jolie. En face d’elle, un mec à mèche monté à St Cloud. Il a la pochette de son Macbook sur les genoux, il fait défiler les pages d’application sur son iPhone.

La Défense. Il est 22h48, c’est l’heure à laquelle j’avais prévu de débarquer chez Sally, ma troisième invitation de la soirée. Un jour Olivier m’a dit que j’étais tout à fait le genre à accepter trois invitations au même moment, il avait une fois de plus raison. Je lui ai envoyé un sms dans ces termes un peu plus tôt dans la soirée, mais j’ai raté l’appel réponse qui a suivi (le Philosophe semble abhorrer les sms, il dit que c’est parce qu’il ne peut pas entendre mes réactions en direct : foutaises, il sait très bien que je ris 83% du temps). Ce sera probablement minuit, je vais débarquer semi-sobre (deux coupes de champagne et deux verres de vin blanc ça n’a jamais émêché personne, surtout en mangeant !) au milieu de gens bourrés. J’aurais dû refuser, mais j’aurais regretté, je préfère accomplir l’échec qu’avoir des remords sur une potentialité de succès. Plus tôt dans la journée, ce matin dans le métro en fait, je me suis fait agresser par une quatrième de couverture d’un bouquin d’Amélie Nothomb qui déclarait qu’en amour il n’y a pas d’échec. Elle est peut-être folle mais sur ce coup là, je lui donne raison. Je partirais bien sur des considérations pompeuses sur ma sur-valuation des ressentis (je préfère être triste qu’amorphement indifférent) mais on va me dire que c’est chiant et que Julien j’ai pas trop trop compris ta note, ça parle de moi ?

Un mec vient de me demander sur le  quai de la 3 si je savais “configurer” les mails sur l’iPhone. J’ai dit que non, j’y comprenais rien, c’est un ami à moi qui m’avait tout fait. Il a eu l’air un peu déçu, m’a remercié, s’est éloigné.

Class & Control

(contient de vrais morceaux de spoilers d’un film que vous n’irez probablement jamais voir)

Il se promène dans des costumes taillés sur mesure, toujours nonchalament, mais toujours comme si il savait exactement où il allait. Quand il a terminé, il s’assoit à la terrasse d’un café, commande deux expressos dans des tasses séparées, puis il attend. Il observe les passants à la recherche d’un signe. Quand vient ce signe, assorti d’un contact de chair et d’os,  il l’accueille à sa table — “accueillir” n’est pas le mot, “tolérer” est plus adéquat — supporte en silence une récitation apprise par cœur puis vient l’échange de boîtes d’allumettes, le départ du contact. La nouvelle boîte contient un papier couvert de chiffres cabalistiques qu’il déchiffre en silence, mémorise puis avale, l’ingestion facilité par quelques gorgées de café, celui de droite. Les contacts sont toujours un peu gauches, ils ont l’air perdu, en retard ou un peu vulgaires. Puis vient la nuit. Il rentre dans l’appartement qu’on lui a assigné, retire sa veste qu’il plie soigneusement sur le dos d’un fauteuil, s’allonge tout habillé les mains derrière la nuque et attend le petit matin, les yeux grands ouverts, concentré sur quelquechose que l’on ignore. Un fois le soleil levé, il entame une séance de taï-chi et la journée peut recommencer.

C’est l’homme solitaire du film de Jim Jarmush.

Je me rapelle avoir écrit un jour ici un article sur les gens “classes” (je ne le retrouve plus, pourtant je l’ai relu y a peu de temps). J’avais émis l’hypothèse de l’impossibilité de vivre la vie de ces gens là sans briser le mystère qui les entoure. Ils n’étaient classe selon moi que parce qu’ils n’offraient à notre regard extérieur que la crême de leur comportement, que nécessairement, le reste du temps, ils ne pouvaient qu’être fort semblables à nous (ils sont humains après tout).
Ce film me donne une réponse que je n’avais pas envisagée : il est possible de vivre cette vie — on nous en donne d’ailleurs tous les détails — mais seulement à travers une vie relativement ennuyeuse et monotone, en restant totalement indifférent à l’environnement extérieur. Rester insensible aux charmes des jolies brunettes pleines de cheveux, ne pas boire, ne pas céder à la facilité et à la frénésie des téléphones portables. Il y a la musique classique un peu, et le flamenco aussi, la peinture également, des arts dont on jouit au mieux dans le silence.

Et après un mois, une fois la mission accomplie, notre homme le plus classe du monde quitte son identité. Qui ne pouvait être que temporaire, impossible de vivre comme ça une vie entière. Il laisse ses costumes dans un casier dont il perd la clé, enfile un jogging et retourne dans le monde.

An offer you cannot refuse

L’autre jour, j’étais invité à la crémaillère de Juliette, une demi-demi-douzaine de mois après son emménagement avec son compagnon d’infortune dans la vie. La soirée s’est éternisée, elle était littéralement infinie, sans fin, et alors que le soleil faisait mine à l’horizon de faire lui-même mine de se lever, on a terminé les deux heures précédentes de blind-test musical par une tournée des six convives restants sur le thème : ta chanson préférée de tous les temps. J’ai choisi dans ma tête “You can’t always get what you want” des Stones. J’ai un peu hésité avant avec “Sympathy for the devil” parce que je l’aime bien aussi, mais la première résonne beaucoup plus souvent dans mon esprit. Puis à peine le macbook pro de Martin avait-il quitté les mains de John (oui, je vais à des soirées où y a des John) que la règle a changé et s’est transformée en “ta chanson française préférée de tous les temps”. J’était bien embêté parce que je ne suis pas très bon en chanson française d’une part et aussi parce que j’aime autant Brassens que Michael Jackson. C’est à dire pas trop trop. Alors j’ai passé La Fidélité de Miossec parce que j’aime énormément cette chanson. Que tu peux écouter pendant que tu lis la suite si tu veux. Et personne ne m’a jeté de cailloux (ouf).

On m’a refilé un questionnaire (Imtherookie pour être précis) et je me sens un peu dans la même position que l’autre jour. Il a cité Godard et Woody Allen. Je peux dire quoi maintenant ? Alors je vais faire pareil que l’autre, je vais assumer mon moi et répondre aux questions sans penser à la pression :

Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?
Mes parents ne m’ont jamais interdit de regarder quoi que ce soit. Non recomandé parfois, et j’ai souvenir que, le dimanche soir, lorsque le Télérama recommandait une interdiction aux moins de 12 ans, ma mère demandait toujours “c’est parce que c’est violent ou c’est parce que y a du cul ?”. Si c’était à cause du cul, ça passait, on regardait ça en famille.
Quand c’était de la violence, ma mère me cachait les yeux au moment des scènes fatidiques. Mon plus clair souvenir, c’est pendant les Dents de la Mer. Une scène où quelqu’un se fait dévorer. Je n’ai revu ce film que 10 ans plus tard sans censure.

Une scène fétiche ou qui vous hante ?
Il y a la fusillade dans Heat. Il y a le générique de Manhattan. Il y a Travis Bickle devant son miroir. Ou encore l’ouverture de Sin City avec Josh Hartnett assassin gentleman. Et je vais fixer mon choix sur Michael Mann finalement pas sur Heat, mais sur la fusillade dans la boîte de nuit asiatique dans Collateral.

Vous dirigez un remake : lequel ?
Récemment, je ferais un remake de I am Legend. Mais en me basant sur le livre de Matheson, chef d’œuvre absolu de la science-fiction et du fantastique vampiresque (quelqu’un qui me dit qu’il est fan de trucs avec des vampires et qui n’a pas lu ça n’a que mon mépris (au moins)) plutôt que sur un un grand n’importe quoi basé sur la capacité de Will Smith à courir vite dans un New York en CGI.

Le film que vous avez le plus vu ?
Mullholland Drive, que je n’ai même pas vu au cinéma, mais une dizaine de fois en DVD, le premier DVD acheté pour notre platine, en combopack avec Les Autres de Amenébar. Le film que j’ai le plus vu mais presque jamais la fin : Jurassic Park : tous les ans pendant 6 ans à l’anniversaire de Daphné, l’après-midi se terminait par la cassette de ce film. Et chaque fois mes parents arrivaient à l’heure, donc pendant des années, j’ai vu et revu le début sans jamais voir la fin de ce film.

Qui ou qu’est-ce qui vous fait rire ?
Je ris 83% du temps. Pour tout et rien. Ça vaut aussi pour le temps passé en salle. Les 17% restant sont composés de Eric et Ramzy, d’humour physique et de fosse septique.

Votre vie devient un biopic…
Un film un peu chiant, une collaboration entre Woody Allen et Sofia Copola. Avec Josh Hartnett dans mon rôle. Et Claire Danes, Rachel Bilson, Kristen Bell, Ellen Page et Natalie Portman dans les rôles de mes (non-)conquêtes amoureuses ratées. Et à la fin je gagne la Médaille Fields.

Le cinéaste absolu ?
David Lynch. Je crois que Lynch est absolu parce qu’il fait du cinéma pour le film. La cohérence du récit est pas exactement sa préoccupation première, mais il le filme et ça marche.

Le film que vous êtes le seul à connaître ?
Brick un film de Rian Johnson avec Joseph-Gordon Lewitt, un parfait héritage des films noirs des années 50, une histoire à tiroir un peu compliquée, un héro qui pourrait porter un chapeau et une femme fatale (Nora Zehetner). Le tout dans l’univers d’une high-school américaine de l’Amérique du milieu de nulle part.

Une citation de dialogue que vous connaissez par cœur ?
« I love you, Pumpkin. » « I love you, Honey Bunny. » / « Everybody be cool this is a robbery ! » « Any of you fuckin’ pricks move and I’ll execute every motherfucking last one of you ! » Pulp Fiction, la scène d’ouverture, juste avant le générique.

L’acteur que vous auriez aimé être ?
Cary Grant. Ou Dean Martin. Ou Sean Connery.

Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C’était comment ?
J’aurais reçu ce questionnaire 12 heures plus tôt, j’aurais été obligé de répondre Twilight, avec une copine et 400 hystériques. Heureusement depuis mon œil a été lavé par In The Loop. Que j’ai vu seul. Et j’ai beaucoup ri.

Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?
Hypérion de Dan Simmons. À première vue, ça ressemblerait à une superproduction tout ce qu’il y a de plus classique dans la lignée de Star Wars et ses fils. Mais il faudrait au moins douze épisodes avec chacun son ambiance pour retranscrire l’entrelac de toutes les histoires. Et je pense qu’à l’écran ça perdrait toute sa portée parodique (mais pas drôle. Il y a un mot pour ça ?).

Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?
Quand les acteurs ont l’air de s’être amusés à faire le film mais que moi je suis en train de dormir. Quand il y a un message de solidarité envers les enfants noirs malades qui meurent de faim (mais par exemple j’adore The Constant Gardener). Globalement, je ne supporte pas quand je m’ennuie (par contre, je n’ai rien contre les films où je m’endors notament ceux de Lynch, ou par exemple Fay Grimm de Hal Hartley).

Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?
« Rosebud »

I like the smell of œstrogens in the evening

kristen-stewart1Évidemment que c’est complètement gratuit…

BBBBB

J’étais motivé pour terminer la saison vingt-sept. Au lieu de ça, on m’a dit “tu étais accaparé”. Alors ce que je pensais être la fin de la saison vingt-sept n’est que le commencement de la saison vingt-huit, un cliffhanger insoutenable sans réponse (parce qu’en dépit du texto que je viens d’envoyer et qui n’aura pas de réponse, bah, voilà, il n’aura pas de réponse).

Je dis ving-sept et vingt-huit, mais personne ne sait réellement à quelle saison on en est : je pourrais certes me concentrer, mais c’est au-delà de mes capacités actuelles au moment où je vous parle, je ne peux penser qu’à une et une seule chose, et mes compétences techniques sont pleinement exploitées par ma frappe au clavier.

Je crois qu’il vaut mieux arrêter ce post ici. Avant de parler du fait que désormais Nora sait qui je suis physiquement (et je dois un restau à Graphiste du coup), et Hyperlaxe aussi. Fait que toi, lecteur, tu ne sauras pas estimer à la juste valeur de mon esprit absolument embrhumé.

Si tu lis ce billet, estime toi privilégié, I may delete it tomorrow morning.

Alcoolisme

Je suis partagé.

Je suis partagé parce que je suis sobre. Et fatigué. J’ai besoin de choses simples. De chocolat chaud et de tartines de pain grillées, beurrées recouvertes de confiture de fraise. Et d’aller pleurer mon incertitude sous mon oreiller recouvert d’une taie Descamps, ou Dior (je ne sais plus).

D’aussi loin que je me souvienne, à chaque fois que l’on a fait appel à mon don d’accoupleur (dans son sens étymologique de “faiseur de couple”), j’ai toujours été confronté à la responsabilité de briser le couple pré-éxistant de l’une ou l’autre des parties, parfois même les deux. Marier des célibataires entre eux n’a jamais le moindre intérêt, et d’ailleurs, les célibataires entre eux n’ont pas besoin de moi pour se mettre ensemble, ils font toujours ça très bien tous seuls.

Dans Pattern Recognition, l’héroïne Cayce Pollard est “chasseuse de cool” (“cool hunter” en version originale). Elle a un sens inexpliqué pour détecter les logos et autres artifices marketing qui marcheront. Elle ne l’explique pas, elle dit simplement “oui” ou “non” et c’est sans appel. Elle sait que c’est “non” lorsqu’elle est prise de vomissements ou d’une terrible migraine spontanément déclenchée par la vue de la créa. Si elle vous dit « mes yeux saignent », il y a de fortes chance pour que ce soit effectivement le cas.

Olivier et Juliette (dans ce contexte je suis obligé d’abandonner son habituel prénom de substitution dans ces pages, ça pourrait porter à confusion) me disent souvent que je crois vivre dans une série américaine, à force d’en regarder tout le temps.

D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais hésité face à cette responsabilité et personne n’est venu se plaindre.
Si à un quelconque moment, mon sixième sens n’avait pas détecté une issue positive, je n’aurais même pas commencé.
Suivre, reconnaître et encourager les schémas auxquels les gens s’identifient, c’est sans aucun risque si on les a intimement intégrés.

En fait, je ne suis pas partagé.
J’aimerais que tu ne le sois plus non plus.

Boulevard Richard Lenoir

L’indépendance, c’est pas d’avoir ton appartement à toi.
Rien à voir.
L’indépendance, c’est lorsque personne ne te demande de compte et que tu n’en demandes à personne. L’indépendance c’est l’expression sociale de mon idée du libéralisme : je fais exactement ce que je veux avec qui je veux quand je le veux et je sais que personne ne me dira demain “alors tu es sortie avec une fille l’autre soir ? c’était bien ?”. Sauf si je l’ai broadcasté sur Twitter, auquel cas, c’est tout à fait logique que l’on m’interroge, à supposer que des gens s’intéressent à ma vie.

Depuis deux mois environ que j’ai signé mon bail, dix-sept jours que j’ai mes clés et une semaine que je dors dans mon lit d’un mètre soixante de large (c’est trop)(mais pas assez pour que je m’allonge dans la largeur, il y a quinze centimètres surnuméraires), les gens semblent être absolument exhaltés (au moins) à ma place à l’idée que j’acquiers enfin mon “indépendance”.

Que dalle.
Lorsque vous habitez à trente-cinq minutes en voiture de chez vos parents, à dix en Vélib’ de chez votre sœur (où vos parents vont livrer des packs de Perrier à une fréquence hebdomadaire) et à vingt-et-une minutes en voiture de chez votre grand-mère infusée sciemment de conseils de décoration d’intérieur, vous n’êtes pas vraiment indépendant. Pas quand c’est votre mère qui appelle votre plombier ou votre propriétaire (vous n’avez rien demandé hein, sinon c’est de la triche).

J’ai une bouteille de vin vide dans ma cuisine là par exemple. L’indépendance, c’est quand vous choisissez l’heure à laquelle vous la descendez à la poubelle destinée au verre. Pas quand vous mettez votre réveil suffisament tôt pour que la bouteille ait dégagée les lieux avant que l’oeil alerte de votre mère ne se pose dessus le lendemain.

L’indépendance, c’est quand vous pouvez faire des choix, y compris celui d’assumer les mauvais. De manger un McDo un samedi soir alors que c’est gras et notablement mauvais diététiquement parlant. De placer votre bureau trop près de votre lit pour qu’on puisse circuler librement autour de ce dernier. Et d’assumer ce choix seul, sans parachute, parce que ce sont des choix qui n’engagent à rien finalement.

Habiter dans cet appartement, ce n’est pas acquérir mon indépendance pour moi. Mon indépendance je l’aurais si je vis à au moins une heure d’avion de toute personne avec laquelle j’ai un lien de sang direct, il n’y a que la distance qui peut stopper le jugement de ma famille sur moi. C’est pour ça que je suis fasciné par New York. C’est parce que j’y étais pleinement et entièrement indépendant de ma famille : je ne rendais de compte à personne et il me suffisait de couper msn pour couper court à tout propos émettant un jugement sur ma manière de vivre.

Habiter dans cet appartement, pragmatiquement, c’est dépenser un millier d’euros tous les mois pour avoir la tranquilité d’esprit d’avoir un grand lit à moi où m’endormir lorsque je sors tard le soir. Ce n’est pas l’indépendance vis-à-vis de ma famille que j’ai acquis dans ce déménagement, c’est une indépendance vis-à-vis de la SNCF.
Vous comprenez maintenant, pourquoi, sous cette perspective, je ne saute pas de joie ?

10 signes que l’appli web que vous développez est merdique

  1. Aucun formulaire n’a moins de quatorze champs. Tous obligatoires. Avec des validateurs.
  2. Vous vous êtes posé la question “est-ce que les données que je passe en GET dépassent la limite de 255 caractères ?”.
  3. Tous les champs de tous les tableaux sont filtrables.
  4. Les fichiers de log sont plus faciles à lire que les jolis graphiques de l’onglet “statistique”.
  5. Vous avez des noms de variable dans plus de 1 langue. Qui n’est pas l’anglais.
  6. Les règles de gestion seraient plus faciles à comprendre si elles étaient codées avec des “goto”. En assembleur.
  7. Toutes les relations entre les diverses entités de l’appli sont many-to-many.
  8. Vous avez plus de 3 niveaux de menus. Qui occupent deux tiers de l’espace de l’écran.
  9. L’appli nécessite le stockage d’un tableau à 7 dimensions. Sparse. Dont vous stockez les 0.
  10. Votre appli a un splash screen/page d’accueil. Sur lequel est indiqué “Bonjour votre nom“. Suivi de la date et de l’heure.